SĂ©ries documentaires, podcasts radio. A voir et Ă  Ă©couter sur quatre nouvelles plateformes françaises. Salto est lancĂ©e aujourd’hui par ses fondateurs, France TĂ©lĂ©visions, TF1, M6. Cette nouvelle offre s’ajoute Ă  celles de TV5MONDEplus et les images, Radio France pour le son : il y a de quoi picorer d

MĂ©dias MĂ©diamĂ©trie vient de dĂ©voiler le classement des radios les plus Ă©coutĂ©es en France cet Ă©tĂ©. Comme l’an dernier, France Inter truste la premiĂšre place. France Inter conforte donc sa place de premiĂšre radio estivale avec une audience cumulĂ©e de 10,5 %. © EMERIC FOHLEN / NurPhoto / NurPhoto via AFP Le podium des radios les plus Ă©coutĂ©es de l’étĂ© 2021 ne change pas par rapport Ă  l’annĂ©e derniĂšre, dĂ©voile l’institut MĂ©diamĂ©trie. Sur la premiĂšre place figure une nouvelle fois France Inter. La radio est suivie par RTL, tandis que la troisiĂšme place est occupĂ©e par une autre station du service public, France classement qui, prĂ©cise MĂ©diamĂ©trie, ne vaut que pour l’étĂ©, durant lequel les radios mettent en place des grilles programmatiques spĂ©cifiques. Les statistiques estivales ne sont donc pas reprĂ©sentatives des performances Ă  l’annĂ©e des radios radio progresse lĂ©gĂšrement en 2021Dans le dĂ©tail, France Inter conforte donc sa place de premiĂšre radio estivale avec une audience cumulĂ©e de 10,5 %, en progression de 0,3 point par rapport Ă  la mĂȘme pĂ©riode de l’an dernier. RTL conserve aussi son deuxiĂšme rang, mais rĂ©duit l’écart avec la radio publique en augmentant son audience cumulĂ©e de 0,6 point Ă  9,2 %. France Info suit avec 8,1 % d’audience cumulĂ©e, perdant 0,3 point par rapport Ă  l’an LIRE AUSSIINFO LE POINT. M6-RTL NRJ Group candidat au rachatViennent ensuite NRJ 7,6 %, - 0,5 point, Nostalgie 6,2 %, - 0,2 point, Skyrock 6,1 %, + 0,7 point, France Bleu 5,3 %, - 0,9 point et RMC 5,2 %, - 0,4 point. En juillet et en aoĂ»t, 38,2 millions de Français de 13 ans et plus ont Ă©coutĂ© la radio en semaine pendant 2 h 40 en moyenne contre 2 h 37 l’étĂ© dernier, ce qui reprĂ©sente 130 000 auditeurs en plus que l’étĂ© prĂ©cĂ©dent, selon les donnĂ©es de MĂ©diamĂ©trie. Je m'abonne Tous les contenus du Point en illimitĂ© Vous lisez actuellement France Inter et RTL en tĂȘte des radios les plus Ă©coutĂ©es de l’étĂ© 8 Commentaires Commenter Vous ne pouvez plus rĂ©agir aux articles suite Ă  la soumission de contributions ne rĂ©pondant pas Ă  la charte de modĂ©ration du Point. Vous ne pouvez plus rĂ©agir aux articles suite Ă  la soumission de contributions ne rĂ©pondant pas Ă  la charte de modĂ©ration du Point.

AudienceDes MĂ©dias Tv Et Radio Sacre Reseau De Medias MĂ©dias Sans L'image Mais Avec Le Son Geant Des Medias Arbitre De Medias Influence Des Medias Faire Du Bruit Dans Les Un peu de baume au cƓur pour les radios françaises. Alors que la crise sanitaire et le tĂ©lĂ©travail, qui rĂ©duit l’écoute en voiture, ont beaucoup pesĂ© sur les audiences ces derniers mois, la radio se porte mieux. Elle a gagnĂ© plus de 400 000 auditeurs durant les mois de novembre et dĂ©cembre 2021 par rapport Ă  la mĂȘme pĂ©riode de 2020, selon les chiffres publiĂ©s ce jeudi matin dans l’enquĂȘte EAR Étude Audience Radio de MĂ©diamĂ©trie. Ils sont un peu moins de 41 millions de Français 40,84 millions exactement Ă  l’écouter chaque jour. De bon augure aprĂšs les 40,6 millions d’auditeurs Ă  la rentrĂ©e 2021. On assiste Ă  un retour en grĂące de la radio, le mĂ©dia de la mobilitĂ© par excellence. C’est une trĂšs bonne nouvelle ! » se rĂ©jouit RĂ©gis Ravanas, directeur gĂ©nĂ©ral des activitĂ©s audio du groupe M6, et donc patron de RTL, de RTL2 et de Fun Inter sabre le champagne. Elle est dĂ©sormais Ă©coutĂ©e chaque jour par prĂšs de 7 millions de fidĂšles 6,96 millions, soit une audience cumulĂ©e stable sur un an, Ă  12,7 %, mais une part d’audience dĂ©cevante qui recule de 1,1 point Ă  13,6 %. Jamais une radio n’avait atteint une telle audience. C’est une bonne rĂ©ponse Ă  ceux qui nous attaquent. On devrait presque remercier Éric Zemmour et Pascal Praud car ils nous ont encore renforcĂ©s ! » s’amuse une figure de la station matinale du 7/9, portĂ©e par Nicolas Demorand et LĂ©a SalamĂ©, est dĂ©sormais suivie quotidiennement par 4,3 millions d’auditeurs, toujours devant RTL Matin-Laissez-vous tenter avec Yves Calvi sur RTL, suivie entre 7 heures et 9 h 30 par 3,6 millions de personnes. La directrice de France Inter, Laurence Bloch, dont la succession agite dĂ©jĂ  les couloirs de la Maison, peut Ă©galement se rĂ©jouir. Son remplacement s’annonce complexe. La PDG de Radio France Sibyle Veil a peut-ĂȘtre tout intĂ©rĂȘt Ă  la garder jusqu’au printemps LIRE AUSSILa succession Ă  la tĂȘte de France Inter vire au casse-tĂȘteJulien Courbet et Pascal Praud dopent RTLRTL reste deuxiĂšme. Et un beau deuxiĂšme Ă©coutĂ© par environ 6 millions d’auditeurs chaque jour, soit une audience cumulĂ©e qui recule de 0,2 point Ă  11 %. Le navire amiral du groupe M6, en cours de fusion avec TF1, affiche une des plus belles progressions en part d’audience, 0,7 point sur un an, Ă  13,3 %. Ce critĂšre compte beaucoup pour les radios privĂ©es, car il leur permet de monnayer les spots publicitaires. RTL est vraiment dans une trĂšs bonne dynamique et rĂ©alise sa deuxiĂšme vague depuis 20 ans », souligne RĂ©gis Ravanas. Les plus belles croissances sont enregistrĂ©es par Julien Courbet 9 h 30-12 h 