09h55, le 16 octobre 2019France 2, qui proposait une Ă©mission Ă©vĂ©nementielle sur le changement climatique, nâa sĂ©duit que 2,3 millions de tĂ©lĂ©spectateurs. Loin de France 3 et ses 4 millions de personnes devant Alexandra score encourageant, sans plus. Mardi soir, France proposait LâEmission pour la terre, prĂ©sentĂ© par Anne-Elisabeth Lemoine et Nagui, un programme Ă©vĂ©nementiel destinant Ă sensibiliser le public au changement climatique et Ă proposer des solutions concrĂštes. La formule a sĂ©duit 2,3 millions de personnes, soit 12,3% du public. Pas si mal, mais la deuxiĂšme chaine nâest en fait que quatriĂšme de la 3 devant TF1Elle a dâabord Ă©tĂ© devancĂ©e par France 3, qui comme la semaine derniĂšre, se maintient Ă un excellent niveau grĂące Ă sa sĂ©rie policiĂšre Alexandra Ehle, avec dans le rĂŽle-titre Julie Depardieu. Un peu plus de 4 millions de personnes avaient choisi cette fiction française 18%. Cela permet Ă France 3 de devancer TF1, qui proposait deux nouveaux Ă©pisodes de la sĂ©rie amĂ©ricaine SWAT, finalement visionnĂ©s par 3,7 millions de personnes 15,9%.Enfin M6 complĂšte le podium grĂące Ă un blockbuster amĂ©ricain, MalĂ©fique, qui a sĂ©duit 2,5 millions de cinĂ©philes. Câest aussi du cinĂ©ma qui permet Ă W9 de remporter la bataille de la TNT. La VĂ©ritĂ© si je mens a en effet Ă©tĂ© visionnĂ© par tĂ©lĂ©spectateurs.
France3 arrĂȘte le jeu « Des chiffres et des lettres » en quotidienne remplacĂ© par « Duels en familles : le match des rĂ©gions » (Cyril FĂ©raud) France 3 arrĂȘte le jeu « Des chiffres et des lettres » en quotidienne remplacĂ© par « Duels en familles : le match des rĂ©gions » (Cyril FĂ©raud) Lire la suite Lire l'article. BFMTV audience âPremiĂšre Editionâ + » TĂ©lĂ©matinRĂ©sumĂ© Index Plan Texte Bibliographie Notes Citation Auteurs RĂ©sumĂ©s Qui consomme quelle information et comment ? » est la question canonique que nous voudrions poser ici, interrogation qui aurait pu ĂȘtre lancĂ©e dĂšs lâarrivĂ©e des mĂ©dias de masse mais qui a dĂ» attendre la deuxiĂšme moitiĂ© du XXe siĂšcle pour susciter des recherches vĂ©ritables. DĂšs lors, on a su que la consommation des informations est une pratique culturelle comme une autre les dĂ©terminations sociologiques sont donc fortes, telles le statut social, lâĂąge, le lieu dâhabitationâŠ, liĂ©e aux autres les consommateurs de nouvelles sont aussi des visiteurs de musĂ©e ou de cinĂ©ma, et en perpĂ©tuelle mutation, tant technique le papier, les rĂ©cepteurs radio, les postes de tĂ©lĂ©vision, les ordinateurs, les ordinateurs mobiles, sans que les uns ne remplacent les autres que conceptuelle lâinformation se redĂ©finit au cours du temps, et lâon n'y a pas toujours inclus le people », le fait-divers ou la parodie, tout comme on ne sâest pas toujours intĂ©ressĂ© Ă la construction du sens par les consommateurs finaux. Cet article a pour objectif de situer les orientations mĂ©thodologiques et thĂ©oriques qui se sont succĂ©dĂ©es, et parfois chevauchĂ©es, dans lâanalyse des rĂ©actions des publics aux informations dâactualitĂ© en se situant prĂ©cisĂ©ment par rapport Ă une dĂ©finition que la recherche en SIC a aussi fait Ă©voluer. âWho follows which information and how?â is the canonical question we would like to ask here. The interrogation could have been raised long time ago, with the arrival of mass media, but had to wait until the second half of the twentieth century to find its legitimacy. Since then, itâs established that the consumption of information is just like another cultural practice sociological determinations are strong, such social status, age, place of residenceâŠ, bound to other ones consumers of news are also visitors of museum or cinema, and in constant transformation, both technical paper, radios, televisions, computers, mobile computers, with no one replacing another and conceptual information is redefined over time, and not always included infotainment, trivial or local news, nor parodies â just as it was not always interested in the process of meaning by final consumers. The paper addresses methodological and theoretical issues, which used to follow one another and sometimes overlapped, about the reactions of the public to the news, and about the news as a questionable concept de page EntrĂ©es dâindex Haut de page Texte intĂ©gral Introduction 1 RaphaĂ«l Garrigos et Isabelle Roberts, 2012. Grand-messe faut-il jeter le JT ? ». LibĂ©ration dĂąt ... 2 Barrie Gunter. Poor Reception Misunderstanding and Forgetting Broadcast News. Hillsdale, NJ Law ... 1On a lâimpression que lâinformation occupe une place Ă©norme dans la vie quotidienne les journaux, les nouvelles Ă la radio, le journal tĂ©lĂ©visĂ©, les journaux sur tablette, ou le service Google ActualitĂ©s⊠à tel point quâon parle du journal tĂ©lĂ©visĂ© comme dâune grand-messe » quotidienne1, comme si tout le monde sây adonnait. Cela vient sans doute du fait que lâoffre sâest sans cesse renouvelĂ©e par exemple, en 30 ans aux Ătats-Unis 1950 Ă 1980, on est passĂ© de 2,5 h / semaine qui lui sont consacrĂ©es Ă 70 h / semaine2 ; de mĂȘme, on a assistĂ© Ă une multiplication de chaĂźnes dâinformation en continu, radio ou tĂ©lĂ©visĂ©es CNN en 1980, LCI en 1994. 2Par ricochet, on aurait pu sâattendre Ă ce que lâattention portĂ©e par les chercheurs aux publics de lâinformation pĂ»t ĂȘtre aussi grande on aurait dĂ» pouvoir savoir exactement qui Ă©coute quoi Ă quel moment, qui lit lâinformation sur les engrais agricoles dans les annĂ©es 1920, quel est le spectateur-type du journal tĂ©lĂ©visĂ© de 23 h, quelles sont les pratiques de remĂ©moration des informations diffusĂ©es par tel rĂ©seau social numĂ©rique en 140 signes⊠Las ! les comportements des publics de lâinformation sont relativement mal Ă©tudiĂ©s dâabord ils ont mis du temps Ă lâĂȘtre, ensuite les mĂ©thodes ont beaucoup Ă©voluĂ©, enfin il a fallu sâadapter en permanence aux supports, sans cesse changeants. 3 Arcenas, Elvira Medina. âCommunicationâ in the making of academic communication. ThĂšse de doctorat, ... 4 Gustave Le Bon, Psychologie des foules. Paris Ădition FĂ©lix Alcan, 9e Ă©dition, 1905 1895. 3Il y a des raisons Ă cela par exemple, lâapparition dâun discours spĂ©cialisĂ© sur les mĂ©dias est tardif. Les Sciences de lâinformation et de la communication nâapparaissent en France que dans les annĂ©es 1970 ; les media studies » et autres communication studies » nâĂ©taient guĂšre plus anciennes le premier doctorat en communication est dĂ©cernĂ© en 1948 Ă lâUniversitĂ© de lâIowa3. Il y a Ă©galement lâĂ©cueil des thĂ©ories sur la foule » Quant Ă la presse, autrefois directrice de lâopinion, elle a dĂ», comme les gouvernements, sâeffacer devant le pouvoir des foules », se lamentait le catastrophiste Le Bon4, popularisĂ©es par Tchakhotine, Domenach et autres penseurs de la propagande. 4Pour retracer lâhistoire des Ă©tudes dâaudience de lâinformation, il faut donc Ă©voquer les travaux autant hexagonaux quâinternationaux, tant en science politique, en histoire des mĂ©dias ou en sociologie des mĂ©dias et de la culture, dans la mesure oĂč la recherche française sur les publics sâest nourrie Ă la fois des Cultural Studies britanniques et Ă la fois des travaux de la sociologie empirique amĂ©ricaine menĂ©s par Lazarsfeld que Stoetzel, Cazeneuve et Friedmann vont largement populariser en France. Trouvera-t-on une originalitĂ© des travaux français ? Peut-ĂȘtre, en observant que les SIC ont Ă©largi le champ pour y inclure des genres qui nâĂ©taient que trĂšs lointainement liĂ©s au politique le fait divers, le sport, par exemple⊠5Cet article resituera les orientations mĂ©thodologiques et thĂ©oriques, les approches quantitatives et qualitatives qui se sont succĂ©dĂ©es, et parfois chevauchĂ©es, dans lâanalyse des rĂ©actions des publics Ă lâactualitĂ© en se situant prĂ©cisĂ©ment par rapport Ă une dĂ©finition de ce que lâon entend par information dâactualitĂ© dĂ©finition que la recherche en SIC a aussi faite Ă©voluer. Dans un premier temps, nous nous attacherons Ă montrer que câest lâinformation politique qui, depuis le xixe siĂšcle, a Ă©tĂ© placĂ© au rang dâĂ©lĂ©ment digne dâanalyse pour envisager et comprendre les publics, tandis que la polymorphie des discours journalistiques Ă propos de ce qui serait une information » est apparue plus tardivement, donnant lieu alors Ă des travaux de recherche qui dĂ©placent les enjeux politiques en resituant les discours portĂ©s dans et sur les arĂšnes civiques et publiques en Ă©mergence. Le public de lâinformation, un concept dur Ă naĂźtre 5 Voir CĂ©cile MĂ©adel, Quantifier le public, Histoire des mesures dâaudiences de la radio et de la tĂ©l ... 6Lâhistoire des Ă©tudes dâaudience montre que lâintĂ©rĂȘt a dâabord Ă©tĂ© portĂ© par une prĂ©occupation quantitative » lâapparition de la radio, puis de la tĂ©lĂ©vision, a donnĂ© une floraison dâĂ©tudes dĂ©mographiques du public5, proposant une vision Ă©troite du paradigme de lâaudience, avant que les sciences sociales et plus particuliĂšrement les SIC françaises proposent une approche qualitative des publics. La preuve par le nombre 6 Ivan Chupin, Nicolas HubĂ© et Nicolas Kaciaf, Histoire politique et Ă©conomique des mĂ©dias en France. ... 7 VeillĂ©, citĂ© par MĂ©adel, op. cit., pp. 22-23 et 48. 7Pendant longtemps, le seul moyen de connaĂźtre le public de lâinformation a Ă©tĂ© la mesure de la diffusion du support de lâinformation les chiffres de vente semblaient faire Ă©tat de la consommation de lâinformation ; pour la presse, le nombre dâ Ă©ditions » par jour semblait pertinent, tout comme le nombre de copies lâannonce quâon vendait 2 millions de copies par jour du Petit journal, par exemple6, valait certificat de lectorat⊠; pour la radio puis la tĂ©lĂ©vision, le nombre de rĂ©cepteurs radios 1 million de rĂ©cepteurs en France en 1929, 5 millions en 1939âŠ, le nombre de lettres reçues au service du Courrier des lecteurs, voire la courbe de consommation de lâĂ©lectricitĂ© ou finalement le nombre dâassujettis Ă la redevance7 remplissaient le mĂȘme rĂŽle. Aujourdâhui, des organismes indĂ©pendants se chargent de certifier les audiences, point de dĂ©part de la nĂ©gociation des prix de placement publicitaire. 8 Ă la fin du xixe siĂšcle, les sciences sociales sâemparent de la notion et conceptualisent le publ ... 9 LoĂŻc Blondiaux. La fabrique de lâopinion. Une histoire sociale des sondages. Paris Seuil, 1998. 10 Ibid., p. 163. 8Sans entrer dans des considĂ©rations Ă©pistĂ©mologiques, pourtant riches pour expliquer une certaine cĂ©citĂ© Ă la notion de public8, on sait quâĂ la mĂȘme Ă©poque existait Ă©galement la possibilitĂ© de connaĂźtre plus finement le public, en suivant la voie ouverte par les premiĂšres Ă©tudes de science politique tout lecteur est un Ă©lecteur potentiel et, en retour, toute information sur les intentions de vote est une information vendable. Les premiĂšres Ă©tudes sur le public de lâinformation sont donc tirĂ©es de lâanalyse des votes de paille » straw polls organisĂ©s par les journaux amĂ©ricains Ă la veille des premiĂšres Ă©chĂ©ances Ă©lectorales au suffrage universel, dĂšs le dĂ©but du xixe siĂšcle la date de 1824 est Ă cet Ă©gard emblĂ©matique9. Il sâagissait alors de mesurer les tendances politiques des AmĂ©ricains et tous les moyens semblaient bons10 comptage du nombre de toasts portĂ©s Ă lâun ou lâautre des candidats lors des cĂ©rĂ©monies du 4 juillet, dĂ©pouillement de livres de vote poll books oĂč chacun inscrivait son choix personnel avant lâĂ©lection â mais aussi millions de questionnaires diffusĂ©s au dos dâun bulletin dâabonnement le plus connu, le chic Literary Digest, reçut plus de 2 millions de rĂ©ponses Ă un questionnaire diffusĂ© par courrier Ă 17 millions dâexemplaires ou cortĂšge de voitures du New York Daily News qui se dĂ©plaçaient dans les rues de la ville, haranguant et sollicitant les futurs Ă©lecteurs. 