30 et Pascal Praud 13 heures-14 h 30.En progression constante durant les derniers trimestres, France Info hoquette. Elle reste la troisiĂšme radio de France. NĂ©anmoins, elle perd des auditeurs sur un an, peut-ĂȘtre en raison de la trĂšs forte actualitĂ© en 2020 liĂ©e Ă  l’élection de Joe Biden face Ă  Donald Trump aux États-Unis et au deuxiĂšme confinement en France. Son audience cumulĂ©e chute de 1 point, Ă  8,5 %, soit prĂšs de 4,7 millions d’auditeurs quotidiennement. Nos rĂ©sultats sont Ă  un bon niveau, dans la moyenne haute des audiences de la chaĂźne. Notre matinale pilotĂ©e par Marc Fauvelle est solide avec 2,4 millions d’auditeurs quotidiens. Notre ambition reste d’informer les Français avec fiabilitĂ©, impartialitĂ© et rigueur, alors que s’ouvre la pĂ©riode dĂ©cisive de l’élection prĂ©sidentielle », confie Jean-Philippe Baille, directeur de la radio LIRE AUSSI Il n’y a pas de blacklist Ă  France Info »RMC souffle, Europe 1 chute encoreQuatriĂšme, la station musicale NRJ de Jean-Paul Baudecroux baisse lĂ©gĂšrement - 0,1 point, Ă  8,1 % d’audience cumulĂ©e. À RMC, on respire enfin aprĂšs plusieurs vagues de recul et de perte d’auditeurs. L’audience cumulĂ©e de la radio du groupe Altice de Patrick Drahi reste stable Ă  6,1 % d’audience cumulĂ©e, Ă  3,3 millions d’auditeurs et reprend sa place devant France Bleu, Ă  6 % - 0,2 point sur un an. La meilleure performance de RMC est Ă  mettre au compte d’Estelle Denis, une belle recrue du dernier mercato des Europe 1, la radio de LagardĂšre, dont est dĂ©sormais actionnaire Ă  45 % le groupe Vivendi contrĂŽlĂ© par Vincent BollorĂ© et sa famille et qui fera bientĂŽt l’objet d’une offre publique d’achat, reste dans le dur. Son audience cumulĂ©e chute de 0,8 point, Ă  4,2 % et sa part d’audience de 0,5 point, Ă  3,9 %. À ce niveau si bas, il est trĂšs dur pour la station chĂ©rie par Arnaud LagardĂšre et qui, jadis, du temps de son pĂšre Jean-Luc LagardĂšre, a Ă©tĂ© la premiĂšre de France de compter sur de bonnes recettes publicitaires. Sa patronne Constance BenquĂ© en a conscience. AprĂšs avoir chamboulĂ© toute la grille Ă  la rentrĂ©e et notamment la matinale en plaçant aux manettes Dimitri Pavlenko, elle mise sur un redressement progressif. Arnaud LagardĂšre lui a promis du temps ».À la station de la rue des CĂ©vennes, dans le 15e arrondissement, on se console en mettant en valeur la soliditĂ© des aprĂšs-midi » portĂ©s par les rĂ©cits de Christophe Hondelatte 14-16 heures et StĂ©phane Bern accompagnĂ© de Matthieu NoĂ«l de 16 Ă  18 heures. Ces rĂ©sultats rĂ©compensent un engagement fort sur le territoire du rĂ©cit qui booste Ă  la fois sur l’écoute de la radio en linĂ©aire, mais Ă©galement l’écoute des podcasts de la station, Europe 1 ayant signĂ© une annĂ©e record sur le podcast 162 millions d’écoutes », pour les rĂ©sultats des radios gĂ©nĂ©ralistes. On notera Ă©galement la soliditĂ© de France Culture, en lĂ©gĂšre baisse - 0,1 point, Ă  3,1 % d’audience cumulĂ©e. La station dirigĂ©e par Sandrine Treiner se fĂ©licite d’avoir consolidĂ© ses audiences et d’ĂȘtre la deuxiĂšme radio la plus podcastĂ©e avec 36,8 millions d’écoutes Ă  la demande + 24 % en un an. Enfin, les IndĂ©s Radios plus de 130 antennes revendiquent une audience cumulĂ©e de 14,3 %, soit 7,8 millions d’auditeurs et une part d’audience Ă  11,6 % + 0,9 point sur un an.À LIRE AUSSIFrance Culture, la radio qui monte, qui monte
media, le quotidien des professionnels des mĂ©dias. Achetez nos derniers articles. F. MOULIN (RTL) : «Notre but est de proposer une info plus dynamique et plus proche des auditeurs» 4.50 € La sĂ©rie «House of the dragon», dĂ©rivĂ©e de la saga «Game of thrones», rĂ©alise le meilleur lancement d’une sĂ©rie HBO 4.50 €; J. SAPORITO (L’Équipe) : «Pour cette saison 2022-2023,
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CÎtérémunérations justement, Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard touchaient selon nos informations prÚs de 240 euros brut par numéro tourné de « Des chiffres et des

09h55, le 16 octobre 2019France 2, qui proposait une Ă©mission Ă©vĂ©nementielle sur le changement climatique, n’a sĂ©duit que 2,3 millions de tĂ©lĂ©spectateurs. Loin de France 3 et ses 4 millions de personnes devant Alexandra score encourageant, sans plus. Mardi soir, France proposait L’Emission pour la terre, prĂ©sentĂ© par Anne-Elisabeth Lemoine et Nagui, un programme Ă©vĂ©nementiel destinant Ă  sensibiliser le public au changement climatique et Ă  proposer des solutions concrĂštes. La formule a sĂ©duit 2,3 millions de personnes, soit 12,3% du public. Pas si mal, mais la deuxiĂšme chaine n’est en fait que quatriĂšme de la 3 devant TF1Elle a d’abord Ă©tĂ© devancĂ©e par France 3, qui comme la semaine derniĂšre, se maintient Ă  un excellent niveau grĂące Ă  sa sĂ©rie policiĂšre Alexandra Ehle, avec dans le rĂŽle-titre Julie Depardieu. Un peu plus de 4 millions de personnes avaient choisi cette fiction française 18%. Cela permet Ă  France 3 de devancer TF1, qui proposait deux nouveaux Ă©pisodes de la sĂ©rie amĂ©ricaine SWAT, finalement visionnĂ©s par 3,7 millions de personnes 15,9%.Enfin M6 complĂšte le podium grĂące Ă  un blockbuster amĂ©ricain, MalĂ©fique, qui a sĂ©duit 2,5 millions de cinĂ©philes. C’est aussi du cinĂ©ma qui permet Ă  W9 de remporter la bataille de la TNT. La VĂ©ritĂ© si je mens a en effet Ă©tĂ© visionnĂ© par tĂ©lĂ©spectateurs.

France3 arrĂȘte le jeu « Des chiffres et des lettres » en quotidienne remplacĂ© par « Duels en familles : le match des rĂ©gions » (Cyril FĂ©raud) France 3 arrĂȘte le jeu « Des chiffres et des lettres » en quotidienne remplacĂ© par « Duels en familles : le match des rĂ©gions » (Cyril FĂ©raud) Lire la suite Lire l'article. BFMTV audience “PremiĂšre Edition” + » TĂ©lĂ©matin
RĂ©sumĂ© Index Plan Texte Bibliographie Notes Citation Auteurs RĂ©sumĂ©s Qui consomme quelle information et comment ? » est la question canonique que nous voudrions poser ici, interrogation qui aurait pu ĂȘtre lancĂ©e dĂšs l’arrivĂ©e des mĂ©dias de masse mais qui a dĂ» attendre la deuxiĂšme moitiĂ© du XXe siĂšcle pour susciter des recherches vĂ©ritables. DĂšs lors, on a su que la consommation des informations est une pratique culturelle comme une autre les dĂ©terminations sociologiques sont donc fortes, telles le statut social, l’ñge, le lieu d’habitation
, liĂ©e aux autres les consommateurs de nouvelles sont aussi des visiteurs de musĂ©e ou de cinĂ©ma, et en perpĂ©tuelle mutation, tant technique le papier, les rĂ©cepteurs radio, les postes de tĂ©lĂ©vision, les ordinateurs, les ordinateurs mobiles, sans que les uns ne remplacent les autres que conceptuelle l’information se redĂ©finit au cours du temps, et l’on n'y a pas toujours inclus le people », le fait-divers ou la parodie, tout comme on ne s’est pas toujours intĂ©ressĂ© Ă  la construction du sens par les consommateurs finaux. Cet article a pour objectif de situer les orientations mĂ©thodologiques et thĂ©oriques qui se sont succĂ©dĂ©es, et parfois chevauchĂ©es, dans l’analyse des rĂ©actions des publics aux informations d’actualitĂ© en se situant prĂ©cisĂ©ment par rapport Ă  une dĂ©finition que la recherche en SIC a aussi fait Ă©voluer. “Who follows which information and how?” is the canonical question we would like to ask here. The interrogation could have been raised long time ago, with the arrival of mass media, but had to wait until the second half of the twentieth century to find its legitimacy. Since then, it’s established that the consumption of information is just like another cultural practice sociological determinations are strong, such social status, age, place of residence
, bound to other ones consumers of news are also visitors of museum or cinema, and in constant transformation, both technical paper, radios, televisions, computers, mobile computers, with no one replacing another and conceptual information is redefined over time, and not always included infotainment, trivial or local news, nor parodies – just as it was not always interested in the process of meaning by final consumers. The paper addresses methodological and theoretical issues, which used to follow one another and sometimes overlapped, about the reactions of the public to the news, and about the news as a questionable concept de page EntrĂ©es d’index Haut de page Texte intĂ©gral Introduction 1 RaphaĂ«l Garrigos et Isabelle Roberts, 2012. Grand-messe faut-il jeter le JT ? ». LibĂ©ration dĂąt ... 2 Barrie Gunter. Poor Reception Misunderstanding and Forgetting Broadcast News. Hillsdale, NJ Law ... 1On a l’impression que l’information occupe une place Ă©norme dans la vie quotidienne les journaux, les nouvelles Ă  la radio, le journal tĂ©lĂ©visĂ©, les journaux sur tablette, ou le service Google ActualitĂ©s
 Ă  tel point qu’on parle du journal tĂ©lĂ©visĂ© comme d’une grand-messe » quotidienne1, comme si tout le monde s’y adonnait. Cela vient sans doute du fait que l’offre s’est sans cesse renouvelĂ©e par exemple, en 30 ans aux États-Unis 1950 Ă  1980, on est passĂ© de 2,5 h / semaine qui lui sont consacrĂ©es Ă  70 h / semaine2 ; de mĂȘme, on a assistĂ© Ă  une multiplication de chaĂźnes d’information en continu, radio ou tĂ©lĂ©visĂ©es CNN en 1980, LCI en 1994. 2Par ricochet, on aurait pu s’attendre Ă  ce que l’attention portĂ©e par les chercheurs aux publics de l’information pĂ»t ĂȘtre aussi grande on aurait dĂ» pouvoir savoir exactement qui Ă©coute quoi Ă  quel moment, qui lit l’information sur les engrais agricoles dans les annĂ©es 1920, quel est le spectateur-type du journal tĂ©lĂ©visĂ© de 23 h, quelles sont les pratiques de remĂ©moration des informations diffusĂ©es par tel rĂ©seau social numĂ©rique en 140 signes
 Las ! les comportements des publics de l’information sont relativement mal Ă©tudiĂ©s d’abord ils ont mis du temps Ă  l’ĂȘtre, ensuite les mĂ©thodes ont beaucoup Ă©voluĂ©, enfin il a fallu s’adapter en permanence aux supports, sans cesse changeants. 3 Arcenas, Elvira Medina. “Communication” in the making of academic communication. ThĂšse de doctorat, ... 4 Gustave Le Bon, Psychologie des foules. Paris Édition FĂ©lix Alcan, 9e Ă©dition, 1905 1895. 3Il y a des raisons Ă  cela par exemple, l’apparition d’un discours spĂ©cialisĂ© sur les mĂ©dias est tardif. Les Sciences de l’information et de la communication n’apparaissent en France que dans les annĂ©es 1970 ; les media studies » et autres communication studies » n’étaient guĂšre plus anciennes le premier doctorat en communication est dĂ©cernĂ© en 1948 Ă  l’UniversitĂ© de l’Iowa3. Il y a Ă©galement l’écueil des thĂ©ories sur la foule » Quant Ă  la presse, autrefois directrice de l’opinion, elle a dĂ», comme les gouvernements, s’effacer devant le pouvoir des foules », se lamentait le catastrophiste Le Bon4, popularisĂ©es par Tchakhotine, Domenach et autres penseurs de la propagande. 4Pour retracer l’histoire des Ă©tudes d’audience de l’information, il faut donc Ă©voquer les travaux autant hexagonaux qu’internationaux, tant en science politique, en histoire des mĂ©dias ou en sociologie des mĂ©dias et de la culture, dans la mesure oĂč la recherche française sur les publics s’est nourrie Ă  la fois des Cultural Studies britanniques et Ă  la fois des travaux de la sociologie empirique amĂ©ricaine menĂ©s par Lazarsfeld que Stoetzel, Cazeneuve et Friedmann vont largement populariser en France. Trouvera-t-on une originalitĂ© des travaux français ? Peut-ĂȘtre, en observant que les SIC ont Ă©largi le champ pour y inclure des genres qui n’étaient que trĂšs lointainement liĂ©s au politique le fait divers, le sport, par exemple