9La postĂ©ritĂ© des votes de paille est plus grande quâon ne lâimagine le procĂ©dĂ© continue dâĂȘtre utilisĂ© aujourdâhui, et de nombreux organes de presse le Figaro ou le Parisien, par exemple, sans oublier certains rĂ©seaux sociaux numĂ©riques, proposent des votes » ou des questions du jour » Ă leurs lecteurs. On peut ainsi savoir que les lecteurs du Parisien sont minoritaires 39 % Ă sâavouer choquĂ©s par les sifflets qui ont accueilli le PrĂ©sident de la RĂ©publique le jour du 11 novembre Figure 1 ; on ne sait rien du nombre de votants, ni de leur qualitĂ© ; on suppute que ce sont des lecteurs du Parisien. Figure 1. Un vote de paille » Ă lâĂšre moderne la question du jour » du quotidien Le parisien, le 12 novembre 2013 10Et naturellement, de la mĂȘme maniĂšre quâil y a 200 ans, les biais sont nombreux ; pour nâen citer quâun la fraude cela ne coĂ»te que 16 ⏠pour acheter 100 votes auprĂšs de lâune des sociĂ©tĂ©s spĂ©cialisĂ©es dans la vente dâĂ©lecteurs fictifs, comme Au xixe siĂšcle, le fait de chercher Ă connaĂźtre les intentions de vote, pour infondĂ©es quâelles Ă©taient Ă©chantillon mal constituĂ©, protocole de prĂ©lĂšvement instable, questions orientĂ©es, etc., Ă©tait une maniĂšre de sâinterroger sur la constitution dâun public de lâinformation ; câĂ©tait une façon de dĂ©crire le champ politique non plus seulement comme un agrĂ©gat de lecteurs, mais comme une gĂ©opolitique liĂ©e aux options Ă©ditoriales choisies par les Ă©quipes journalistiques. 11Cette premiĂšre maniĂšre dâaborder lâinformation journalistique, liĂ©e aux affaires publiques », a profondĂ©ment marquĂ© le champ dâĂ©tudes on peut mĂȘme affirmer que la recherche dite administrative, fondĂ©e par un Lasswell devenu canonique en Sciences de lâinformation et de la communication, dĂ©rive directement de ce souci de connaĂźtre un Ă©lectorat par les mĂ©dias quâil frĂ©quente. 11 Martin, Marc. Trois siĂšcles de publicitĂ© en France. Paris Odile Jacob, 1992. 12 Natale, citĂ©e par MĂ©adel, op. cit., pp. 49-50. 12Alors que la presse continue de compter ses exemplaires soit par des organismes tels lâOffice de justification des tirages [OJT], soit parfois par lâintermĂ©diaire de dĂ©clarations sur lâhonneur » comme en France jusque dans les annĂ©es 195011, les Ă©tudes dâaudience par sondage se multiplient. Dans les annĂ©es 1920 et 1930, on voit fleurir des Ă©tudes de ce type, dans un nuage de suspicion scientifique, en Italie dĂšs 1927, en Grande-Bretagne dĂšs 1930, au Danemark dĂšs 1931, au Japon dĂšs 1932, aux USA dĂšs 1935, La statistique rend pluriel le public, les publics 13 Hugh Malcolm Beville Jr. The ABCDâs of Radio Audiences ». The Public Opinion Quarterly. vol. 4, n ... 13Les premiĂšres rĂ©gularitĂ©s statistiques se font jour. Ainsi en 1940 lâĂ©tude de Beville13 pointe-t-elle les diffĂ©rences de revenus plus on est riche, moins on Ă©coute le divertissement Ă la radio, par exemple ; ou les types de programme certaines Ă©missions de nouvelles, comme March of Time, sont clivantes et suivies deux fois moins par les auditeurs des catĂ©gories les plus pauvres que par ceux des catĂ©gories les plus riches ; et certains paradoxes les membres des classes les plus riches ne sont pas les plus nombreux ; aussi, en dĂ©pit de faibles taux dâaudience dans les classes les moins riches, observe-t-on une part de marchĂ© importante. 14 Paul F. Lazarsfeld & Rowena Wyant. Magazines in 90 Cities. Who Reads What ? ». The Public Opinion ... 14De mĂȘme, Lazarsfeld et Wyant14 notaient dĂšs 1937 que lâĂąge avait une incidence sur la lecture de magazines plus on est vieux, plus on en lit, ainsi que lâactivitĂ© Ă©conomique un grand taux dâindustrialisation dâune ville dĂ©termine la faible taille du lectorat, les pratiques culturelles une pratique cinĂ©matographique assidue est corrĂ©lĂ©e Ă une pratique de lecture importante ; la lecture de Vogue est liĂ©e Ă celle de Vanity Fair, etc. 15 Elihu Katz & Paul Lazarsfeld. Influence personnelle. Paris Armand Colin, 1955 2008. 16 Arcenas, Elvira Medina. Op. cit. 15Ă partir de 1948 Lazarsfeld, Berelson et Gaudet et surtout 1954 Berelson, Lazarsfeld et McPhee, les Ă©tudes sur le lectorat de la presse et lâauditoire de la radio se prĂ©cisent davantage non seulement on Ă©tablit avec fermetĂ© le crible sociographique, jamais dĂ©menti depuis les classes aisĂ©es Ă haut capital culturel sont les plus consommatrices de nouvelles de toute sorte, mais surtout on met en place un questionnement sur la circulation de lâinformation et de lâopinion politique15. Dans ce modĂšle quâon qualifiera de fonctionnaliste amĂ©ricain », une distinction est Ă©galement proposĂ©e entre dâun cĂŽtĂ© une information diffusĂ©e essentiellement par les mĂ©dias et de lâautre une opinion diffusĂ©e majoritairement par les rĂ©seaux interpersonnels on invente Ă cette Ă©poque des notions de leaders dâopinion » [influential] et des groupes dâappartenance » qui ne recoupent pas forcĂ©ment les groupes sociaux prĂ©cĂ©demment admis. On remarque enfin lâimportance des variables de genre les hommes sont vus comme plus lĂ©gitimes que les femmes en matiĂšre dâaffaires publiques » et dâĂąge les jeunes sont discrĂ©ditĂ©s a priori qui interviennent pour former in fine un stĂ©rĂ©otype de lâinfluenceur en matiĂšre dâaffaires publiques un homme, dans la force de lâĂąge, avec une profession reconnue et une Ă©ducation supĂ©rieure caractĂ©ristiques attachĂ©es Ă lâinfluenceur mais non aux consommateurs dâinformations lambda. Le dĂ©placement du questionnement entre une audience auparavant repĂ©rĂ©e seulement par des caractĂ©ristiques sociographiques et dĂ©sormais Ă©clatĂ©e en consommateurs dâinformation et diffuseurs dâopinion marque profondĂ©ment le champ des Ă©tudes sur la communication ; câest Ă la mĂȘme pĂ©riode quâon voit apparaĂźtre une nouvelle discipline aux Ătats-Unis16, les communication studies, qui donne naissance en France quelques annĂ©es plus tard aux Sciences de lâinformation et de la communication. 16La mesure des lectorats, des auditorats et des audiences en gĂ©nĂ©ral est laissĂ©e peu Ă peu aux organismes privĂ©s, cabinets dâĂ©tudes, instituts divers dâinspiration universitaire mais versĂ©s dans la recherche lucrative. Ainsi peut-on documenter des tendances lourdes cf. Figure 2, et mesurer comment les Occidentaux sâinforment. Figure 2. Sources dâinformation du public, 1991-2012. Question OĂč avez-vous regardĂ©/entendu les informations hier ? », n = 3 003. Source Pew Research Center, 2012. Trends in News Consumption 1991-2012 » In Changing News Landscape, Even Television is Vulnerable. 27 septembre. Washington 17 Olivier Donnat dir.. Les pratiques culturelles des Français. Paris Documentation française, 200 ... 17On voit ainsi que, depuis 20 ans, lâaccĂšs Ă lâinformation est liĂ© de moins en moins Ă la lecture assidue des quotidiens dâinformation, quâen la matiĂšre la radio et la tĂ©lĂ©vision subissent une perte dâaudience simultanĂ©e et que le xxie siĂšcle connaĂźt, sans quâil nây ait de rapport statistique car le phĂ©nomĂšne lui est trĂšs postĂ©rieur, une fulgurante ascension des supports sur Internet. Ces donnĂ©es amĂ©ricaines sont trĂšs largement corroborĂ©es par les Ă©tudes françaises, ne fĂ»t-ce que par les enquĂȘtes de lâINSĂĂ sur les pratiques culturelles on voit par exemple quâen 1973 les Français Ă©taient 55 % Ă lire un quotidien, et quâils ne sont plus que 29 % en 2008, soit deux fois moins17. 18 Dumartin, Sylvie et CĂ©line Maillard. Le lectorat de la presse dâinformation gĂ©nĂ©rale », Division ... 19 Olivier Donnat, 2009. Ibid. 18Mieux, au tournant du millĂ©naire, les dĂ©terminations sociologiques sont toujours dĂ©tectables, et toujours actives lâintĂ©rĂȘt pour la presse quotidienne nationale et les magazines croĂźt avec le niveau de diplĂŽme et les revenus18 ; les vieux lisent davantage la presse dâactualitĂ© que les jeunes 49 % contre 10 % et suivent davantage les sites et blogs en rapport avec lâactualitĂ© 58 % contre 17 % ; les patrons sâintĂ©ressent davantage que les ouvriers Ă lâactualitĂ©, que ce soit sur papier 35 % contre 21 % ou sur Internet 42 % contre 27 % ; les ruraux achĂštent davantage de journaux que les urbains 34 % contre 27 % quoiquâils ne frĂ©quentent pas encore ? les sites Web qui y sont consacrĂ©s 29 % des ruraux contre 62 % des Parisiens !âŠ19 20 Andrew Stern. Ătude pour la National Association for Broadcasting 1971 citĂ©e par François de Clos ... 21 W. Russell Neuman. Patterns of recall among television viewers ». Public Opinion Quarterly. vol. ... 22 John Stauffer & Richard Frost & William Rybolt. The Attention Factor in Recalling Network Televis ... 19Enfin, les recherches sur le comportement cognitif des consommateurs dâinformation ont achevĂ© de contraster le portrait dâun acteur uniforme et prĂ©visible. Les chiffres sont cruels dans une Ă©tude de 1971, 51 % des tĂ©lĂ©spectateurs sont incapables de citer ne fut-ce quâune information tirĂ©e du journal tĂ©lĂ©visĂ© vu quelques heures auparavant20⊠Dans une autre de 1976, ceux des tĂ©lĂ©spectateurs qui se souvenaient de quelque chose ne parvenaient Ă citer en moyenne que 1,2 information sur la vingtaine qui composaient le journal tĂ©lĂ©visĂ© et, en tout premier lieu, la prĂ©vision mĂ©tĂ©orologique du lendemain21⊠Dans une autre de 1983, on prĂ©venait les tĂ©lĂ©spectateurs quâon allait les interroger ceux qui Ă©taient prĂ©venus peinaient presquâautant que les autres qui ne lâĂ©taient pas en moyenne, 3 au lieu de 2 informations, sur les 13 proposĂ©es dans le journal22. 23 Michel Souchon, Le vieux canon de 75 ». HermĂšs. 1993, nos 11-12, p. 241. 24 Dominique Pasquier, Des audiences aux publics le rĂŽle de la sociabilitĂ© dans les pratiques cult ... 20Aujourdâhui comme hier, les Ă©tudes quantitatives montrent donc des inĂ©galitĂ©s fortes en matiĂšre dâaccĂšs aux sources dâinformation on oublie souvent surtout les universitaires ! que tout le monde » ne consomme pas lâinformation de maniĂšre quotidienne, et que tout le monde ne le fait pas de la mĂȘme maniĂšre. Le public des Ă©missions Ă petit public nâest pas composĂ© des âpetits tĂ©lĂ©spectateursâ, mais d'une fraction du âgrand publicâ. S'il y a des spectateurs pour les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s, les magazines et les documentaires, câest parce que les gens qui utilisent beaucoup la tĂ©lĂ©vision les regardent », remarquait Michel Souchon23. Mais, la plupart des enquĂȘtes quantitatives pĂȘchent souvent par leur aspect descriptif, piĂ©gĂ©es quâelles sont dans une gangue paradigmatique du modĂšle de lâaudience qui ne serait quâun agrĂ©gat mathĂ©matique. Or, quand on ne fait que compter ceux qui regardent, on ne sait rien de ce quâils ont vu », rappelait Dominique Pasquier24. Et lâusager ? le modĂšle texte / lecteur 21Alors que les recherches se situant au sein du courant fonctionnaliste amĂ©ricain conduisent Ă lâeffacement de la question des effets des mĂ©dias devant celle des usages des consommateurs, parallĂšlement, les enquĂȘtes sur les publics de lâinformation politique sâorientent peu Ă peu vers les problĂ©matiques de la rĂ©ception. 25 Stuart Hall, Codage / dĂ©codage », RĂ©seaux, nÂș 68, p. 29. 26 Gustave Le Bon mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste, de Ivan Pavlov mĂ©decin physiologiste et Serge Tchakhotine ... 27 Le dualisme Ă©mission / rĂ©ception nâest pas absent du discours journalistique lui-mĂȘme. Ainsi le voi ... 22Dans les annĂ©es 1970, les Anglo-saxons et plus particuliĂšrement les Britanniques entament ce travail, visant Ă se focaliser sur la question des diffĂ©rentes lectures et interprĂ©tations des programmes, en fonction notamment de lâorigine sociale et culturelle des tĂ©lĂ©spectateurs. Un article de Stuart Hall25, publiĂ© en 1980, fait valoir que le tĂ©lĂ©spectateur doit partager le code de lâĂ©metteur, câest-Ă -dire que le message est encodĂ© » dâune certaine maniĂšre selon les conditions techniques, sociales, politiques qui nâest pas nĂ©cessairement partagĂ©e par le rĂ©cepteur. Hall propose trois modalitĂ©s de perception du sens dominante, nĂ©gociĂ©e, oppositionnelle. En dĂ©passant le modĂšle de la seringue hypodermique » celui de Le Bon, de Pavlov ou de Tchakhotine26 mais aussi celui des perceptions sĂ©lectives » de la sociologie empirique amĂ©ricaine, ce texte ouvre la voie Ă une sociologie de la rĂ©ception, ce qui sera utile ensuite pour comprendre lâusage de lâinformation par un 28 Ămission qui prĂ©sentait lâactualitĂ© sur le mode du divertissement diffusĂ©e Ă la fin des annĂ©es 1970 29 David Morley, The âNationwideâ Audience Structure and Decoding, London, British Film Institute, 1 ... 30 Brigitte Le Grignou & Ărik Neveu, Ămettre la rĂ©ception prĂ©mĂ©ditations et rĂ©ceptions de la polit ... 23David Morley confirme en partie les hypothĂšses des types de lecture dominante, nĂ©gociĂ©e et oppositionnelle, en Ă©tudiant les tĂ©lĂ©spectateurs du programme dâinformation britannique Nationwide28 choisis en fonction de leur milieu social, de leur niveau dâĂ©tudes et de leur statut professionnel. Il nuance toutefois, en montrant notamment quâon ne peut rĂ©duire le dĂ©codage dâune Ă©mission au seul positionnement socio-Ă©conomique du tĂ©lĂ©spectateur29. Dans le cas français et sur la question du rapport Ă lâinformation politique, Ărik Neveu et Brigitte Le Grignou ont Ă©tudiĂ© les tĂ©lĂ©spectateurs des programmes politiques tĂ©lĂ©visĂ©s des annĂ©es 1980, et ils concluent, Ă lâinstar des chercheurs des Cultural Studies, Ă des tactiques, bricolages » et braconnages » dans les modes dâappropriation des destinataires de ces programmes30. 