 5Cet article resituera les orientations mĂ©thodologiques et thĂ©oriques, les approches quantitatives et qualitatives qui se sont succĂ©dĂ©es, et parfois chevauchĂ©es, dans l’analyse des rĂ©actions des publics Ă  l’actualitĂ© en se situant prĂ©cisĂ©ment par rapport Ă  une dĂ©finition de ce que l’on entend par information d’actualitĂ© dĂ©finition que la recherche en SIC a aussi faite Ă©voluer. Dans un premier temps, nous nous attacherons Ă  montrer que c’est l’information politique qui, depuis le xixe siĂšcle, a Ă©tĂ© placĂ© au rang d’élĂ©ment digne d’analyse pour envisager et comprendre les publics, tandis que la polymorphie des discours journalistiques Ă  propos de ce qui serait une information » est apparue plus tardivement, donnant lieu alors Ă  des travaux de recherche qui dĂ©placent les enjeux politiques en resituant les discours portĂ©s dans et sur les arĂšnes civiques et publiques en Ă©mergence. Le public de l’information, un concept dur Ă  naĂźtre 5 Voir CĂ©cile MĂ©adel, Quantifier le public, Histoire des mesures d’audiences de la radio et de la tĂ©l ... 6L’histoire des Ă©tudes d’audience montre que l’intĂ©rĂȘt a d’abord Ă©tĂ© portĂ© par une prĂ©occupation quantitative » l’apparition de la radio, puis de la tĂ©lĂ©vision, a donnĂ© une floraison d’études dĂ©mographiques du public5, proposant une vision Ă©troite du paradigme de l’audience, avant que les sciences sociales et plus particuliĂšrement les SIC françaises proposent une approche qualitative des publics. La preuve par le nombre 6 Ivan Chupin, Nicolas HubĂ© et Nicolas Kaciaf, Histoire politique et Ă©conomique des mĂ©dias en France. ... 7 VeillĂ©, citĂ© par MĂ©adel, op. cit., pp. 22-23 et 48. 7Pendant longtemps, le seul moyen de connaĂźtre le public de l’information a Ă©tĂ© la mesure de la diffusion du support de l’information les chiffres de vente semblaient faire Ă©tat de la consommation de l’information ; pour la presse, le nombre d’ Ă©ditions » par jour semblait pertinent, tout comme le nombre de copies l’annonce qu’on vendait 2 millions de copies par jour du Petit journal, par exemple6, valait certificat de lectorat
 ; pour la radio puis la tĂ©lĂ©vision, le nombre de rĂ©cepteurs radios 1 million de rĂ©cepteurs en France en 1929, 5 millions en 1939
, le nombre de lettres reçues au service du Courrier des lecteurs, voire la courbe de consommation de l’électricitĂ© ou finalement le nombre d’assujettis Ă  la redevance7 remplissaient le mĂȘme rĂŽle. Aujourd’hui, des organismes indĂ©pendants se chargent de certifier les audiences, point de dĂ©part de la nĂ©gociation des prix de placement publicitaire. 8 À la fin du xixe siĂšcle, les sciences sociales s’emparent de la notion et conceptualisent le publ ... 9 LoĂŻc Blondiaux. La fabrique de l’opinion. Une histoire sociale des sondages. Paris Seuil, 1998. 10 Ibid., p. 163. 8Sans entrer dans des considĂ©rations Ă©pistĂ©mologiques, pourtant riches pour expliquer une certaine cĂ©citĂ© Ă  la notion de public8, on sait qu’à la mĂȘme Ă©poque existait Ă©galement la possibilitĂ© de connaĂźtre plus finement le public, en suivant la voie ouverte par les premiĂšres Ă©tudes de science politique tout lecteur est un Ă©lecteur potentiel et, en retour, toute information sur les intentions de vote est une information vendable. Les premiĂšres Ă©tudes sur le public de l’information sont donc tirĂ©es de l’analyse des votes de paille » straw polls organisĂ©s par les journaux amĂ©ricains Ă  la veille des premiĂšres Ă©chĂ©ances Ă©lectorales au suffrage universel, dĂšs le dĂ©but du xixe siĂšcle la date de 1824 est Ă  cet Ă©gard emblĂ©matique9. Il s’agissait alors de mesurer les tendances politiques des AmĂ©ricains et tous les moyens semblaient bons10 comptage du nombre de toasts portĂ©s Ă  l’un ou l’autre des candidats lors des cĂ©rĂ©monies du 4 juillet, dĂ©pouillement de livres de vote poll books oĂč chacun inscrivait son choix personnel avant l’élection — mais aussi millions de questionnaires diffusĂ©s au dos d’un bulletin d’abonnement le plus connu, le chic Literary Digest, reçut plus de 2 millions de rĂ©ponses Ă  un questionnaire diffusĂ© par courrier Ă  17 millions d’exemplaires ou cortĂšge de voitures du New York Daily News qui se dĂ©plaçaient dans les rues de la ville, haranguant et sollicitant les futurs Ă©lecteurs. 9La postĂ©ritĂ© des votes de paille est plus grande qu’on ne l’imagine le procĂ©dĂ© continue d’ĂȘtre utilisĂ© aujourd’hui, et de nombreux organes de presse le Figaro ou le Parisien, par exemple, sans oublier certains rĂ©seaux sociaux numĂ©riques, proposent des votes » ou des questions du jour » Ă  leurs lecteurs. On peut ainsi savoir que les lecteurs du Parisien sont minoritaires 39 % Ă  s’avouer choquĂ©s par les sifflets qui ont accueilli le PrĂ©sident de la RĂ©publique le jour du 11 novembre Figure 1 ; on ne sait rien du nombre de votants, ni de leur qualitĂ© ; on suppute que ce sont des lecteurs du Parisien. Figure 1. Un vote de paille » Ă  l’ùre moderne la question du jour » du quotidien Le parisien, le 12 novembre 2013 10Et naturellement, de la mĂȘme maniĂšre qu’il y a 200 ans, les biais sont nombreux ; pour n’en citer qu’un la fraude cela ne coĂ»te que 16 € pour acheter 100 votes auprĂšs de l’une des sociĂ©tĂ©s spĂ©cialisĂ©es dans la vente d’électeurs fictifs, comme Au xixe siĂšcle, le fait de chercher Ă  connaĂźtre les intentions de vote, pour infondĂ©es qu’elles Ă©taient Ă©chantillon mal constituĂ©, protocole de prĂ©lĂšvement instable, questions orientĂ©es, etc., Ă©tait une maniĂšre de s’interroger sur la constitution d’un public de l’information ; c’était une façon de dĂ©crire le champ politique non plus seulement comme un agrĂ©gat de lecteurs, mais comme une gĂ©opolitique liĂ©e aux options Ă©ditoriales choisies par les Ă©quipes journalistiques. 11Cette premiĂšre maniĂšre d’aborder l’information journalistique, liĂ©e aux affaires publiques », a profondĂ©ment marquĂ© le champ d’études on peut mĂȘme affirmer que la recherche dite administrative, fondĂ©e par un Lasswell devenu canonique en Sciences de l’information et de la communication, dĂ©rive directement de ce souci de connaĂźtre un Ă©lectorat par les mĂ©dias qu’il frĂ©quente. 11 Martin, Marc. Trois siĂšcles de publicitĂ© en France. Paris Odile Jacob, 1992. 12 Natale, citĂ©e par MĂ©adel, op. cit., pp. 49-50. 12Alors que la presse continue de compter ses exemplaires soit par des organismes tels l’Office de justification des tirages [OJT], soit parfois par l’intermĂ©diaire de dĂ©clarations sur l’honneur » comme en France jusque dans les annĂ©es 195011, les Ă©tudes d’audience par sondage se multiplient. Dans les annĂ©es 1920 et 1930, on voit fleurir des Ă©tudes de ce type, dans un nuage de suspicion scientifique, en Italie dĂšs 1927, en Grande-Bretagne dĂšs 1930, au Danemark dĂšs 1931, au Japon dĂšs 1932, aux USA dĂšs 1935, La statistique rend pluriel le public, les publics 13 Hugh Malcolm Beville Jr. The ABCD’s of Radio Audiences ». The Public Opinion Quarterly. vol. 4, n ... 13Les premiĂšres rĂ©gularitĂ©s statistiques se font jour. Ainsi en 1940 l’étude de Beville13 pointe-t-elle les diffĂ©rences de revenus plus on est riche, moins on Ă©coute le divertissement Ă  la radio, par exemple ; ou les types de programme certaines Ă©missions de nouvelles, comme March of Time, sont clivantes et suivies deux fois moins par les auditeurs des catĂ©gories les plus pauvres que par ceux des catĂ©gories les plus riches ; et certains paradoxes les membres des classes les plus riches ne sont pas les plus nombreux ; aussi, en dĂ©pit de faibles taux d’audience dans les classes les moins riches, observe-t-on une part de marchĂ© importante. 14 Paul F. Lazarsfeld & Rowena Wyant. Magazines in 90 Cities. Who Reads What ? ». The Public Opinion ... 14De mĂȘme, Lazarsfeld et Wyant14 notaient dĂšs 1937 que l’ñge avait une incidence sur la lecture de magazines plus on est vieux, plus on en lit, ainsi que l’activitĂ© Ă©conomique un grand taux d’industrialisation d’une ville dĂ©termine la faible taille du lectorat, les pratiques culturelles une pratique cinĂ©matographique assidue est corrĂ©lĂ©e Ă  une pratique de lecture importante ; la lecture de Vogue est liĂ©e Ă  celle de Vanity Fair, etc. 15 Elihu Katz & Paul Lazarsfeld. Influence personnelle. Paris Armand Colin, 1955 2008. 16 Arcenas, Elvira Medina. Op. cit. 15À partir de 1948 Lazarsfeld, Berelson et Gaudet et surtout 1954 Berelson, Lazarsfeld et McPhee, les Ă©tudes sur le lectorat de la presse et l’auditoire de la radio se prĂ©cisent davantage non seulement on Ă©tablit avec fermetĂ© le crible sociographique, jamais dĂ©menti depuis les classes aisĂ©es Ă  haut capital culturel sont les plus consommatrices de nouvelles de toute sorte, mais surtout on met en place un questionnement sur la circulation de l’information et de l’opinion politique15. Dans ce modĂšle qu’on qualifiera de fonctionnaliste amĂ©ricain », une distinction est Ă©galement proposĂ©e entre d’un cĂŽtĂ© une information diffusĂ©e essentiellement par les mĂ©dias et de l’autre une opinion diffusĂ©e majoritairement par les rĂ©seaux interpersonnels on invente Ă  cette Ă©poque des notions de leaders d’opinion » [influential] et des groupes d’appartenance » qui ne recoupent pas forcĂ©ment les groupes sociaux prĂ©cĂ©demment admis. On remarque enfin l’importance des variables de genre les hommes sont vus comme plus lĂ©gitimes que les femmes en matiĂšre d’affaires publiques » et d’ñge les jeunes sont discrĂ©ditĂ©s a priori qui interviennent pour former in fine un stĂ©rĂ©otype de l’influenceur en matiĂšre d’affaires publiques un homme, dans la force de l’ñge, avec une profession reconnue et une Ă©ducation supĂ©rieure caractĂ©ristiques attachĂ©es Ă  l’influenceur mais non aux consommateurs d’informations lambda. Le dĂ©placement du questionnement entre une audience auparavant repĂ©rĂ©e seulement par des caractĂ©ristiques sociographiques et dĂ©sormais Ă©clatĂ©e en consommateurs d’information et diffuseurs d’opinion marque profondĂ©ment le champ des Ă©tudes sur la communication ; c’est Ă  la mĂȘme pĂ©riode qu’on voit apparaĂźtre une nouvelle discipline aux États-Unis16, les communication studies, qui donne naissance en France quelques annĂ©es plus tard aux Sciences de l’information et de la communication. 16La mesure des lectorats, des auditorats et des audiences en gĂ©nĂ©ral est laissĂ©e peu Ă  peu aux organismes privĂ©s, cabinets d’études, instituts divers d’inspiration universitaire mais versĂ©s dans la recherche lucrative. Ainsi peut-on documenter des tendances lourdes cf. Figure 2, et mesurer comment les Occidentaux s’informent. Figure 2. Sources d’information du public, 1991-2012. Question OĂč avez-vous regardĂ©/entendu les informations hier ? », n = 3 003. Source Pew Research Center, 2012. Trends in News Consumption 1991-2012 » In Changing News Landscape, Even Television is Vulnerable. 27 septembre. Washington 17 Olivier Donnat dir.. Les pratiques culturelles des Français. Paris Documentation française, 200 ... 17On voit ainsi que, depuis 20 ans, l’accĂšs Ă  l’information est liĂ© de moins en moins Ă  la lecture assidue des quotidiens d’information, qu’en la matiĂšre la radio et la tĂ©lĂ©vision subissent une perte d’audience simultanĂ©e et que le xxie siĂšcle connaĂźt, sans qu’il n’y ait de rapport statistique car le phĂ©nomĂšne lui est trĂšs postĂ©rieur, une fulgurante ascension des supports sur Internet. Ces donnĂ©es amĂ©ricaines sont trĂšs largement corroborĂ©es par les Ă©tudes françaises, ne fĂ»t-ce que par les enquĂȘtes de l’INSÉÉ sur les pratiques culturelles on voit par exemple qu’en 1973 les Français Ă©taient 55 % Ă  lire un quotidien, et qu’ils ne sont plus que 29 % en 2008, soit deux fois moins17. 18 Dumartin, Sylvie et CĂ©line Maillard. Le lectorat de la presse d’information gĂ©nĂ©rale », Division ... 19 Olivier Donnat, 2009. Ibid. 18Mieux, au tournant du millĂ©naire, les dĂ©terminations sociologiques sont toujours dĂ©tectables, et toujours actives l’intĂ©rĂȘt pour la presse quotidienne nationale et les magazines croĂźt avec le niveau de diplĂŽme et les revenus18 ; les vieux lisent davantage la presse d’actualitĂ© que les jeunes 49 % contre 10 % et suivent davantage les sites et blogs en rapport avec l’actualitĂ© 58 % contre 17 % ; les patrons s’intĂ©ressent davantage que les ouvriers Ă  l’actualitĂ©, que ce soit sur papier 35 % contre 21 % ou sur Internet 42 % contre 27 % ; les ruraux achĂštent davantage de journaux que les urbains 34 % contre 27 % quoiqu’ils ne frĂ©quentent pas encore ? les sites Web qui y sont consacrĂ©s 29 % des ruraux contre 62 % des Parisiens !