31 Cf. Ien Ang, Watching Dallas Soap Opera and the Melodramatic Imagination, Londres Methuen, 1985 ... 32 Daniel Dayan & Elihu Katz, La TĂ©lĂ©vision cĂ©rĂ©monielle. Paris PUF, 1996. 33 Daniel Dayan, Les mystĂšres de la rĂ©ception ». Le DĂ©bat. NÂș 71, 1992, p. 145 24La sociologie de la rĂ©ception se fonde alors sur ce que lâon a coutume dâappeler le modĂšle texte / lecteur ». Ce dernier nâa pas Ă©tĂ© conceptualisĂ© pour les recherches sur la rĂ©ception des programmes dâinformation, loin de lĂ 31, mais il peut fonctionner aussi pour ce type de contenus, comme lâont montrĂ© les travaux de Daniel Dayan et Elihu Katz sur les cĂ©rĂ©monies tĂ©lĂ©visĂ©es32 et que Daniel Dayan explicite dans son texte de rĂ©fĂ©rence Les mystĂšres de la rĂ©ception ». Dayan met en avant le fait quâun texte nâexiste que par la lecture qui en est faite, lecture qui Ă©chappe au sens premier du texte donnĂ© par lâauteur. On voit que le modĂšle texte-lecteur permet de poser dâune façon nouvelle le problĂšme de lâinfluence exercĂ©e par les mĂ©dias. Ce pouvoir semble Ă©chapper aux textes diffusĂ©s pour devenir celui des rĂ©cepteurs, apparemment Ă©mancipĂ©s dâune influence quâils peuvent filtrer par leur capacitĂ© de rĂ©sistance, dâinterprĂ©tation et de rĂ©interprĂ©tation », explique-tâ Et lâusager de lâinformation ? La recherche française axĂ©e sur le discours 34 Vincent Goulet rĂ©affirme que la frĂ©quentation des mĂ©dias dâinformation dĂ©pend directement des for ... 25Les Ă©tudes menĂ©es notamment par David Morley sur les Ă©missions dâactualitĂ© nĂ©cessitent la mise en place de dispositifs de collectes de donnĂ©es tels les groupes de discussion ou focus group que la recherche française a ignorĂ© en grande partie, leur prĂ©fĂ©rant plutĂŽt des Ă©tudes sur les discours portĂ©s par les usagers des mĂ©dias Ă propos des programmes citons nĂ©anmoins la rĂ©cente enquĂȘte ethnographique de grande ampleur sur les mĂ©dias et classes populaires » menĂ©e par Vincent Goulet sur laquelle nous reviendrons34. 35 Serge Proulx dir., AccusĂ© de rĂ©ception. Le tĂ©lĂ©spectateur construit par les sciences sociales, Pa ... 36 CĂ©line SĂ©gur, Les recherches sur les tĂ©lĂ©spectateurs, trajectoires acadĂ©miques, Paris HermĂšs Lavo ... 37 Le CĂCMAS Centre dâĂ©tudes de communication de masse devient en 1973 le CĂTSAS Centre dâĂ©tudes tr ... 26Si les diffĂ©rents biais engendrĂ©s par les enquĂȘtes ethnographiques auprĂšs des tĂ©lĂ©spectateurs peuvent faire comprendre la mĂ©fiance des chercheurs francophones vis-Ă -vis de cette mĂ©thodologie Le tĂ©lĂ©spectateur est construit Ă travers le regard de celui qui lâobserve », rappelle Serge Proulx35, on peut penser que ces choix mĂ©thodologiques sont davantage guidĂ©s par le poids de la tradition de la recherche structuraliste et sĂ©miologique qui a, dĂšs le dĂ©part, irriguĂ© les recherches sur les mĂ©dias en France. Il faut noter Ă cet Ă©gard le poids du CĂCMAS Centre dâĂ©tudes des communications de masse, premier laboratoire de recherche en France qui prend pour objet les contenus mĂ©diatiques, et qui rĂ©unissait, Ă sa crĂ©ation en 1960, un sociologue du travail, Georges Friedmann, un sociologue des mĂ©dias de masse, Edgar Morin, et un linguiste et sĂ©miologue, Roland Barthes. Le Centre a favorisĂ© la publicisation des discours sur les mĂ©dias de masse mais il a finalement peu publiĂ© sur ces sujets, comme lâa montrĂ© CĂ©line SĂ©gur36 dans son histoire de la constitution du champ de recherche sur les tĂ©lĂ©spectateurs, oĂč elle souligne notamment les rĂ©orientations thĂ©oriques du CĂCMAS au travers de ces multiples changements de nom qui traduisent des changements disciplinaires37 lâĂ©tude des communications de masse y est progressivement abandonnĂ©e on remarque le mĂȘme processus dans la politique Ă©ditoriale de la revue savante Communications qui en est lâĂ©manation. Les SIC sont marquĂ©es par cette genĂšse, inscrivant tardivement la rĂ©ception parmi les axes de recherches prioritaires de la discipline cet ancrage apparaĂźt dans les annĂ©es 1980 avec des sociologues français comme Dominique Wolton au CNRS, ou Dominique Pasquier Ă lâĂHĂSS. 38 Dominique Boulier, Les styles de relation Ă la tĂ©lĂ©vision », RĂ©seaux, hors sĂ©rie Sociologie de ... 39 Dominique Boulier, La TĂ©lĂ©vision telle quâon la parle, Paris LâHarmattan, 2004. 27Les chercheurs français se penchent donc davantage sur la rĂ©ception des messages mĂ©diatiques. Elle se fait, prioritairement, via lâĂ©tude des discours portĂ©s a posteriori sur les programmes et les Ă©vĂ©nements. Ainsi, dans son Ă©tude des conversations tĂ©lĂ©, Dominique Boullier38 sâentretient-il avec des tĂ©lĂ©spectateurs sur les styles de relation » Ă la tĂ©lĂ©vision et cherche Ă fonder une typologie des diffĂ©rents rapports entretenus face Ă ce mĂ©dium et donc construits aussi par rapport Ă des discours sociaux ambiants il montre ainsi que la rĂ©ception de la tĂ©lĂ©vision est travaillĂ©e par les discours qui portent un dĂ©ficit de lĂ©gitimitĂ© sur le medium lui-mĂȘme. Il aura aussi recours Ă la mise en place dâun dispositif de collecte de donnĂ©es a posteriori via le recueil de conversations tĂ©lĂ© » notamment sur les lieux de travail des tĂ©lĂ©spectateurs. En 2004, dans La TĂ©lĂ©vision telle quâon la parle, il sâappuie sur une Ă©tude de courriers de tĂ©lĂ©spectateurs pour approfondir cette typologie des discours portĂ©s sur les programmes39. 40 Voir notamment Michael Harzimont, Le courrier des lecteurs. Entre co-construction du sens de lâĂ©v ... 41 Guillaume Soulez "Nous sommes le public". Apports de la rhĂ©torique Ă lâanalyse des publics », RĂ©s ... 42 Dominique Cardon et Jean-Philippe Heurtin, La Critique en rĂ©gime dâimpuissance, une lecture des i ... 28LâĂ©tude du courrier arrivĂ© dans les lieux de production de lâinformation est une mĂ©thode prisĂ©e dans la recherche française qui continue de sâen emparer selon plusieurs approches analyse de contenu Harzimont, Aubert40, analyse rhĂ©torique Soulez41, analyse des rĂ©gimes de parole et grammaires dâĂ©nonciation Cardon et Heurtin42, notamment. En quelques annĂ©es, les recherches sur lâinformation sont passĂ©es de la mesure simple de sa diffusion Ă lâapprĂ©ciation de ses mĂ©canismes de consommation, de comprĂ©hension et de mise en discours. Les SIC et lâĂ©largissement du champ de lâ information » 29MalgrĂ© les divergences dans les mĂ©thodes dâapprĂ©hension des publics, les recherches menĂ©es en rĂ©ception » depuis les annĂ©es 1980 ont eu pour but de dĂ©passer la simple question des effets et de mettre en lumiĂšre les usages sociaux, les compĂ©tences mobilisĂ©es dans le dĂ©codage, voire de qualifier la nature des engagements via lâintĂ©rĂȘt, la participation, la rĂ©ception proprement dite. 43 Voir notamment Dominique Pasquier, La Culture des sentiments, lâexpĂ©rience tĂ©lĂ©visuelle des adolesc ... 44 Sonia Livingstone & Peter Lunt. Talk on Television Audience, Participation and Public Debate, Rou ... 45 John Fiske. Television culture. Londres Routledge, 1987 2010. 46 Par exemple, Laurence Allard, 2011. De la conversation crĂ©ative. Mashup, remix, dĂ©tournement no ... 30Cependant, la dĂ©finition et le pĂ©rimĂštre mĂȘme de lâinformation Ă©volue Ă la fois pour les chercheurs qui dĂ©laissent peu Ă peu les approches âpuresâ politiste ou sociologique, par exemple, et Ă la fois pour le champ mĂ©diatique qui admet des dĂ©finitions fluctuantes de ce qui relĂšve de lâactualitĂ©. Lâinformation, nous lâavons montrĂ©, a longtemps Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme relative Ă ce qui peut Ă©clairer les choix politiques de lâĂ©lecteur. Mais le politique » est une notion mouvante, historique. Force est de chercher Ă comprendre sur quels types de programmes peuvent se mobiliser ces publics. De ce point de vue, bien que nous ne lâaborderons pas ici, la question du divertissement sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es, talk shows est instructive , et on lira avec intĂ©rĂȘt les travaux menĂ©s en France43, en Grande-Bretagne44 ou aux Ătats-Unis45. De mĂȘme, les rĂ©actions, positionnements, dĂ©tournements de fanâs et de simples usagers de programmes de divertissement, sont Ă©tudiĂ©s et dĂ©couverts comme une terra incognita Ă partir des annĂ©es 47 AurĂ©lie Aubert, La SociĂ©tĂ© civile et ses mĂ©dias, Paris INA & Bord de lâeau, 2009. 31La dĂ©finition de lâ Ă©vĂ©nement international » a permis de montrer47, en typologisant les prises de paroles Ă©crites des tĂ©lĂ©spectateurs envoyĂ©es au âmĂ©diateur de lâinformationâ de la chaĂźne France 2, que la rĂ©action Ă lâactualitĂ© sur ce qui se passe dans un âailleursâ gĂ©ographique, culturel, dâun point de vue identitaire est une forme de retour, dĂ©tournĂ©, au politique. Ainsi, pour commenter lâactualitĂ© internationale des JT, lâindignation ou la prise de parole civique sur lâaltĂ©ritĂ© font-elles appel, chez certains usagers du service public audiovisuel, aux ressources de solidaritĂ©, de justice, propres Ă chacun et mises alors en Ćuvre par des individus qui voient dans la tĂ©lĂ©vision un support de publicisation et une possibilitĂ© de les mettre en scĂšne » pour obtenir rĂ©paration pour eux-mĂȘmes ou pour les autres. Ici, le commentaire de lâĂ©vĂ©nement dâactualitĂ© internationale est la trame sur laquelle sâinscrivent les reprĂ©sentations de soi, transformĂ©es en questionnements sur le rapport de soi Ă autrui. 48 Vincent Goulet, Op. cit., p. 15. 32Pour le dire comme Vincent Goulet, ethnographe des classes populaires dans leur rapport aux mĂ©dias, les informations mĂ©diatiques sont des biens culturels parmi les autres »48. Les spĂ©cialistes des SIC se sont rĂ©servĂ©s les sujets moins ânoblesâ que ceux relevant du pur politique, lĂ©gitimant alors la possibilitĂ© que les publics sâintĂ©ressent Ă une variĂ©tĂ© de sujets et de supports mĂ©diatiques, en multipliant les approches sous lâaiguillon des recherches anthropologiques Daniel Dayan ou sociologiques Ăric Maigret. 49 Anne-Claude Ambroise-Rendu, Petits rĂ©cits des dĂ©sordres ordinaires. Les faits divers dans la presse ... 50 Claire SĂ©cail. Le crime Ă l'Ă©cran. Le fait divers criminel Ă la tĂ©lĂ©vision française 1950-2010. P ... 51 Roland Barthes, 1962 1964. Structure du fait divers ». In Essais critiques. Paris Seuil, coll ... 33Le fait divers acquiert ainsi des lettres de noblesse que ni les professionnels ni les thĂ©oriciens nâĂ©taient prĂȘt Ă lui donner. Certes, la publication des faits divers est contemporaine de lâĂ©mergence de la presse industrielle49 mais sa montĂ©e en lĂ©gitimitĂ© est plus tardive il faut attendre la fin des annĂ©es 1950 chez les professionnels pour donner un aperçu complet de lâactualitĂ©, il faut aller de lâĂ©vĂ©nement politique international au fait divers », reconnaĂźt un journaliste citĂ© par Claire SĂ©cail50 autant que les spĂ©cialistes Voici un assassinat sâil est politique, câest une information, sâil ne lâest pas, câest un fait divers. Pourquoi ? » sont les premiers mots dâun article fameux de Roland Barthes dans la revue Communications51. Aujourdâhui nul ne disputerait plus la place du fait divers dans lâĂ©tude des mĂ©dias ni dans les habitudes de consommation des nouvelles ; un acquis de haute lutte⊠52 Jamil Dakhlia. Politique people. Rosny-sous-Bois BrĂ©al, 2008. 53 Jamil Dakhlia. Du populaire au populisme ? IdĂ©ologie et nĂ©gociation des valeurs dans la presse pe ... 54 Dubied, Annik. Les dits et les scĂšnes du fait divers. GenĂšve et Paris Librairie Droz, 2004. 