19 20 Andrew Stern. Étude pour la National Association for Broadcasting 1971 citĂ©e par François de Clos ... 21 W. Russell Neuman. Patterns of recall among television viewers ». Public Opinion Quarterly. vol. ... 22 John Stauffer & Richard Frost & William Rybolt. The Attention Factor in Recalling Network Televis ... 19Enfin, les recherches sur le comportement cognitif des consommateurs d’information ont achevĂ© de contraster le portrait d’un acteur uniforme et prĂ©visible. Les chiffres sont cruels dans une Ă©tude de 1971, 51 % des tĂ©lĂ©spectateurs sont incapables de citer ne fut-ce qu’une information tirĂ©e du journal tĂ©lĂ©visĂ© vu quelques heures auparavant20
 Dans une autre de 1976, ceux des tĂ©lĂ©spectateurs qui se souvenaient de quelque chose ne parvenaient Ă  citer en moyenne que 1,2 information sur la vingtaine qui composaient le journal tĂ©lĂ©visĂ© et, en tout premier lieu, la prĂ©vision mĂ©tĂ©orologique du lendemain21
 Dans une autre de 1983, on prĂ©venait les tĂ©lĂ©spectateurs qu’on allait les interroger ceux qui Ă©taient prĂ©venus peinaient presqu’autant que les autres qui ne l’étaient pas en moyenne, 3 au lieu de 2 informations, sur les 13 proposĂ©es dans le journal22. 23 Michel Souchon, Le vieux canon de 75 ». HermĂšs. 1993, nos 11-12, p. 241. 24 Dominique Pasquier, Des audiences aux publics le rĂŽle de la sociabilitĂ© dans les pratiques cult ... 20Aujourd’hui comme hier, les Ă©tudes quantitatives montrent donc des inĂ©galitĂ©s fortes en matiĂšre d’accĂšs aux sources d’information on oublie souvent surtout les universitaires ! que tout le monde » ne consomme pas l’information de maniĂšre quotidienne, et que tout le monde ne le fait pas de la mĂȘme maniĂšre. Le public des Ă©missions Ă  petit public n’est pas composĂ© des “petits tĂ©lĂ©spectateurs”, mais d'une fraction du “grand public”. S'il y a des spectateurs pour les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s, les magazines et les documentaires, c’est parce que les gens qui utilisent beaucoup la tĂ©lĂ©vision les regardent », remarquait Michel Souchon23. Mais, la plupart des enquĂȘtes quantitatives pĂȘchent souvent par leur aspect descriptif, piĂ©gĂ©es qu’elles sont dans une gangue paradigmatique du modĂšle de l’audience qui ne serait qu’un agrĂ©gat mathĂ©matique. Or, quand on ne fait que compter ceux qui regardent, on ne sait rien de ce qu’ils ont vu », rappelait Dominique Pasquier24. Et l’usager ? le modĂšle texte / lecteur 21Alors que les recherches se situant au sein du courant fonctionnaliste amĂ©ricain conduisent Ă  l’effacement de la question des effets des mĂ©dias devant celle des usages des consommateurs, parallĂšlement, les enquĂȘtes sur les publics de l’information politique s’orientent peu Ă  peu vers les problĂ©matiques de la rĂ©ception. 25 Stuart Hall, Codage / dĂ©codage », RĂ©seaux, nÂș 68, p. 29. 26 Gustave Le Bon mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste, de Ivan Pavlov mĂ©decin physiologiste et Serge Tchakhotine ... 27 Le dualisme Ă©mission / rĂ©ception n’est pas absent du discours journalistique lui-mĂȘme. Ainsi le voi ... 22Dans les annĂ©es 1970, les Anglo-saxons et plus particuliĂšrement les Britanniques entament ce travail, visant Ă  se focaliser sur la question des diffĂ©rentes lectures et interprĂ©tations des programmes, en fonction notamment de l’origine sociale et culturelle des tĂ©lĂ©spectateurs. Un article de Stuart Hall25, publiĂ© en 1980, fait valoir que le tĂ©lĂ©spectateur doit partager le code de l’émetteur, c’est-Ă -dire que le message est encodĂ© » d’une certaine maniĂšre selon les conditions techniques, sociales, politiques qui n’est pas nĂ©cessairement partagĂ©e par le rĂ©cepteur. Hall propose trois modalitĂ©s de perception du sens dominante, nĂ©gociĂ©e, oppositionnelle. En dĂ©passant le modĂšle de la seringue hypodermique » celui de Le Bon, de Pavlov ou de Tchakhotine26 mais aussi celui des perceptions sĂ©lectives » de la sociologie empirique amĂ©ricaine, ce texte ouvre la voie Ă  une sociologie de la rĂ©ception, ce qui sera utile ensuite pour comprendre l’usage de l’information par un 28 Émission qui prĂ©sentait l’actualitĂ© sur le mode du divertissement diffusĂ©e Ă  la fin des annĂ©es 1970 29 David Morley, The “Nationwide” Audience Structure and Decoding, London, British Film Institute, 1 ... 30 Brigitte Le Grignou & Érik Neveu, Émettre la rĂ©ception prĂ©mĂ©ditations et rĂ©ceptions de la polit ... 23David Morley confirme en partie les hypothĂšses des types de lecture dominante, nĂ©gociĂ©e et oppositionnelle, en Ă©tudiant les tĂ©lĂ©spectateurs du programme d’information britannique Nationwide28 choisis en fonction de leur milieu social, de leur niveau d’études et de leur statut professionnel. Il nuance toutefois, en montrant notamment qu’on ne peut rĂ©duire le dĂ©codage d’une Ă©mission au seul positionnement socio-Ă©conomique du tĂ©lĂ©spectateur29. Dans le cas français et sur la question du rapport Ă  l’information politique, Érik Neveu et Brigitte Le Grignou ont Ă©tudiĂ© les tĂ©lĂ©spectateurs des programmes politiques tĂ©lĂ©visĂ©s des annĂ©es 1980, et ils concluent, Ă  l’instar des chercheurs des Cultural Studies, Ă  des tactiques, bricolages » et braconnages » dans les modes d’appropriation des destinataires de ces programmes30. 31 Cf. Ien Ang, Watching Dallas Soap Opera and the Melodramatic Imagination, Londres Methuen, 1985 ... 32 Daniel Dayan & Elihu Katz, La TĂ©lĂ©vision cĂ©rĂ©monielle. Paris PUF, 1996. 33 Daniel Dayan, Les mystĂšres de la rĂ©ception ». Le DĂ©bat. NÂș 71, 1992, p. 145 24La sociologie de la rĂ©ception se fonde alors sur ce que l’on a coutume d’appeler le modĂšle texte / lecteur ». Ce dernier n’a pas Ă©tĂ© conceptualisĂ© pour les recherches sur la rĂ©ception des programmes d’information, loin de lĂ 31, mais il peut fonctionner aussi pour ce type de contenus, comme l’ont montrĂ© les travaux de Daniel Dayan et Elihu Katz sur les cĂ©rĂ©monies tĂ©lĂ©visĂ©es32 et que Daniel Dayan explicite dans son texte de rĂ©fĂ©rence Les mystĂšres de la rĂ©ception ». Dayan met en avant le fait qu’un texte n’existe que par la lecture qui en est faite, lecture qui Ă©chappe au sens premier du texte donnĂ© par l’auteur. On voit que le modĂšle texte-lecteur permet de poser d’une façon nouvelle le problĂšme de l’influence exercĂ©e par les mĂ©dias. Ce pouvoir semble Ă©chapper aux textes diffusĂ©s pour devenir celui des rĂ©cepteurs, apparemment Ă©mancipĂ©s d’une influence qu’ils peuvent filtrer par leur capacitĂ© de rĂ©sistance, d’interprĂ©tation et de rĂ©interprĂ©tation », explique-t‑ Et l’usager de l’information ? La recherche française axĂ©e sur le discours 34 Vincent Goulet rĂ©affirme que la frĂ©quentation des mĂ©dias d’information dĂ©pend directement des for ... 25Les Ă©tudes menĂ©es notamment par David Morley sur les Ă©missions d’actualitĂ© nĂ©cessitent la mise en place de dispositifs de collectes de donnĂ©es tels les groupes de discussion ou focus group que la recherche française a ignorĂ© en grande partie, leur prĂ©fĂ©rant plutĂŽt des Ă©tudes sur les discours portĂ©s par les usagers des mĂ©dias Ă  propos des programmes citons nĂ©anmoins la rĂ©cente enquĂȘte ethnographique de grande ampleur sur les mĂ©dias et classes populaires » menĂ©e par Vincent Goulet sur laquelle nous reviendrons34. 35 Serge Proulx dir., AccusĂ© de rĂ©ception. Le tĂ©lĂ©spectateur construit par les sciences sociales, Pa ... 36 CĂ©line SĂ©gur, Les recherches sur les tĂ©lĂ©spectateurs, trajectoires acadĂ©miques, Paris HermĂšs Lavo ... 37 Le CÉCMAS Centre d’études de communication de masse devient en 1973 le CÉTSAS Centre d’études tr ... 26Si les diffĂ©rents biais engendrĂ©s par les enquĂȘtes ethnographiques auprĂšs des tĂ©lĂ©spectateurs peuvent faire comprendre la mĂ©fiance des chercheurs francophones vis-Ă -vis de cette mĂ©thodologie Le tĂ©lĂ©spectateur est construit Ă  travers le regard de celui qui l’observe », rappelle Serge Proulx35, on peut penser que ces choix mĂ©thodologiques sont davantage guidĂ©s par le poids de la tradition de la recherche structuraliste et sĂ©miologique qui a, dĂšs le dĂ©part, irriguĂ© les recherches sur les mĂ©dias en France. Il faut noter Ă  cet Ă©gard le poids du CÉCMAS Centre d’études des communications de masse, premier laboratoire de recherche en France qui prend pour objet les contenus mĂ©diatiques, et qui rĂ©unissait, Ă  sa crĂ©ation en 1960, un sociologue du travail, Georges Friedmann, un sociologue des mĂ©dias de masse, Edgar Morin, et un linguiste et sĂ©miologue, Roland Barthes. Le Centre a favorisĂ© la publicisation des discours sur les mĂ©dias de masse mais il a finalement peu publiĂ© sur ces sujets, comme l’a montrĂ© CĂ©line SĂ©gur36 dans son histoire de la constitution du champ de recherche sur les tĂ©lĂ©spectateurs, oĂč elle souligne notamment les rĂ©orientations thĂ©oriques du CÉCMAS au travers de ces multiples changements de nom qui traduisent des changements disciplinaires37 l’étude des communications de masse y est progressivement abandonnĂ©e on remarque le mĂȘme processus dans la politique Ă©ditoriale de la revue savante Communications qui en est l’émanation. Les SIC sont marquĂ©es par cette genĂšse, inscrivant tardivement la rĂ©ception parmi les axes de recherches prioritaires de la discipline cet ancrage apparaĂźt dans les annĂ©es 1980 avec des sociologues français comme Dominique Wolton au CNRS, ou Dominique Pasquier Ă  l’ÉHÉSS. 38 Dominique Boulier, Les styles de relation Ă  la tĂ©lĂ©vision », RĂ©seaux, hors sĂ©rie Sociologie de ... 39 Dominique Boulier, La TĂ©lĂ©vision telle qu’on la parle, Paris L’Harmattan, 2004. 27Les chercheurs français se penchent donc davantage sur la rĂ©ception des messages mĂ©diatiques. Elle se fait, prioritairement, via l’étude des discours portĂ©s a posteriori sur les programmes et les Ă©vĂ©nements. Ainsi, dans son Ă©tude des conversations tĂ©lĂ©, Dominique Boullier38 s’entretient-il avec des tĂ©lĂ©spectateurs sur les styles de relation » Ă  la tĂ©lĂ©vision et cherche Ă  fonder une typologie des diffĂ©rents rapports entretenus face Ă  ce mĂ©dium et donc construits aussi par rapport Ă  des discours sociaux ambiants il montre ainsi que la rĂ©ception de la tĂ©lĂ©vision est travaillĂ©e par les discours qui portent un dĂ©ficit de lĂ©gitimitĂ© sur le medium lui-mĂȘme. Il aura aussi recours Ă  la mise en place d’un dispositif de collecte de donnĂ©es a posteriori via le recueil de conversations tĂ©lĂ© » notamment sur les lieux de travail des tĂ©lĂ©spectateurs. En 2004, dans La TĂ©lĂ©vision telle qu’on la parle, il s’appuie sur une Ă©tude de courriers de tĂ©lĂ©spectateurs pour approfondir cette typologie des discours portĂ©s sur les programmes39. 40 Voir notamment Michael Harzimont, Le courrier des lecteurs. Entre co-construction du sens de l’év ... 41 Guillaume Soulez "Nous sommes le public". Apports de la rhĂ©torique Ă  l’analyse des publics », RĂ©s ... 42 Dominique Cardon et Jean-Philippe Heurtin, La Critique en rĂ©gime d’impuissance, une lecture des i ... 28L’étude du courrier arrivĂ© dans les lieux de production de l’information est une mĂ©thode prisĂ©e dans la recherche française qui continue de s’en emparer selon plusieurs approches analyse de contenu Harzimont, Aubert40, analyse rhĂ©torique Soulez41, analyse des rĂ©gimes de parole et grammaires d’énonciation Cardon et Heurtin42, notamment. En quelques annĂ©es, les recherches sur l’information sont passĂ©es de la mesure simple de sa diffusion Ă  l’apprĂ©ciation de ses mĂ©canismes de consommation, de comprĂ©hension et de mise en discours. Les SIC et l’élargissement du champ de l’ information » 29MalgrĂ© les divergences dans les mĂ©thodes d’apprĂ©hension des publics, les recherches menĂ©es en rĂ©ception » depuis les annĂ©es 1980 ont eu pour but de dĂ©passer la simple question des effets et de mettre en lumiĂšre les usages sociaux, les compĂ©tences mobilisĂ©es dans le dĂ©codage, voire de qualifier la nature des engagements via l’intĂ©rĂȘt, la participation, la rĂ©ception proprement dite. 43 Voir notamment Dominique Pasquier, La Culture des sentiments, l’expĂ©rience tĂ©lĂ©visuelle des adolesc ... 44 Sonia Livingstone & Peter Lunt. Talk on Television Audience, Participation and Public Debate, Rou ... 45 John Fiske. Television culture. Londres Routledge, 1987 2010. 46 Par exemple, Laurence Allard, 2011. De la conversation crĂ©ative. Mashup, remix, dĂ©tournement no ... 30Cependant, la dĂ©finition et le pĂ©rimĂštre mĂȘme de l’information Ă©volue Ă  la fois pour les chercheurs qui dĂ©laissent peu Ă  peu les approches “pures” politiste ou sociologique, par exemple, et Ă  la fois pour le champ mĂ©diatique qui admet des dĂ©finitions fluctuantes de ce qui relĂšve de l’actualitĂ©. L’information, nous l’avons montrĂ©, a longtemps Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme relative Ă  ce qui peut Ă©clairer les choix politiques de l’électeur. Mais le politique » est une notion mouvante, historique. Force est de chercher Ă  comprendre sur quels types de programmes peuvent se mobiliser ces publics. De ce point de vue, bien que nous ne l’aborderons pas ici, la question du divertissement sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es, talk shows est instructive , et on lira avec intĂ©rĂȘt les travaux menĂ©s en France43, en Grande-Bretagne44 ou aux États-Unis45. De mĂȘme, les rĂ©actions, positionnements, dĂ©tournements de fan’s et de simples usagers de programmes de divertissement, sont Ă©tudiĂ©s et dĂ©couverts comme une terra incognita Ă  partir des annĂ©es 47 AurĂ©lie Aubert, La SociĂ©tĂ© civile et ses mĂ©dias, Paris INA & Bord de l’eau, 2009. 