34On voit Ă©galement Ă©voluer la pensĂ©e sur lâinformation et y faire entrer lâactualitĂ© people, Ă la faveur dâun mouvement plus gĂ©nĂ©ral de peopolisation du politique » dont les formes ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©es notamment par Jamil Dakhlia52. Alors que ce type de traitement du politique se rĂ©pand dans tous les mĂ©dias il nâĂ©tait autrefois que lâapanage de certains titres dĂ©valuĂ©s, tel Point de vue images du monde, la recherche en SIC admet aujourdâhui quâil est pertinent dâinterroger notre rapport Ă cette information populaire car elle reconfigure aussi les problĂšmes publics collectifs. Ainsi, pour Jamil Dakhlia, le spectre trĂšs large du lectorat de la presse people est confirmĂ©e par les donnĂ©es sociodĂ©mographiques des Ă©tudes dâaudience Au total, lâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© des publics imaginĂ©, visĂ© et rĂ©el montre bien quâil serait abusif de rĂ©duire lâensemble de la presse Ă©chotiĂšre Ă une seule et mĂȘme idĂ©ologie populaire, au sens de vision du monde conçue par et pour les classes dĂ©favorisĂ©es. [âŠ] La presse Ă©chotiĂšre peut [âŠ] apparaĂźtre comme un facteur dâopposition Ă lâordre Ă©tabli, pour peu que lâon admette, avec plusieurs reprĂ©sentants des Cultural Studies [âŠ] la portĂ©e politique de lâĂ©vasion dispensĂ©e par la culture populaire lâĂ©vasion people serait en lâoccurrence une forme de subversion âde lâintĂ©rieurâ, par le travail de lâimagination, dâune domination sociale. Câest pourquoi la diffusion des formes et des contenus Ă©chotiers ne saurait ĂȘtre assimilĂ©e Ă un appauvrissement du dĂ©bat dĂ©mocratique. Directement, par la mise en dĂ©bat du quotidien et de lâintime, ou indirectement, par la peopolisation de la politique et des autres mĂ©dias, la presse people participe aux conflits de dĂ©finition des problĂšmes collectifs »53. Le genre âpeopleâ, comme genre mĂ©diatique »54 fait partie â tout comme le genre âfait diversâ â des rĂ©cits dâactualitĂ© qui interrogent la norme. Les SIC en avance dâune rĂ©volution 35LâavĂšnement dâune sociĂ©tĂ© toujours plus Ă©lectronique nâa pas pris au dĂ©pourvu les SIC qui, en France comme Ă lâĂ©tranger, se sont toujours confrontĂ©es Ă la nouveautĂ© les chercheurs en SIC ont donc pu passer sans difficultĂ© de la radio Ă la tĂ©lĂ©vision, aux premiers ordinateurs, aux premiers rĂ©seaux tĂ©lĂ©matiques qui se sont prolongĂ©s en lâholiste Internet que nous connaissons aujourdâhui⊠55 AurĂ©lie Aubert, Le participatif perçu par les professionnels du journalisme Ă©tat des lieux ». L ... 56 Par exemple La fin du politique », in Patrice Flichy, 2001. Lâimaginaire dâInternet. Paris La D ... 57 Reuters Institute for the Study of Journalism. Digital News Report 2013. Essential data on the futu ... 36Sur le plan de lâinformation, le resserrement des rĂ©seaux Ă©lectroniques a participĂ© Ă la modification du champ ; des rĂ©flexions nouvelles sur le âjournalisme citoyenâ, mĂ©lange dâactiÂvisme dĂ©guisĂ©, dâengagement politique vĂ©ritable et de civisme bĂ©at, ont modifiĂ© le discours et lâon commence Ă parler dâune coâconstruction du sens informationnel55 ; de mĂȘme, lâanalyse des idĂ©ologies et autres utopies occupe une part non nĂ©gligeable du champ dâĂ©tudes56 ; lâutilisation des nouveaux supports, en particulier en mobilitĂ©, ont permis enfin de nouvelles descriptions des usages mais pas forcĂ©ment leur problĂ©matisation en 2013 par exemple57, pour sâinformer, les Français ont utilisĂ© la tĂ©lĂ©vision 84 %, les journaux 46 % et la radio 44 % en combinaison avec des supports online ordinateur fixe 50 %, tĂ©lĂ©phone intelligent 24 % ; tablette 11 %, sans que lâon puisse voir de diffĂ©rences notables entre les deux populations quelques points dâĂ©cart. On peut donc constater de nouvelles pratiques, redondantes ou plurielles accĂšs aux mĂȘmes informations plusieurs fois ou de diverses maniĂšre 33 % des Occidentaux utilisent plusieurs supports pour sâinformer. Les changements ne sont pas encore radicaux moins de 2 Français sur 10 partagent des nouvelles sur les rĂ©seaux sociaux ou par courriel, quand plus de 3 Français sur 10 reconnaissent les commenter en face-Ă -face avec des amis ou collĂšgues ! Sur le plan de lâoffre, on constate en revanche une redistribution des cartes dans les parts de marchĂ© si en France les trois premiers lieux dâinformation offline sont TF1 48 %, BFMTV 43 % et France TĂ©lĂ©visions 35 %, les trois premiers lieux dâinformation online sont 20 Minutes 18 %, Le Monde 13 % et Le Figaro 12 %. 58 Page Facebook, 2013. 59 Cf. Pascal Froissart. Mesure et dĂ©mesure de lâemballement mĂ©diatique. RĂ©flexions sur lâexpertise ... 37Le tout-numĂ©rique a permis Ă©galement des analyses de contenu Ă peu de frais, donnant lieu Ă la crĂ©ation dâindices Ă©tranges tel lâapparemment indiscutable nombre de pages » sur Google Trends, ou lâUnitĂ© de bruit mĂ©diatique de lâInstitut Kantar, ou le poids mĂ©dia » de lâentreprise montrĂ©alaise Influence Communication, qui nâhĂ©site pas Ă verser dans lâarithmĂ©tique de lâabsurde Depuis son dĂ©cĂšs, les journaux du monde entier ont publiĂ© l'Ă©quivalent de 4,7 annĂ©es de contenu sur Nelson Mandela et environ 12 ans de temps d'antenne »58. Les palmarĂšs de mots-diĂšses hashtag, de termes les plus recherchĂ©s sur les moteurs de recherche, ou les plus discutĂ©s » dans tel ou tel organe de presse, deviennent autant dâobjets de glose pour les chercheurs comme pour les consommateurs de lâinformation, au risque de donner corps Ă des concepts-valises comme le buzz ou la e-reputation qui perdraient leur sens si les logiciels automatiques ne leur fournissaient pas une rhĂ©torique graphique oh ! la belle Ă©quation, comme elle paraĂźt solide. Ah ! la courbe en cloche, comme elle semble rĂ©elle59. Figure 3. La dĂ©mesure de la rĂ©putation sur Twitter tirĂ©e dâune notice explicative sur la mĂ©thode utilisĂ©e pour calculer un indice de popularitĂ© conçu par Jonny Bentwood pour lâentreprise Edelman. Disponible sur 60 JoĂ«l Morio, LâĂ©cran dĂ©chaĂźne les tweets », Le Monde, supplĂ©ment tĂ©lĂ©vision du 17 mars 2013. 61 Benjamin Ferran Tweeter a du mal a prouver quâil aide la tĂ©lĂ© », du 30 aoĂ»t 2013. En ... 38Le mĂ©lange des genres permet enfin une sĂ©rie dâapproches originales lâapparition dâun phĂ©nomĂšne de âmulti Ă©cranâ fait rĂ©apparaĂźtre la problĂ©matique discursive autour de la rĂ©ception des informations mĂ©diatiques ; de nouveau en effet, les chercheurs peuvent avoir Ă leur disposition un matĂ©riau, une trace qui dit quelque chose de lâexpĂ©rience de lâusager face au programme, trace produite, quasiment en temps rĂ©el, ce qui est relativement inĂ©dit. DâaprĂšs lâĂ©tude dâun cabinet spĂ©cialisĂ© sur les usages des ânouveaux Ă©cransâ, plus dâun quart des Français commentent rĂ©guliĂšrement les programmes sur les rĂ©seaux sociaux et, chez les 18-34 ans, la proportions monte Ă 40 %. »60 Le sport et les dĂ©bats semblent ĂȘtre, parmi les programmes dâinformation, ceux qui suscitent le plus de commentaires, Ă tel point que certains programmes polĂ©miques semblent ĂȘtre construits pour susciter des commentaires sur les plateformes spĂ©cialisĂ©es. Ces derniĂšres ont acquis une valeur symbolique, dans la mesure oĂč lâon peut supposer que ces commentaires sont plus ou moins corrĂ©lĂ©s Ă lâaudience. Ce point est toutefois loin dâĂȘtre prouvĂ©. En 2013 par exemple, une Ă©tude Nielsen sur Twitter montre quâun grand nombre de commentaires sur des Ă©missions TV favorise les chances dâaugmenter lâaudience, dans certains cas seulement la corrĂ©lation nâest pas systĂ©matique. Le spĂ©cialiste de la mesure dâaudience [Nielsen] reconnaĂźt nĂ©anmoins que le lien de causalitĂ© est loin de sâappliquer Ă tous les programmes. Surtout, il ne se risque pas Ă chiffrer les gains dâaudience rĂ©alisĂ©s grĂące aux conversations sur Twitter. En clair, si une progression soudaine de 10 % du volume de tweets sur un programme provoquera une hausse de son audience Ă la tĂ©lĂ©vision de 1 %, ce point devra faire lâobjet dâune nouvelle Ă©tude. »61 Ce partenariat entre le rĂ©seau de micro-blogging et Nielsen devrait mener Ă la crĂ©ation dâune nouvelle mesure dâaudience pour Ă©valuer le succĂšs des programmes de tĂ©lĂ©vision basĂ© sur les tweets quâils gĂ©nĂšrent⊠Pourra-t-on, alors, encore dire que les Ă©tudes dâaudience ne disent rien de la maniĂšre dont les spectateurs reçoivent les programmes, dans la mesure oĂč elles seront corrĂ©lĂ©es Ă un discours produit dans lâinstant ? 62 Virginie Spies, Le live-tweet ou le tĂ©lĂ©spectateur devenu acteur, un enjeu pour la tĂ©lĂ©vision », ... 39Les perspectives de la recherche en rĂ©ception sont nombreuses sur ce point. La briĂšvetĂ© des commentaires, la nĂ©cessitĂ© de se conformer, pour lâusager de Twitter, aux prescriptions auto-intĂ©grĂ©es du rĂ©seau social Ă©crire pour ĂȘtre retweetĂ© » nâincite pas Ă la nuance, par exemple. Virginie Spies, travaillant sur les live-tweets en rĂ©action aux programmes tĂ©lĂ©visĂ©s, souligne par exemple que lâun des enjeux pour les tĂ©lĂ©spectateurs est lâopportunitĂ© de regarder un programme avec sa communautĂ© »62, car le live-tweet permet aussi et surtout dâentrer en interaction avec dâautres spectateurs connectĂ©s, bien davantage quâavec le mĂ©dia lui-mĂȘme, la majoritĂ© des conversations Ă©chappant aux diffuseurs. 40Câest bien tout le paradoxe de lâappellation tĂ©lĂ©vision sociale » social TV, concept fourre-tout » dont se revendiquent les programmateurs, services de prospective des chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision ou annonceurs publicitaires. La tĂ©lĂ©vision, longtemps perçue comme assenant des contenus de maniĂšre linĂ©aire, apparaĂźt aujourdâhui comme gĂ©nĂ©ratrice de lien social en permettant aux rĂ©cepteurs de devenir Ă©metteurs de contenu via le web, dâavis et de recommandations via les mĂ©dias sociaux. Au-delĂ des innovations technologiques qui intĂ©ressent les chaĂźnes, on est en droit de se demander en quoi cette tĂ©lĂ©vision est vĂ©ritablement sociale » ? Câest donc Ă la recherche et pas seulement aux professionnels de lâaudience de se saisir Ă prĂ©sent de ces contenus gĂ©nĂ©rĂ©s en temps rĂ©el pour accroĂźtre et amĂ©liorer la connaissance sur les publics de lâinformation et pour remettre en perspective les usages rĂ©els de la tĂ©lĂ©vision tels quâils se configurent actuellement. Haut de page Bibliographie Allard, Laurence. De la conversation crĂ©ative. Mashup, remix, dĂ©tournement nouveaux usages des images sur les rĂ©seaux sociaux. », 2011. ConfĂ©rence au Mashup Film Festival. 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ThĂšse de doctorat, University of Pennsylvania, 1995, p. 165. 4 Gustave Le Bon, Psychologie des foules. Paris Ădition FĂ©lix Alcan, 9e Ă©dition, 1905 1895. 5 Voir CĂ©cile MĂ©adel, Quantifier le public, Histoire des mesures dâaudiences de la radio et de la tĂ©lĂ©vision, Paris Economica, 2010. 6 Ivan Chupin, Nicolas HubĂ© et Nicolas Kaciaf, Histoire politique et Ă©conomique des mĂ©dias en France. Paris La DĂ©couverte,â 2009, p. 43. 7 VeillĂ©, citĂ© par MĂ©adel, op. cit., pp. 22-23 et 48. 8 Ă la fin du xixe siĂšcle, les sciences sociales sâemparent de la notion et conceptualisent le public comme entitĂ© sociale. », remarque JĂ©rĂŽme Bourdon en 2004 La triple invention comment faire l'histoire du public ? » Le Temps des mĂ©dias. vol. 2, nÂș 3. 9 LoĂŻc Blondiaux. La fabrique de lâopinion. Une histoire sociale des sondages. Paris Seuil, 1998. 10 Ibid., p. 163. 11 Martin, Marc. Trois siĂšcles de publicitĂ© en France. Paris Odile Jacob, 1992. 12 Natale, citĂ©e par MĂ©adel, op. cit., pp. 49-50. 13 Hugh Malcolm Beville Jr. The ABCDâs of Radio Audiences ». The Public Opinion Quarterly. vol. 4, nÂș 2 juin, pp. 195-206, 1940. Beville est lâun des auteurs dâĂ©tude pionniĂšre parue en 1939, Social Stratification of the Radio Audience. 14 Paul F. Lazarsfeld & Rowena Wyant. Magazines in 90 Cities. Who Reads What ? ». The Public Opinion Quarterly. vol. 1, nÂș 4 Oct., 1937, pp. 29-41. 15 Elihu Katz & Paul Lazarsfeld. Influence personnelle. Paris Armand Colin, 1955 2008. 16 Arcenas, Elvira Medina. Op. cit. 17 Olivier Donnat dir.. Les pratiques culturelles des Français. Paris Documentation française, 2009. FrĂ©quence de lecture presse quotidienne payante » et ThĂšmes des blogs ou sites en ligne consultĂ©s ». 18 Dumartin, Sylvie et CĂ©line Maillard. Le lectorat de la presse dâinformation gĂ©nĂ©rale », Division Conditions de vie des mĂ©nages », INSĂĂ PremiĂšre, nÂș 753 dĂ©cembre, 2000. 19 Olivier Donnat, 2009. Ibid. 20 Andrew Stern. Ătude pour la National Association for Broadcasting 1971 citĂ©e par François de Closets, 1980. Le systĂšme Paris Grasset, chapitre X. 21 W. Russell Neuman. Patterns of recall among television viewers ». Public Opinion Quarterly. vol. 40, pp. 115-123, 1976. 22 John Stauffer & Richard Frost & William Rybolt. The Attention Factor in Recalling Network Television News ». Journal of Communication. Volume 33, nÂș 1, pp. 29-37, 1983. 23 Michel Souchon, Le vieux canon de 75 ». HermĂšs. 1993, nos 11-12, p. 241. 24 Dominique Pasquier, Des audiences aux publics le rĂŽle de la sociabilitĂ© dans les pratiques culturelles », in Olivier Donnat et Paul Tolila dir., Les Publics de la culture, Paris, Presses de Sciences-po, 2003, p. 109-110. 25 Stuart Hall, Codage / dĂ©codage », RĂ©seaux, nÂș 68, p. 29. 26 Gustave Le Bon mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste, de Ivan Pavlov mĂ©decin physiologiste et Serge Tchakhotine biologiste sont trois auteurs dissemblables en qualitĂ© mais rĂ©unis ici parce quâils ont Ă©tĂ© essentiels Ă lâĂ©tablisÂseÂment dâun modĂšle linĂ©aire de la communication, malgrĂ© une vision manichĂ©enne oĂč les sociĂ©tĂ©s sont toujours hiĂ©rarchiques, le sens jamais nĂ©gociĂ©, le libre-arbitre inexistant. 27 Le dualisme Ă©mission / rĂ©ception nâest pas absent du discours journalistique lui-mĂȘme. Ainsi le voit-on apparaĂźtre dans cet extrait dâentretien avec Jean Hatzfeld grand reporter Ă LibĂ©ration Je parle en tant que journaliste. Le journaliste, il est lĂ pour rĂ©pondre Ă des questions. Et quand leurs auditeurs ou leurs lecteurs nâen posent pas, il est dĂ©semparĂ©, le journaliste. Câest un intermĂ©diaire, un go-between, il ne sait plus quoi faire, et⊠il passe Ă autre chose. Câest ça quâil est important de dire. Parce quâon parle toujours de lâĂ©mission de lâinformation. On dit elle est de bonne qualitĂ© elle est de mauvaise qualitĂ©, les journalistes font bien leur boulot les journalistes font mal leur boulot, etc. Mais on ne parle peut-ĂȘtre pas assez des rĂ©cepteurs de lâinformation. Et, souvent, les lecteurs ne font pas leur boulot, si je puis dire, les auditeurs ne font pas leur boulot ! Ils ne veulent pas affronter un Ă©vĂ©nement, ou ils ne veulent pas affronter un Ă©vĂ©nement avant quâils puissent en avoir la maĂźtrise, câest-Ă -dire avant de savoir quâon va pouvoir le dominer ou rĂ©soudre les problĂšmes quâil pose, lui trouver des solutions, etc. Jean Hatzfeld, 2013. Hors-champs. Entretien avec Laure Adler. 24 octobre 28 Ămission qui prĂ©sentait lâactualitĂ© sur le mode du divertissement diffusĂ©e Ă la fin des annĂ©es 1970. 29 David Morley, The âNationwideâ Audience Structure and Decoding, London, British Film Institute, 1980. 30 Brigitte Le Grignou & Ărik Neveu, Ămettre la rĂ©ception prĂ©mĂ©ditations et rĂ©ceptions de la politique tĂ©lĂ©visĂ©e », RĂ©seaux, numĂ©ro hors sĂ©rie Sociologie de la tĂ©lĂ©vision France », p. 65-98. 31 Cf. Ien Ang, Watching Dallas Soap Opera and the Melodramatic Imagination, Londres Methuen, 1985 â ou Elihu Katz & Tamar Liebes, Six interprĂ©tations de Dallas ». HermĂšs, n° 11-12, 1993, p. 125-144. 32 Daniel Dayan & Elihu Katz, La TĂ©lĂ©vision cĂ©rĂ©monielle. Paris PUF, 1996. 33 Daniel Dayan, Les mystĂšres de la rĂ©ception ». Le DĂ©bat. NÂș 71, 1992, p. 145 34 Vincent Goulet rĂ©affirme que la frĂ©quentation des mĂ©dias dâinformation dĂ©pend directement des formes de capital mobilisables par les individus et surtout, par leur position et trajectoire sociale, celle de leur conjoint et celle quâils espĂšrent pour leurs enfants, qui sont au centre des processus de rĂ©ception mĂ©diatique » MĂ©dias et classes populaires. Paris INA Ă©ditions, 2010, p. 18. En 1971 dĂ©jĂ , Patrick Champagne, par ailleurs directeur de thĂšse de V. Goulet, consacrait une enquĂȘte aux conditions sociales de rĂ©ception de la tĂ©lĂ©vision en France Patrick Champagne, La tĂ©lĂ©vision et son langage. Lâinfluence des conditions sociales de rĂ©ception sur le message », Revue française de sociologie. vol. 12, nÂș 3, p. 406-430, 1971. 35 Serge Proulx dir., AccusĂ© de rĂ©ception. Le tĂ©lĂ©spectateur construit par les sciences sociales, Paris LâHarmattan, 1998, p. 10. 36 CĂ©line SĂ©gur, Les recherches sur les tĂ©lĂ©spectateurs, trajectoires acadĂ©miques, Paris HermĂšs Lavoisier, p. 48. 37 Le CĂCMAS Centre dâĂ©tudes de communication de masse devient en 1973 le CĂTSAS Centre dâĂ©tudes transdisciplinaires. Sociologie, anthropologie, sĂ©miologie, puis en 1983 le CĂTSAP Centre dâĂ©tudes transdisciplinaires. Sociologie. Anthropologie. Politique, en 1992 le CĂTSAH lâhistoire remplace le politique. En 2008, il devient le Centre Edgar-Morin. 38 Dominique Boulier, Les styles de relation Ă la tĂ©lĂ©vision », RĂ©seaux, hors sĂ©rie Sociologie de la tĂ©lĂ©vision France, p. 119-142, 1991. 39 Dominique Boulier, La TĂ©lĂ©vision telle quâon la parle, Paris LâHarmattan, 2004. 40 Voir notamment Michael Harzimont, Le courrier des lecteurs. Entre co-construction du sens de lâĂ©vĂ©neÂment contrĂŽlĂ©e par le mĂ©dia et nĂ©cessaire prise en compte de lâusager du produit mĂ©diatique », Recherches en communication, n° 21, 2004, p. 27-41 ou AurĂ©lie Aubert, La SociĂ©tĂ© civile et ses mĂ©dias, Paris INA & Bord de lâeau, 2009. 41 Guillaume Soulez "Nous sommes le public". Apports de la rhĂ©torique Ă lâanalyse des publics », RĂ©seaux, n° 126, 2005 42 Dominique Cardon et Jean-Philippe Heurtin, La Critique en rĂ©gime dâimpuissance, une lecture des indignations des auditeurs de France Inter », in Bastien François et Ărik Neveu dir., Espaces publics mosaĂŻques, acteurs, arĂšnes et rhĂ©toriques des dĂ©bats publics contemporains, Rennes Presses universitaires de Rennes, 1999, p. 85-119. 43 Voir notamment Dominique Pasquier, La Culture des sentiments, lâexpĂ©rience tĂ©lĂ©visuelle des adolescents, Paris Ăditions de la MSH, 1999 ; Sabine Chalvon-Demersay EnquĂȘte sur des publics particuliĂšrement concernĂ©s. La rĂ©ception comparĂ©es des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es LâInstit et Urgences », in Daniel CĂ©faĂŻ et Dominique Pasquier dir., Les Sens du public publics politiques, publics mĂ©diatiques, Paris CURAPP & PUF, 2003, p. 501-521. 44 Sonia Livingstone & Peter Lunt. Talk on Television Audience, Participation and Public Debate, Routledge, 1994. 45 John Fiske. Television culture. Londres Routledge, 1987 2010. 46 Par exemple, Laurence Allard, 2011. De la conversation crĂ©ative. Mashup, remix, dĂ©tournement nouveaux usages des images sur les rĂ©seaux sociaux. » ConfĂ©rence au Mashup Film Festival. Disponible sur 47 AurĂ©lie Aubert, La SociĂ©tĂ© civile et ses mĂ©dias, Paris INA & Bord de lâeau, 2009. 48 Vincent Goulet, Op. cit., p. 15. 49 Anne-Claude Ambroise-Rendu, Petits rĂ©cits des dĂ©sordres ordinaires. Les faits divers dans la presse française des dĂ©buts de la TroisiĂšme RĂ©publique Ă la Grande guerre. Paris Ăditions Seli Arslan, 2004, 332 p. 50 Claire SĂ©cail. Le crime Ă l'Ă©cran. Le fait divers criminel Ă la tĂ©lĂ©vision française 1950-2010. Paris Nouveau monde & INA, 2010, 592 p. 51 Roland Barthes, 1962 1964. Structure du fait divers ». In Essais critiques. Paris Seuil, coll. Tel quel ». 52 Jamil Dakhlia. Politique people. Rosny-sous-Bois BrĂ©al, 2008. 53 Jamil Dakhlia. Du populaire au populisme ? IdĂ©ologie et nĂ©gociation des valeurs dans la presse people française ». Communication, nÂș 27/1, 2009. 54 Dubied, Annik. Les dits et les scĂšnes du fait divers. GenĂšve et Paris Librairie Droz, 2004. 55 AurĂ©lie Aubert, Le participatif perçu par les professionnels du journalisme Ă©tat des lieux ». Les Cahiers du journalisme. Nos 22-23 automne, 2011. 56 Par exemple La fin du politique », in Patrice Flichy, 2001. Lâimaginaire dâInternet. Paris La DĂ©couverte, 2001. Ou Philippe Breton, Lâutopie de la communication. Le mythe du village planĂ©taire. Paris La DĂ©couverte, 1992 2004. 57 Reuters Institute for the Study of Journalism. Digital News Report 2013. Essential data on the future of news. 20 juin 2013. 58 Page Facebook, 2013. 59 Cf. Pascal Froissart. Mesure et dĂ©mesure de lâemballement mĂ©diatique. RĂ©flexions sur lâexpertise en milieu journalistique ». MEI. MĂ©diation et information. NÂș 35, pp. 143-159, 2012. 60 JoĂ«l Morio, LâĂ©cran dĂ©chaĂźne les tweets », Le Monde, supplĂ©ment tĂ©lĂ©vision du 17 mars 2013. 61 Benjamin Ferran Tweeter a du mal a prouver quâil aide la tĂ©lĂ© », du 30 aoĂ»t 2013. En ligne 62 Virginie Spies, Le live-tweet ou le tĂ©lĂ©spectateur devenu acteur, un enjeu pour la tĂ©lĂ©vision », billet de blog du 28 octobre 2011. de page Pour citer cet article RĂ©fĂ©rence Ă©lectronique AurĂ©lie Aubert et Pascal Froissart, Les publics de lâinformation », Revue française des sciences de lâinformation et de la communication [En ligne], 5 2014, mis en ligne le 21 juillet 2014, consultĂ© le 18 aoĂ»t 2022. URL ; DOI de page Auteurs AurĂ©lie AubertAurĂ©lie Aubert est maĂźtre de confĂ©rences en Sciences de lâinformation et de la communication Ă lâUniversitĂ© de Paris VIII, membre du Centre dâĂ©tudes sur les mĂ©dias, les technologies et lâinternationalisation CĂMTI, ĂA 3388 et membre associĂ© du Laboratoire Communication et politique » CNRS. Adresse FroissartPascal Froissart est maĂźtre de confĂ©rences en Sciences de lâinformation et de la communication Ă lâUniversitĂ© de Paris VIII, membre du Centre dâĂ©tudes sur les mĂ©dias, les technologies et lâinternationalisation CĂMTI, ĂA 3388 et membre associĂ© du Laboratoire Communication et politique » CNRS. Adresse de page
Uneaudience TV ou radio, ou plus largement, lâaudience dâun mĂ©dia, regroupe lâensemble des personnes qui ont Ă©tĂ© exposĂ©es Ă ce mĂ©dia. Lâaudience se constitue par exemple de
Nomde la sociétéGaume Chérie ASBL. Forme juridiqueASBL. RueRue de Rabais, 27. Zip6760. VilleEthe / Virton. PaysBelgique. Numéro BCE/TVABE 0452.976.439. Tél063 58 20 74. Emailsecretariat@metropoleradio.be.
RĂ©sumĂ© Index Plan Texte Bibliographie Notes Citation Auteur RĂ©sumĂ©s Ă quoi correspond lâĂ©tude des publics de tĂ©lĂ©vision en sciences de lâinformation et de la communication ? Dans ce domaine disciplinaire, les terminologies audience », rĂ©ception », influence », publics » voire tĂ©lĂ©spectateurs » sont utilisĂ©es pour qualifier les recherches sur ceux qui regardent la tĂ©lĂ©vision ». Elles correspondent Ă des approches voisines, complĂ©mentaires, mais toujours diffĂ©renciĂ©es. Ă lâheure actuelle, lâusage de la terminologie publics » tend Ă dĂ©finir les contours dâune mĂ©thode dâapproche relativement prĂ©cise, celle qui sâintĂ©resse Ă des collectifs identifiĂ©s, actifs, plus ou moins circonscrits. Nous nous intĂ©ressons dans cet article Ă la maniĂšre dont cette acception est devenue consensuelle en SIC, et Ă ses Ă©volutions possibles. Il sâagit de se demander comment la prise en charge de lâobjet par une discipline, en lâoccurrence les SIC, influence le concept mĂȘme de public ». Autrement dit, le positionnement acadĂ©mique et scientifique dâun objet de recherche est analysĂ©. What mean television audience researches for communication studies ? Communication and reception studies researchers can use the words audience », reception », influence », publics », even tv viewers » to designate studies about those who watch television ». That is to say close, complementary but different approaches. Today, when one speaks about publics », it denotes quite precisely known, actives, more or less defined groups. We are interested here in how this definition became common in communication studies and its possible evolutions. It means questionning the effects of an academic disciplin appropriation on a publics » concept. We analyse the academic and scientific positioning of that research de page EntrĂ©es dâindex Haut de page Texte intĂ©gral 1 Dans la lignĂ©e des cinĂ©-clubs », les tĂ©lĂ©s-clubs dĂ©signent une pratique de rĂ©ception collective d ... 1En France, câest Ă partir des annĂ©es 1950 que les milieux intellectuels et politiques sâaccordent pour enquĂȘter sur les publics de tĂ©lĂ©vision. En 1954, lâUNESCO, le gouvernement et la RTF mettent en Ćuvre un projet commun consistant en la rĂ©alisation dâune sĂ©rie expĂ©rimentale dâĂ©missions dâĂ©ducation populaire Ătat dâurgence » et de leurs effets sur le public. Dans ce cadre, il est demandĂ© Ă Joffre Dumazedier, alors attachĂ© de recherches et prĂ©sident du mouvement dâĂ©ducation populaire Peuple et culture », de conduire une grande enquĂȘte sociologique sur le phĂ©nomĂšne des tĂ©lĂ©s-clubs1 et sur les rĂ©actions des gens face Ă la tĂ©lĂ©vision naissante et particuliĂšrement au programme Ătat dâurgence » Dumazedier, 1955. Il est intĂ©ressant de noter que les interrogations sur la composition sociologique des publics, sur lâinfluence des images, sur les attentes des tĂ©lĂ©spectateurs se posent alors mĂȘme que le mĂ©dia commence Ă peine Ă sâinstaller dans les pratiques. Puis, dans les annĂ©es 60, les universitaires prennent en charge lâobjet. Ainsi plusieurs chapitres du manuel de la collection Que sais-je » Sociologie de la radio-tĂ©lĂ©vision, rĂ©digĂ© par le sociologue Jean Cazeneuve 1962, sont dĂ©jĂ consacrĂ©s au public chapitre IV et Ă la question de lâinfluence chapitres V Effets dâordre intellectuel » et VI Effets moraux sociaux ». Au mĂȘme moment, sous lâimpulsion de Georges Friedmann et Edgar Morin, le Centre dâĂ©tude des communications de masse Cecmas et la revue Communications reprĂ©sentent le cadre original du dĂ©veloppement des recherches en communication et sur les mĂ©dias. Ils favorisent, pour un temps au moins, les interrogations sur les publics avec notamment la publication dâarticles La tĂ©lĂ©vision vĂ©cue » Friedmann, 1964, Communications, 3, Les effets des scĂšnes de violence au cinĂ©ma et Ă la tĂ©lĂ©vision » Glucksmann, 1966, Communications, 7, TĂ©lĂ©vision et dĂ©mocratie culturelle » Friedmann, 1967, Communications, 10 ; Lâattente du public lâexemple de la tĂ©lĂ©vision israĂ©lienne » Gurevitch, 1969, Communications, 14 ; Publics et culture en tĂ©lĂ©vision » WangermĂ©e, 1969, Communications, 14. AprĂšs quelques annĂ©es dâ ajournement acadĂ©mique » SĂ©gur, 2010 50, le dĂ©veloppement des sciences de lâinformation et de la communication a fortement contribuĂ© Ă favoriser la mise en Ćuvre de recherches sur les publics de tĂ©lĂ©vision ainsi que la diffusion des savoirs français et Ă©trangers sur le sujet. 2 DâemblĂ©e, il est Ă noter que la notion dâusagers nâest pas mobilisĂ©e par les SIC lorsquâil sâagit d ... 2Aujourdâhui, Ă quoi correspond lâĂ©tude des publics de tĂ©lĂ©vision en SIC ? Dans ce domaine disciplinaire, les terminologies audience », rĂ©ception », influence », publics » voire tĂ©lĂ©spectateurs » sont corrĂ©lĂ©es pour qualifier les recherches sur ceux qui regardent la tĂ©lĂ©vision »2. Elles correspondent Ă des approches voisines, complĂ©mentaires, mais diffĂ©renciĂ©es. LâĂ©tude de lâaudience porte principalement sur les pratiques du mĂ©dia et sur les reprĂ©sentations quantitatives des tĂ©lĂ©spectateurs produites par les dispositifs de mesure de lâaudience cf. Bourdon, Meadel, 2014. Les facteurs dâinfluence contenus dans les messages mĂ©diatiques ainsi que les conditions psychosociales de leur rĂ©ception sont les objets privilĂ©giĂ©s dâun autre axe de recherche cf. Courbet, Fourquet-Courbet, 2003. Ă lâheure actuelle, lâusage de la terminologie publics » tend Ă dĂ©finir les contours dâune approche prĂ©cise, celle qui sâintĂ©resse Ă des collectifs identifiĂ©s, actifs, et circonscrits. Nous nous intĂ©ressons ici Ă la maniĂšre dont cette dĂ©finition est devenue consensuelle en Sciences de lâinformation et de la communication et Ă ses Ă©volutions. Il sâagit de se demander comment la prise en charge de lâobjet par une discipline en lâoccurrence les SIC, a contribuĂ© Ă construire le concept mĂȘme de public » par cette discipline. Autrement dit, le positionnement acadĂ©mique et scientifique dâun objet de recherche est ici analysĂ© dans sa dimension historique et Ă©pistĂ©mologique. Si les racines du concept de public comme objet scientifique peuvent ĂȘtre situĂ©es dans des Ă©crits datĂ©s du xxe siĂšcle Dewey, 1927 ; Tarde, 1901, nous situons notre propos dans une prĂ©sentation actualisĂ©e de cette thĂ©matique de recherche. La montĂ©e en lĂ©gitimitĂ© des tĂ©lĂ©spectateurs comme objet de recherche acadĂ©mique 3 En tant que directeur du programme de recherche Communication CNRS, du LCP et de la revue HermĂšs, D ... 4 Dans lâarticle Les mystĂšres de la rĂ©ception, D. Dayan 1992 159-161 propose explicitement ce dĂ©p ... 3Dans les annĂ©es 1980, lâinstitutionnalisation des Sciences de lâinformation et de la communication participe Ă©galement dâun mouvement de rĂ©habilitation de la tĂ©lĂ©vision et de ses tĂ©lĂ©spectateurs comme objet dâĂ©tude scientifique. En effet, un engouement gĂ©nĂ©ral pour la problĂ©matique de la communication â Claude Baltz 1985 Ă©voque la nĂ©buleuse inforcom » â a favorisĂ© le dĂ©veloppement dâenquĂȘtes et la diffusion des connaissances. Entre 1985 et 1997, le CNRS met en place un programme Communication » dirigĂ© par Dominique Wolton. Ce dernier vient alors de publier, avec Jean-Louis Missika alors conseiller du PrĂ©sident-directeur-gĂ©nĂ©ral dâAntenne 2 lâouvrage La folle du logis. La tĂ©lĂ©vision dans les sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques 1983 ils y affirmaient le rĂŽle dĂ©mocratique et socio-Ă©ducatif de la tĂ©lĂ©vision. Dominique Wolton poursuit cette dĂ©marche en publiant en 1990 un Ăloge du grand public, un plaidoyer explicite en faveur des tĂ©lĂ©spectateurs il explique que son objectif est de montrer lâimportance » de la tĂ©lĂ©vision, dâun point de vue dĂ©mocratique », en raison du quasi dĂ©sert de rĂ©flexion dont il [le mĂ©dia] est lâobjet » ibid. 3. Il dĂ©nonce les lieux communs sur son pouvoir, son influence, la bĂȘtise du public, la passivitĂ© du spectateur, lâaliĂ©nation de lâimage » id. 11. Le ton est donnĂ© ; lâĂ©tude de la rĂ©ception mĂ©diatique est un thĂšme rĂ©current des appels dâoffres alors lancĂ©s par le CNRS dans le cadre de ce programme de recherche sur la communication ». Ainsi, les Recherches mĂ©thodologiques sur les conditions de rĂ©ception et dâappropriation de lâimage dans diffĂ©rents contextes culturels » et lâethnographie des publics des Ă©missions de fiction et des Ă©missions dâinformation constitution du sens par les publics » sont deux axes dâun appel sur le traitement de lâimage fixe et animĂ©e proposĂ© en 1986 ; celui de communication politique 1988 comporte un volet PluralitĂ© des publics et diffĂ©renciation du langage politique ». Dans ce cadre, Dominique Wolton crĂ©e le laboratoire Communication et Politique LCP, CNRS ainsi que la revue HermĂšs en 1988. Parmi les premiĂšres problĂ©matiques traitĂ©es et diffusĂ©es, figure celle des publics en 1989, les membres du LCP ont organisĂ© un colloque intitulĂ© Public et rĂ©ception » au centre Georges Pompidou Ă Paris, premiĂšre manifestation scientifique dâenvergure sur cet objet en France. Lâobjet du colloque est de faire le point et faire connaĂźtre lâĂ©tat des savoirs disponibles sur les publics mĂ©diatiques en France, mais aussi Ă lâĂ©tranger. Il rĂ©unit notamment des sociologues de lâEHESS et chargĂ©s de recherche CNRS JĂ©rome Bourdon, Daniel Dayan, Dominique PasquierâŠ, ainsi que des chercheurs Ă©trangers plutĂŽt reconnus comme spĂ©cialiste de la question de la rĂ©ception mĂ©diatique Ien Ang, John Corner, James Curran, Elihu Katz, Sonia Livingstone, David MorleyâŠ. Cette manifestation sera suivie de la publication dâun dossier pluridisciplinaire Ă la recherche du public » dirigĂ© par Daniel Dayan dans la revue HermĂšs, considĂ©rĂ© depuis lors comme une rĂ©fĂ©rence dans ce domaine de recherche3. Ces deux Ă©lĂ©ments marquent le dĂ©but dâune approche sociologique » des publics qui devient alors dominante dans ce champ dâĂ©tude. Celle-ci est notamment incarnĂ©e par Daniel Dayan et son article Les mystĂšres de la rĂ©ception » â considĂ©rĂ© comme une rĂ©fĂ©rence dans ce domaine4. Elle consiste Ă ne plus solliciter lâexpression des tĂ©lĂ©spectateurs, mais Ă lâobserver lĂ oĂč elle se manifeste spontanĂ©ment. Ce qui conduit Ă sâintĂ©resser aux processus de constitution dâun public. Chez Daniel Dayan, cela se traduit par lâĂ©tude des performances de tĂ©lĂ©spectateurs. 4Quelques annĂ©es plus tĂŽt, toujours dans le cadre du Programme de recherche en communication » du CNRS, et en partenariat avec le Centre national dâĂ©tude des tĂ©lĂ©communications, lâappel dâoffres La tĂ©lĂ©vision dans lâespace public tĂ©lĂ© cultures et tĂ©lĂ©-Ă©vĂ©nements » inscrit lâĂ©coute de la tĂ©lĂ©vision en tant que pratique culturelle et sociale. Il est remportĂ© par Dominique Boullier, alors docteur en anthropologie familiarisĂ© aux travaux nord-amĂ©ricains sur la rĂ©ception sociale des messages mĂ©diatiques cf. Katz, 1956, ainsi quâĂ une perspective ethnomĂ©thodologique. Le projet dâenquĂȘte portait sur les conversations tĂ©lĂ© », câest-Ă -dire les discussions sur ce mĂ©dia tenues spontanĂ©ment sur le lieu du travail. Il sâagissait de considĂ©rer la rĂ©ception de la tĂ©lĂ©vision comme une activitĂ© interprĂ©tative partagĂ©e ; pour Dominique Boullier, les publics de tĂ©lĂ©vision se constituent au cours dâinteractions sociales quotidiennes, en dehors du moment strict de rĂ©ception voir Boullier, 1987, 2003 Ce nâest donc plus la situation de prĂ©sence devant la tĂ©lĂ©vision ou la lecture effective du journal qui permettent de comprendre la rĂ©ception. [âŠ] La tĂ©lĂ©vision se parle au cours dâautres activitĂ©s ou mĂȘme comme activitĂ© centrale de conversation. [⊠Les individus] manifestent aux autres membres de la sociĂ©tĂ© ce quâils font de la tĂ©lĂ©vision. [âŠ] Ce sont ces discours quâil faut prendre au sĂ©rieux, non pour ce quâils nous disent ce qui sâest passĂ© dans la tĂȘte des gens durant leur exposition au message en question, mais pour ce quâils sont, câest-Ă -dire des activitĂ©s de comptes rendus en tant que telles, qui sont la rĂ©ception elle-mĂȘme ». 5Ainsi, deux idĂ©es principales soit une dĂ©finition performative des publics et la pratique de la tĂ©lĂ©vision comme expĂ©rience sociale, constituent un programme de recherche qui devient dominant dans les annĂ©es 1990-2000 dans le champ acadĂ©mique. Cette perspective est surtout appropriĂ©e par des sociologues des mĂ©dias, mais elle influence la conduite de travaux en sciences de lâinformation et de la communication. Vers une dĂ©finition consensuelle les publics performants » 5 Comme cela nâest pas le propos principal de cet article, nous ne proposons que quelques illustratio ... 6 Pour Ă©tudier la rĂ©ception dâune sitcom populaire Ă succĂšs HĂ©lĂšne et les garçons, la sociologue des ... 7 Quelques exemples I. Ang Culture et communication. Pour une critique ethnographique de la conso ... 8 Quelques exemples P. Chambat, A. Ehrenberg TĂ©lĂ©vision, terminal moral », 1993, RĂ©seaux, hors sĂ© ... 6Nous avions pu observer comment lâĂ©tude des publics performants sâest principalement dĂ©veloppĂ©e de maniĂšre rĂ©ticulaire autour de chercheurs comme JĂ©rĂŽme Bourdon, Sabine Chalvon, Daniel Dayan, Dominique Pasquier, etc. et de foyers de production et de diffusion des savoirs lâEHESS, le CNRS, le Centre dâĂ©tude des mouvements sociaux, lâuniversitĂ© Paris 3, les revues Les dossiers de lâaudiovisuel, HermĂšs, MĂ©diaspouvoirs, RĂ©seaux. La conduite dâenquĂȘtes, de sĂ©minaires ainsi que leur publicisation ont favorisĂ© le dĂ©veloppement de cette approche. Lâon peut citer5 lâĂ©tude importante menĂ©e par Dominique Pasquier sur la rĂ©ception des adolescents de la sitcom HĂ©lĂšne et les garçons6 ; le rĂŽle important jouĂ© par les revues dans la traduction dâauteurs anglo-saxons considĂ©rĂ©s comme importants pour cette perspective de recherche7 ; ainsi que la publication de textes qui privilĂ©gient lâĂ©tude de la rĂ©ception dâune tĂ©lĂ©vision comme objet social et culturel, domestique et quotidien, oĂč lâon sâintĂ©resse aux modes dâappropriations socioculturelle et socioaffective du mĂ©dia par les publics8. Se dĂ©veloppe une approche qui sâintĂ©resse aux modes de constitution des publics, qui sâinterroge sur la nature des publics et sur le sentiment dâappartenance ou non Ă un collectif, et qui sâattache, enfin, Ă observer les manifestations de la rĂ©ception lĂ oĂč celle-ci se donne Ă voir. 9 Notons que P. Sorlin a une bonne connaissance des rĂ©flexions proposĂ©es par D. Dayan, puisquâil avai ... 10 H. Romeyer, LâautoreflexivitĂ© tĂ©lĂ©visuelle en France, entre communication mĂ©diatique et espace pu ... 11 G. Le Saulnier G., La police nationale dans une sociĂ©tĂ© mĂ©diatisĂ©e. Des stratĂ©gies mĂ©diatiques de l ... 12 G. GoasdouĂ© G., La construction des pratiques informationnelles par les publics des mĂ©dias », ... 13 P. BialĂšs P., Les mĂ©canismes de reconnaissance et la mobilisation de publics dans la mĂ©diatisatio ... 7En SIC, le dĂ©veloppement de cette approche se fait depuis lors Ă diffĂ©rents niveaux. Par la conduite de doctorats notamment. En 1996, StĂ©phane Calbo, doctorant en SIC Ă lâuniversitĂ© Paris 3, soutient une thĂšse intitulĂ©e Six rituels de la consommation tĂ©lĂ©visuelle une approche ethnographique de la rĂ©ception en tant que processus affectif conditionnĂ© par lâappartenance sociale, la logique sĂ©rielle de lâinstitution tĂ©lĂ©visuelle et le monde du programme » publiĂ©e en 1998. DirigĂ© par Pierre Sorlin9, ce travail a consistĂ© Ă Ă©tudier les rituels affectifs reproduction dâhabitudes, mises en scĂšne de la pratique dâun public actif qui se plie au jeu collectif de la rĂ©ception via lâadoption de certaines conduites spectatorielles. Selon StĂ©phane Calbo, câest dans le moment de la rĂ©ception, me semble-t-il, quâun public âprend corpsâ effectivement et quâil acquiĂšre une expĂ©rience en tant que telle » Calbo, 2000 214. Cette dĂ©finition fait Ă©cho Ă celle proposĂ©e de maniĂšre plus dĂ©taillĂ©e quelques annĂ©es plus tard par Dominique Pasquier et Daniel CefaĂŻ 2003 14 en introduction de lâouvrage collectif Les sens du public Le public nâest pas un donnĂ© en soi, en antĂ©cĂ©dence ou en extĂ©rioritĂ© aux performances qui le visent ; il âse publiciseâ Ă travers la âpublicisationâ dâun problĂšme social ou dâune mesure politique, dâune Ćuvre théùtrale ou dâun programme tĂ©lĂ©visuel ». Plus rĂ©cemment, lâon peut citer plusieurs autres travaux, qui traduisent lâinstallation en Sic de questionnements lĂ©gitimes sur les modes de constitution des publics et leurs manifestations. HĂ©lĂšne Romeyer10 a ainsi Ă©tudiĂ© comment le mĂ©canisme dâautorĂ©flexivitĂ© propre Ă un certain type de programmes tĂ©lĂ©visuels amĂšne des tĂ©lĂ©spectateurs Ă se constituer en un public capable de prise de parole. Guillaume Le Saulnier11 a enquĂȘtĂ© sur des modes dâappropriation des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es policiĂšres par des policiers câest-Ă -dire des publics particuliĂšrement concernĂ©s » pour reprendre la dĂ©marche initiĂ©e par la sociologue des mĂ©dias Sabine Chalvon Demersay, 2003 et sur la maniĂšre dont celles-ci influencent la constitution de leurs identitĂ©s professionnelles. Il y a aussi la thĂšse de Guillaume GoasdouĂ©12 sur les pratiques informationnelles, ainsi que celle de Pierre BialĂšs13 sur les mĂ©canismes de reconnaissance et la mobilisation de publics dans la mĂ©diatisation du don humanitaire. 14 Dans ce dossier, lâaudience nâest pas tant envisagĂ©e du point de vue des techniques de mesure des a ... 8En 2004, la notion de public devient centrale, en tĂ©moigne la publication simultanĂ©e de trois dossiers de revues scientifiques consacrĂ©s Ă cet objet Lâaudience. Presse, radio, tĂ©lĂ©vision et internet » HermĂšs, 37, publiĂ© en 200314 ; Figures du public » RĂ©seaux, 126 ; Public, cher inconnu » Le temps des mĂ©dias, 3. Câest Ă un laboratoire de recherche en sciences de lâinformation et de la communication, le Centre dâanalyse et de recherche interdisciplinaire sur les mĂ©dias Carism de lâInstitut français de presse IFP que lâon doit lâinitiative de lâorganisation dâune JournĂ©e dâĂ©tude Questionnements croisĂ©s sur le public et lâaudience » autour de ces publications. Avec pour projet de mettre Ă lâhonneur le public, devenu point nodal des interrogations ». Ainsi le 1er avril 2005 ont Ă©tĂ© rĂ©unis Ă lâuniversitĂ© Paris 2 des chercheurs de plusieurs disciplines Sic et sociologie principalement pour aborder les problĂ©matiques Parler du public », Parler au public » et Le public parle ». Ainsi observe-t-on quâune forme de consensus caractĂ©rise la dĂ©finition performative de la notion de public de tĂ©lĂ©vision » dans les annĂ©es 2000 un public qui nâexiste pas en soi, mais se constitue de la rencontre avec un dispositif mĂ©diatique. 9En parallĂšle, une autre perspective sâimpose peu Ă peu les enquĂȘtes sur des types spĂ©cifiques de public et sur des phĂ©nomĂšnes dĂ© dĂ©signation, de rĂ©ception, de constitution, dâappropriation ou encore de manifestation de soi. Ainsi en 2002, Philippe Le Guern dirige une publication collective consacrĂ©e aux cultes mĂ©diatiques. Sâil parle des publics du culte » dĂšs les premiĂšres lignes de son propos introductif, il prĂ©cise ensuite que, dans le domaine des mĂ©dias â notamment du cinĂ©ma et de la tĂ©lĂ©vision â, des individus se constituent en publics dâĆuvres dites cultes par des phĂ©nomĂšnes de rĂ©ception et dâappropriation LâĆuvre culte peut ĂȘtre le prĂ©texte autour duquel se construisent des communautĂ©s spectatorielles, avec leurs valeurs, leurs usages, leurs rituels, etc. » Le Guern, 2002 17. Mais, lâauteur explique aussi que cette notion de culte est Ă©galement utilisĂ©e par les chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision, Ă des fins performatives, dans le cadre de stratĂ©gies publicitaires il sâagit de sâadresser Ă un public spĂ©cifique au sens dâaudience ici, câest-Ă -dire un public qui a intĂ©riorisĂ© la signification culturelle et sociale » de ce label culte ». DĂšs lors ĂȘtre de ceux qui regardent le programme culte » en question peut devenir valorisant voire un signe de distinction. La troisiĂšme partie de lâouvrage est particuliĂšrement consacrĂ©e Ă la tĂ©lĂ©vision avec le cas des publics de sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es cultes » lâon y retrouve un chapitre rĂ©digĂ© par Dominique Pasquier voir infra et dâautres proposĂ©s par des chercheurs en information-communication tels Ăric Maigret et Jean-Pierre Esquenazi. Un intĂ©rĂȘt particulier portĂ© aux publics de fans est Ă©galement manifestĂ© par MĂ©lanie Bourdaa 2012, qui a créé en 2014 un groupe de recherche et dâĂ©tude sur les fans GREF, extension de travaux menĂ©s au sein de lâunitĂ© SIC MICA universitĂ© Bordeaux Montaigne, ou encore sur les publics festivaliers » [voir lâarticle consacrĂ© Ă cet objet dans ce mĂȘme numĂ©ro de la RFSIC], Ă partir des travaux menĂ©s au sein de lâĂ©quipe SIC Culture & Communication du Centre Norbert Elias UMR CNRS-EHESS-UniversitĂ© dâAvignon. Notons que la perspective de recherche sur des types spĂ©cifiques de publics sâenrichit au fur et Ă mesure, avec lâorganisation de manifestations scientifiques tel le colloque Ă la recherche des publics populaires » organisĂ© Ă lâUniversitĂ© de Lorraine en 2011 et 2012, oĂč lâon retrouve ce principe de la performance » puisque les thĂ©matiques principales du colloque sont Faire peuple » et Ătre peuple ». Dans le mĂȘme temps, des appropriations se manifestent, lorsque des chercheurs en Sic prolongent et augmentent cette dĂ©finition en mobilisant des propositions thĂ©oriques et mĂ©thodologiques alternatives. Le public vu par les pratiques socioculturelles 15 Signalons que G. Soulez a une bonne connaissance des travaux de D. Dayan, les deux chercheurs se so ... 10Ă lâheure actuelle, trois perspectives, au moins, peuvent caractĂ©riser lâappropriation, par les SIC, de la problĂ©matique des publics mĂ©diatiques. Une premiĂšre se caractĂ©riserait par la rencontre de cette approche performative et consensuelle du public avec des dĂ©marches hĂ©ritĂ©es de la sĂ©miologie, du pragmatisme, de lâanalyse de contenus ou encore de la rhĂ©torique. Câest le cas de cette enquĂȘte de 2004, de Guillaume Soulez, âNous sommes le publicâ Apports de la rhĂ©torique Ă lâanalyse des publics » RĂ©seaux, 126. Le projet consistait Ă observer des tĂ©lĂ©spectateurs qui manifestent leur activitĂ© de rĂ©ception, en lâoccurrence par la rĂ©daction de courriers adressĂ©s Ă un hebdomadaire culturel spĂ©cialisĂ© notamment dans la tĂ©lĂ©vision et le cinĂ©ma TĂ©lĂ©rama. On y retrouve deux Ă©lĂ©ments principaux de lâapproche sociologique des publics type Dayan »15 lâidĂ©e de publicisation, câest-Ă -dire un public constituĂ© en rĂ©ponse à » Nous proposons dâĂ©tudier un niveau intermĂ©diaire [âŠ] lâauditoire, que nous pouvons dĂ©finir en une premiĂšre approximation comme un collectif ponctuel construit par les tĂ©lĂ©spectateurs en rĂ©ponse Ă un collectif visĂ© par un programme donnĂ© » ibid. 116 ; celle de la performance des publics LâhypothĂšse de lâauditoire est de partir de rĂ©actions attestĂ©es [âŠ] formulĂ©es par les tĂ©lĂ©spectateurs eux-mĂȘmes, pour observer quelles sont les voies habituelles par lesquelles ils construisent le collectif qui donne sens pour eux au programme » id.. Lâapport de la rhĂ©torique, selon lâauteur, permet de saisir une des Ă©tapes » de la rĂ©ception, câest-Ă -dire une forme dâaction qui se situe entre la rĂ©action et lâappropriation, nommĂ©e rĂ©activitĂ© » face au programme de tĂ©lĂ©vision. Une des conclusions de lâĂ©tude, au sujet de la nature des publics consiste Ă dĂ©finir lâacte de regarder la tĂ©lĂ©vision comme Une activitĂ© par laquelle on sâexpose au moment mĂȘme oĂč lâon veut faire partie dâun ensemble » id. 140. En effet, Guillaume Soulez propose dâutiliser la notion de rĂ©pertoire pour qualifier le registre de rĂ©activitĂ© auquel a recours le tĂ©lĂ©spectateur dans son acte performatif ; elle permet de prendre en compte une conscience du collectif qui caractĂ©rise la rĂ©ception tĂ©lĂ©visuelle Ă©tudiĂ©e sous lâangle des publics. 11En 1994, Jean-Pierre Esquenazi organisait un colloque intitulĂ© La tĂ©lĂ©vision et ses tĂ©lĂ©spectateurs » Ă lâuniversitĂ© de Metz. Par la suite, dans la publication Les cultes mĂ©diatiques citĂ© prĂ©cĂ©demment, il prĂ©sentait les rĂ©sultats dâune enquĂȘte menĂ©e sur le public dâune sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e considĂ©rĂ©e comme culte Friends il Ă©voquait dĂšs les premiĂšres lignes la sĂ©rie et son » public. Ici, le public de la sĂ©rie Ă©tudiĂ© est celui qui se manifeste comme tel Ă travers les rĂ©ponses donnĂ©es par de jeunes individus Ă un questionnaire lycĂ©ens et Ă©tudiants. Lâanalyse du chercheur repose sur la notion de communautĂ© interprĂ©tative, soit un public, qui, Ă un moment donnĂ©, se reconnaĂźt et adopte le langage de ce produit » Esquenazi, 2002a 233. La mĂȘme annĂ©e, Jean-Pierre Esquenazi publie lâarticle Les non-publics de la tĂ©lĂ©vision » dans la revue RĂ©seaux. Il y propose une rĂ©flexion Ă©pistĂ©mologique autour des notions employĂ©es pour qualifier les spectateurs audience, rĂ©ception et public. Ce qui lâamĂšne Ă rappeler quâun public est dâabord un rassemblement de personnes qui ont quelque chose en commun » Esquenazi, 2002b 318, ainsi quâĂ oser une dĂ©finition des non-publics de tĂ©lĂ©vision ce sont les communautĂ©s dont les pratiques et les goĂ»ts ne sont pas conformes aux pratiques et aux goĂ»ts lĂ©gitimes » ibid. 322. Ceux qui savent inscrire leurs choix ou leurs jugements Ă lâintĂ©rieur dâune norme sociale du bon goĂ»t parviennent Ă faire partie dâun public ; mais ceux qui nâont que des goĂ»ts jugĂ©s âvaguesâ ou âmĂ©diocresâ sont rapidement inclus, quâils le veuillent ou non, Ă lâintĂ©rieur dâune foule, dâune masse ou dâune audience » id. 323. Sâinscrivant dans la continuitĂ© de la proposition thĂ©orique de Daniel Dayan, il prĂ©cise en effet que pour ĂȘtre remarquĂ©, un public doit en effet se manifester concrĂštement dans lâespace public » ; cependant, la rĂ©ception domestique des programmes tĂ©lĂ©visuels ne facilite pas de telles rĂ©actions collectives. DĂšs lors, selon le chercheur, les classes dominantes qui manifestent leur dĂ©sapprobation des contenus tĂ©lĂ©visuels sont un premier emblĂšme de constitution dâun public de⊠tĂ©lĂ©vision » id. 331. Ce faisant, Jean-Pierre Esquenazi appelait Ă un dĂ©veloppement des recherches sur la formation des non-publics ; appel qui peut aujourdâhui ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un Ă©lĂ©ment de rĂ©fĂ©rence dans le domaine de lâĂ©tude des publics, Ă la faveur notamment de cette enquĂȘte, de la rĂ©flexion sur les non-publics » qui lâaccompagne, et de la publication, en 2003, du manuel Sociologie des publics collection RepĂšres » des Ă©ditions La DĂ©couverte. Notons Ă©galement que Jean-Pierre Esquenazi est lâauteur de la contribution Les mĂ©dias et leurs publics », publiĂ©e dans le chapitre consacrĂ© aux Objets » dans le manuel Sciences de lâinformation et de la communication. Objets, savoirs, discipline, dirigĂ© par StĂ©phane Olivesi 2006. Ă ce sujet, il est intĂ©ressant de relever lâĂ©volution de la perception et de la dĂ©finition de la notion de public dans le champ de la communication lorsque Lucien Sfez coordonne en 1993 le Dictionnaire critique de la communication, il fait appel Ă Michel Souchon, sociologue de formation et praticien de la mesure dâaudience il fut successivement directeur des Ă©tudes de TF1, puis dâAntenne 2 et enfin de la PrĂ©sidence de France TĂ©lĂ©visions, pour la rĂ©daction de la notice Public/publics de tĂ©lĂ©vision ». Il sâagit alors de dĂ©crire la diversitĂ© des comportements tĂ©lĂ©spectatoriels Ă lâaune des donnĂ©es quantitatives proposĂ©es par les mesures dâaudience Il est possible, en se basant sur les banques de donnĂ©es construites par les instituts qui mesurent lâaudience, de dresser une sorte de cartographie des comportements des tĂ©lĂ©spectateurs » Souchon, 1993 1045. Mais Michel Souchon y rĂ©habilite surtout le grand public » en expliquant que, contrairement aux idĂ©es reçues, ceux qui regardent beaucoup la tĂ©lĂ©vision sont aussi ceux qui regardent une plus grande variĂ©tĂ© de genres de programmes notamment les informations et les documentaires tandis que les petits spectateurs » ne sont pas si sĂ©lectifs et exigeants quâon lâimagine. Une vingtaine dâannĂ©es plus tard, lorsque Jean-Pierre Esquenazi 2006 fait le point sur Les mĂ©dias et leurs publics », on comprend lâĂ©volution des problĂ©matiques la connaissance des publics doit se faire Ă partir des publics eux-mĂȘmes et de leurs capacitĂ©s dâinterprĂ©tation et dâappropriation, de restructuration, etc. 16 Citons, pour exemple, la publication collective Les publics de la culture, coordonnĂ©e par O. Donnat ... 12La promotion tardive â pour ne pas dire la rĂ©habilitation â en France des Cultural Studies par le chercheur en information-communication Ăric Maigret a Ă©galement eu pour effet de placer lâĂ©tude des publics au premier plan. Et de mettre en avant la variĂ©tĂ© des compĂ©tences que les publics mettent en Ćuvre dans lâactivitĂ© de rĂ©ception de messages tĂ©lĂ©visĂ©s Lâanalyse des publics des mĂ©dias et de la façon dont ils recevaient leurs messages a tout de suite montrĂ© que les individus nâĂ©taient pas des ĂȘtres passifs soumis au pouvoir des mĂ©dias. Ils manifestent au contraire des facultĂ©s diffĂ©rentes dâattention, de comprĂ©hension, dâinterprĂ©tation, dâacceptation ou de refus dans lesquelles leur situation personnelle et sociale joue un grand rĂŽle » Maigret, 2003 50. Lâimportation de ce renversement dâapproche des Cultural Studies sâaccompagne dâune volontĂ© de dĂ©passement du modĂšle sociologique de la domination et de la thĂ©orie critique classique qui, non seulement, hiĂ©rarchisent les pratiques culturelles, mais excluent de celles-ci la tĂ©lĂ©vision, mĂ©dia de lâaliĂ©nation par excellence, des masses, et de lâillĂ©gitime distraction facile16. Les chercheurs en SIC qui travaillent sur les Ă©tudes culturelles mobilisent les enquĂȘtes sur la culture de masse, sur les milieux populaires, les contre-cultures », les publics marginalisĂ©s, ainsi que les Ă©tudes sur les capacitĂ©s dâinterprĂ©tation des publics et sur les pratiques quotidiennes. Les thĂ©ories sur la lĂ©gitimitĂ© culturelle envisagent le rapport au mĂ©dia sur les modes de la manipulation et de la domination. Ăric Maigret et Ăric MacĂ© proposent de penser de maniĂšre combinĂ©e mĂ©dias et culture, et de ne pas considĂ©rer les pratiques mĂ©diatiques comme des actes indĂ©pendants, isolĂ©s, mais comme des Ă©lĂ©ments constitutifs des rapports sociaux. Ăric MacĂ© explique que les mĂ©dias et les reprĂ©sentations mĂ©diatiques sont indissociables de la sphĂšre publique notion quâil prĂ©fĂšre ici Ă celle dâespace public, dont ils peuvent ĂȘtre des scĂšnes des lieux dâexposition et/ou des acteurs. DĂšs lors, les publics ne sont plus des objets de recherche sur lesquels se focaliser en tant que tels les membres des publics sont des individus qui peuvent manifester leur sensibilitĂ© Ă une cause, un Ă©vĂ©nement, etc. qui se mĂ©diatise Ă un moment donnĂ©. Le public est une manifestation des rapports sociaux, il est un Ă©lĂ©ment de construction de la rĂ©alitĂ© Quâon sâintĂ©resse aux controverses publiques, aux reprĂ©sentations mĂ©diatiques ou Ă lâexpĂ©rience des âpublicsâ, câest au fond la mĂȘme chose quâon Ă©tudie la maniĂšre dont les mouvements culturels quâils soient conservateurs, rĂ©actionnaires ou transgressifs construisent conflictuellement la rĂ©alitĂ© Ă travers cette forme spĂ©cifique de mĂ©diation quâest la mĂ©diation mĂ©diatique » MacĂ©, 2005 42. Ainsi, Penser les mĂ©diacultures Maigret, MacĂ©, 2005 consiste Ă ne plus considĂ©rer les mĂ©dias comme objet central dans les activitĂ©s de rĂ©ception des individus. DĂšs lors, il sâagit de sâintĂ©resser aux expĂ©riences publiques plutĂŽt quâaux publics Une sociologie des publics est condamnĂ©e Ă disparaĂźtre pour rĂ©ussir pleinement et se transforme alors en sociologie de lâespace public et de lâexpĂ©rience, qui ne considĂšre pas les spectateurs ou les auditeurs comme isolĂ©s dans leur acte de rĂ©ception, mĂȘme sâils sont vus comme psychologiquement capables et socialisĂ©s, mais comme actifs au sein dâun espace de prises de position oĂč il sâagit de se faire entendre » Maigret, 2003 53. Conclusion 13Les SIC ont accompagnĂ© un mouvement de rĂ©habilitation des publics de tĂ©lĂ©vision sur la scĂšne acadĂ©mique. Puis, elles ont participĂ© du mouvement de stabilisation de la dĂ©finition des publics collectifs ne prĂ©existant pas au produit mĂ©diatique. Le mouvement le plus rĂ©cent est celui de lâappropriation qui se caractĂ©rise par la proposition de dĂ©finitions, non pas alternatives, mais prolongĂ©es, augmentĂ©es, qui devraient permettre de saisir davantage la complexitĂ© de lâactivitĂ© de rĂ©ception mĂ©diatique comme Ă©lĂ©ment constitutif des rapports des individus au monde qui les entoure. 14Lâon pourrait penser que les recherches sur les publics en sciences de lâinformation et de la communication relĂšvent dâun rendez-vous pas totalement rĂ©ussi » Boure, 2007 258, car elles ne sont pas si nombreuses et restent encore dĂ©connectĂ©es de recherches connexes en sociologie des publics de la culture musĂ©es, festivals, en sociologie de la consommation culturelle sociologie du loisir et des pratiques de sortie, notamment, en marketing ou en psychologie des publics, soit dâun ensemble de champs et terrains dont les apports croisĂ©s pourraient ĂȘtre beaucoup plus frĂ©quents. Les manifestations scientifiques consacrĂ©es Ă cet objet restent encore assez rares dans le champ disciplinaire des SIC, ainsi que les interventions sur lâobjet lors des congrĂšs comme ceux de la SFSIC, par exemple. Pour autant, lâon peut affirmer que les publics sont un objet aujourdâhui totalement lĂ©gitime en sciences humaines et sociales, et en SIC en particulier, ce dont tĂ©moigne la publication de ce numĂ©ro thĂ©matique de la Revue Française des sciences de lâinformation et de la communication. Haut de page Bibliographie Baltz Claude, La nĂ©buleuse Inforcom », RĂ©seaux, 1985, 13, p. 7-13. Bourdon JĂ©rĂŽme, Meadel CĂ©cile, dirs, Television audiences aroud the world, Palgrave MacMillan, 2014 Boullier Dominique, La conversation tĂ©lĂ©, Rennes, Lares, 1987. Boullier Dominique, La tĂ©lĂ©vision telle quâon la parle, Paris, Ăd. LâHarmattan, 2003. Bourdaa MĂ©lanie, Keep calm and join the fandom. 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Wolton a favorisĂ© le traitement de la problĂ©matique des publics ; en ce qui concerne particuliĂšrement le colloque Public et rĂ©ception » et le dossier Ă la recherche des publics », il est important de souligner le rĂŽle de passeur et de thĂ©oricien alors jouĂ© par D. Dayan, considĂ©rĂ© comme lâintroducteur de la problĂ©matique de la rĂ©ception en France cf. lâarticle maintes fois citĂ© Les mystĂšres de la rĂ©ception », 1992 pour une analyse plus dĂ©taillĂ©e de ce rĂŽle, voir SĂ©gur, 2010. 4 Dans lâarticle Les mystĂšres de la rĂ©ception, D. Dayan 1992 159-161 propose explicitement ce dĂ©placement Lâun des objectifs des Ă©tudes de rĂ©ception est alors de passer Ă lâĂ©tude de cette quatriĂšme fiction de proposer une ethnographie des modes dâautoreconnaissance des publics. [âŠ] Il leur Ă©choit de savoir comment se constituent les publics [âŠ] et de rĂ©flĂ©chir sur les consĂ©quences dâune telle constitution ». Ce programme est unanimement considĂ©rĂ© comme un tournant pour les recherches sur les tĂ©lĂ©spectateurs Un important travail de dĂ©construction de la notion de âpublicâ » Breton, Proulx, 2002 245 ; Ce renversement de point de vue sâaccompagne dâun âtournantâ mĂ©thodologique visant Ă repenser les outils et les modes de saisie des donnĂ©es, et aboutit, le plus souvent dans une perspective ethnographique, Ă des observations, entretiens, voire des sĂ©jours au sein de ce groupe exotique et mystĂ©rieux que constitue dĂ©sormais le public de tĂ©lĂ©vision » Le Grignou, 2003 3. 5 Comme cela nâest pas le propos principal de cet article, nous ne proposons que quelques illustrations du dĂ©veloppement de cette approche ; nous nous permettons de renvoyer le lecteur vers une autre publication pour une Ă©tude plus dĂ©taillĂ©e de la constitution rĂ©ticulaire de cette perspective de recherche SĂ©gur, 2010. 6 Pour Ă©tudier la rĂ©ception dâune sitcom populaire Ă succĂšs HĂ©lĂšne et les garçons, la sociologue des mĂ©dias D. Pasquier 1999 a dĂ©veloppĂ© trois dispositifs qui ont consistĂ© Ă envisager lâacte de rĂ©ception comme un acte du quotidien et comme un processus dâinterprĂ©tation et dâutilisation des images dans sa comprĂ©hension de la rĂ©alitĂ© lâobservation des comportements de jeunes tĂ©lĂ©spectatrices Ă domicile au moment de la diffusion du programme, la distribution dâun questionnaire Ă 700 collĂ©giens et lycĂ©ens sur les goĂ»ts en terme de sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es, ainsi que lâanalyse du courrier adressĂ© aux acteurs, reçu Ă la sociĂ©tĂ© de production, dans lequel les tĂ©lĂ©spectateurs manifestent leur appartenance au public des fans de la sĂ©rie. D. Pasquier a ainsi mis Ă jour le rĂŽle de cette sĂ©rie comme ressource identitaire, parmi dâautres, pour ces publics. Cette enquĂȘte a donnĂ© lieu Ă la publication dâun ouvrage, mais aussi de nombreux articles et chapitres dâouvrages collectifs plusieurs annĂ©es aprĂšs sa rĂ©alisation. 7 Quelques exemples I. Ang Culture et communication. Pour une critique ethnographique de la consommation des mĂ©dias », 1993, HermĂšs, 11-12 ; T. Liebes Ă propos de la participation des tĂ©lĂ©spectateurs », 1997, RĂ©seaux, hors sĂ©rie Sociologie de la communication » ; S. Livingstone Du rapport entre audiences et publics », 2004, RĂ©seaux, 126. 8 Quelques exemples P. Chambat, A. Ehrenberg TĂ©lĂ©vision, terminal moral », 1993, RĂ©seaux, hors sĂ©rie Sociologie de la tĂ©lĂ©vision » ; S. Proulx, Laberge Vie quotidienne, culture tĂ©lĂ©visuelle et construction de lâidentitĂ© familiale », 1995, RĂ©seaux, 70 ; S. Calbo Les manifestations de lâaffectivitĂ© en situation de rĂ©ception tĂ©lĂ©visuelle », 1998, RĂ©seaux, 90. 9 Notons que P. Sorlin a une bonne connaissance des rĂ©flexions proposĂ©es par D. Dayan, puisquâil avait Ă©tĂ© membre de son jury de thĂšse dans les annĂ©es 80 et a notamment contribuĂ© â par la rĂ©daction dâun compte rendu de lecture â Ă faire connaĂźtre en France lâouvrage Media Events 1992, coĂ©crit par Daniel Dayan et Elihu Katz enquĂȘte sur les publics des cĂ©rĂ©monies tĂ©lĂ©visĂ©es. 10 H. Romeyer, LâautoreflexivitĂ© tĂ©lĂ©visuelle en France, entre communication mĂ©diatique et espace public de dĂ©bat les cas ArrĂȘts sur images et Lâhebdo du mĂ©diateur », ThĂšse de doctorat en sciences de lâinformation et de la communication, UniversitĂ© Stendhal, Grenoble 3, 2004. 11 G. Le Saulnier G., La police nationale dans une sociĂ©tĂ© mĂ©diatisĂ©e. Des stratĂ©gies mĂ©diatiques de lâorganisation aux usages et rĂ©ceptions des mĂ©dias par la profession, ThĂšse de doctorat en sciences de lâinformation et de la communication, UniversitĂ© PanthĂ©on Assas, Paris, 2010. 12 G. GoasdouĂ© G., La construction des pratiques informationnelles par les publics des mĂ©dias », ThĂšse de doctorat en sciences de lâinformation et de la communication, UniversitĂ© PanthĂ©on Assas, Paris, 2012. 13 P. BialĂšs P., Les mĂ©canismes de reconnaissance et la mobilisation de publics dans la mĂ©diatisation du don humanitaire », ThĂšse de doctorat en sciences de lâinformation et de la communication, UniversitĂ© PanthĂ©on Assas, Paris, 2013. 14 Dans ce dossier, lâaudience nâest pas tant envisagĂ©e du point de vue des techniques de mesure des auditoires et lectorats, mais elle est plutĂŽt mise en perspective par lâentremise de la question de la connaissance des publics. 15 Signalons que G. Soulez a une bonne connaissance des travaux de D. Dayan, les deux chercheurs se sont cĂŽtoyĂ©s lors de manifestations scientifiques et se citent mutuellement cf. Dayan, 2002. 16 Citons, pour exemple, la publication collective Les publics de la culture, coordonnĂ©e par O. Donnat et P. Tolila en 2003, au sein de laquelle les papiers sur les publics des mĂ©dias peinent Ă trouver leur place, et se limitent » Ă deux textes sur une cinquantaine au total signĂ©s H. Glevarec et D. Pasquier dans un chapitre Culture jeune et publics juvĂ©niles ».Haut de page Pour citer cet article RĂ©fĂ©rence Ă©lectronique CĂ©line SĂ©gur, LâĂ©tude des publics de tĂ©lĂ©vision en SIC. Quelle Ă©volution conceptuelle ? », Revue française des sciences de lâinformation et de la communication [En ligne], 7 2015, mis en ligne le 30 septembre 2015, consultĂ© le 18 aoĂ»t 2022. URL ; DOI de page Auteur CĂ©line SĂ©gurCĂ©line SĂ©gur est maĂźtre de confĂ©rences en Sciences de lâinformation et de la communication et chercheuse au Centre de recherche sur les mĂ©diations UniversitĂ© de Lorraine. Ses travaux portent sur les figures de publics construites par les discours scientifiques, institutionnels et mĂ©diatiques ainsi que leurs enjeux sur les pratiques effectives. Elle a publiĂ© en 2010 lâouvrage Les recherches sur les tĂ©lĂ©spectateurs. Trajectoires acadĂ©miques aux Ă©ditions HermĂšs/ de page
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