31La dĂ©finition de l’ Ă©vĂ©nement international » a permis de montrer47, en typologisant les prises de paroles Ă©crites des tĂ©lĂ©spectateurs envoyĂ©es au “mĂ©diateur de l’information” de la chaĂźne France 2, que la rĂ©action Ă  l’actualitĂ© sur ce qui se passe dans un “ailleurs” gĂ©ographique, culturel, d’un point de vue identitaire est une forme de retour, dĂ©tournĂ©, au politique. Ainsi, pour commenter l’actualitĂ© internationale des JT, l’indignation ou la prise de parole civique sur l’altĂ©ritĂ© font-elles appel, chez certains usagers du service public audiovisuel, aux ressources de solidaritĂ©, de justice, propres Ă  chacun et mises alors en Ɠuvre par des individus qui voient dans la tĂ©lĂ©vision un support de publicisation et une possibilitĂ© de les mettre en scĂšne » pour obtenir rĂ©paration pour eux-mĂȘmes ou pour les autres. Ici, le commentaire de l’évĂ©nement d’actualitĂ© internationale est la trame sur laquelle s’inscrivent les reprĂ©sentations de soi, transformĂ©es en questionnements sur le rapport de soi Ă  autrui. 48 Vincent Goulet, Op. cit., p. 15. 32Pour le dire comme Vincent Goulet, ethnographe des classes populaires dans leur rapport aux mĂ©dias, les informations mĂ©diatiques sont des biens culturels parmi les autres »48. Les spĂ©cialistes des SIC se sont rĂ©servĂ©s les sujets moins “nobles” que ceux relevant du pur politique, lĂ©gitimant alors la possibilitĂ© que les publics s’intĂ©ressent Ă  une variĂ©tĂ© de sujets et de supports mĂ©diatiques, en multipliant les approches sous l’aiguillon des recherches anthropologiques Daniel Dayan ou sociologiques Éric Maigret. 49 Anne-Claude Ambroise-Rendu, Petits rĂ©cits des dĂ©sordres ordinaires. Les faits divers dans la presse ... 50 Claire SĂ©cail. Le crime Ă  l'Ă©cran. Le fait divers criminel Ă  la tĂ©lĂ©vision française 1950-2010. P ... 51 Roland Barthes, 1962 1964. Structure du fait divers ». In Essais critiques. Paris Seuil, coll ... 33Le fait divers acquiert ainsi des lettres de noblesse que ni les professionnels ni les thĂ©oriciens n’étaient prĂȘt Ă  lui donner. Certes, la publication des faits divers est contemporaine de l’émergence de la presse industrielle49 mais sa montĂ©e en lĂ©gitimitĂ© est plus tardive il faut attendre la fin des annĂ©es 1950 chez les professionnels pour donner un aperçu complet de l’actualitĂ©, il faut aller de l’évĂ©nement politique international au fait divers », reconnaĂźt un journaliste citĂ© par Claire SĂ©cail50 autant que les spĂ©cialistes Voici un assassinat s’il est politique, c’est une information, s’il ne l’est pas, c’est un fait divers. Pourquoi ? » sont les premiers mots d’un article fameux de Roland Barthes dans la revue Communications51. Aujourd’hui nul ne disputerait plus la place du fait divers dans l’étude des mĂ©dias ni dans les habitudes de consommation des nouvelles ; un acquis de haute lutte
 52 Jamil Dakhlia. Politique people. Rosny-sous-Bois BrĂ©al, 2008. 53 Jamil Dakhlia. Du populaire au populisme ? IdĂ©ologie et nĂ©gociation des valeurs dans la presse pe ... 54 Dubied, Annik. Les dits et les scĂšnes du fait divers. GenĂšve et Paris Librairie Droz, 2004. 34On voit Ă©galement Ă©voluer la pensĂ©e sur l’information et y faire entrer l’actualitĂ© people, Ă  la faveur d’un mouvement plus gĂ©nĂ©ral de peopolisation du politique » dont les formes ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©es notamment par Jamil Dakhlia52. Alors que ce type de traitement du politique se rĂ©pand dans tous les mĂ©dias il n’était autrefois que l’apanage de certains titres dĂ©valuĂ©s, tel Point de vue images du monde, la recherche en SIC admet aujourd’hui qu’il est pertinent d’interroger notre rapport Ă  cette information populaire car elle reconfigure aussi les problĂšmes publics collectifs. Ainsi, pour Jamil Dakhlia, le spectre trĂšs large du lectorat de la presse people est confirmĂ©e par les donnĂ©es sociodĂ©mographiques des Ă©tudes d’audience Au total, l’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© des publics imaginĂ©, visĂ© et rĂ©el montre bien qu’il serait abusif de rĂ©duire l’ensemble de la presse Ă©chotiĂšre Ă  une seule et mĂȘme idĂ©ologie populaire, au sens de vision du monde conçue par et pour les classes dĂ©favorisĂ©es. [
] La presse Ă©chotiĂšre peut [
] apparaĂźtre comme un facteur d’opposition Ă  l’ordre Ă©tabli, pour peu que l’on admette, avec plusieurs reprĂ©sentants des Cultural Studies [
] la portĂ©e politique de l’évasion dispensĂ©e par la culture populaire l’évasion people serait en l’occurrence une forme de subversion “de l’intĂ©rieur”, par le travail de l’imagination, d’une domination sociale. C’est pourquoi la diffusion des formes et des contenus Ă©chotiers ne saurait ĂȘtre assimilĂ©e Ă  un appauvrissement du dĂ©bat dĂ©mocratique. Directement, par la mise en dĂ©bat du quotidien et de l’intime, ou indirectement, par la peopolisation de la politique et des autres mĂ©dias, la presse people participe aux conflits de dĂ©finition des problĂšmes collectifs »53. Le genre “people”, comme genre mĂ©diatique »54 fait partie – tout comme le genre “fait divers” – des rĂ©cits d’actualitĂ© qui interrogent la norme. Les SIC en avance d’une rĂ©volution 35L’avĂšnement d’une sociĂ©tĂ© toujours plus Ă©lectronique n’a pas pris au dĂ©pourvu les SIC qui, en France comme Ă  l’étranger, se sont toujours confrontĂ©es Ă  la nouveautĂ© les chercheurs en SIC ont donc pu passer sans difficultĂ© de la radio Ă  la tĂ©lĂ©vision, aux premiers ordinateurs, aux premiers rĂ©seaux tĂ©lĂ©matiques qui se sont prolongĂ©s en l’holiste Internet que nous connaissons aujourd’hui
 55 AurĂ©lie Aubert, Le participatif perçu par les professionnels du journalisme Ă©tat des lieux ». L ... 56 Par exemple La fin du politique », in Patrice Flichy, 2001. L’imaginaire d’Internet. Paris La D ... 57 Reuters Institute for the Study of Journalism. Digital News Report 2013. Essential data on the futu ... 36Sur le plan de l’information, le resserrement des rĂ©seaux Ă©lectroniques a participĂ© Ă  la modification du champ ; des rĂ©flexions nouvelles sur le “journalisme citoyen”, mĂ©lange d’acti­visme dĂ©guisĂ©, d’engagement politique vĂ©ritable et de civisme bĂ©at, ont modifiĂ© le discours et l’on commence Ă  parler d’une co‑construction du sens informationnel55 ; de mĂȘme, l’analyse des idĂ©ologies et autres utopies occupe une part non nĂ©gligeable du champ d’études56 ; l’utilisation des nouveaux supports, en particulier en mobilitĂ©, ont permis enfin de nouvelles descriptions des usages mais pas forcĂ©ment leur problĂ©matisation en 2013 par exemple57, pour s’informer, les Français ont utilisĂ© la tĂ©lĂ©vision 84 %, les journaux 46 % et la radio 44 % en combinaison avec des supports online ordinateur fixe 50 %, tĂ©lĂ©phone intelligent 24 % ; tablette 11 %, sans que l’on puisse voir de diffĂ©rences notables entre les deux populations quelques points d’écart. On peut donc constater de nouvelles pratiques, redondantes ou plurielles accĂšs aux mĂȘmes informations plusieurs fois ou de diverses maniĂšre 33 % des Occidentaux utilisent plusieurs supports pour s’informer. Les changements ne sont pas encore radicaux moins de 2 Français sur 10 partagent des nouvelles sur les rĂ©seaux sociaux ou par courriel, quand plus de 3 Français sur 10 reconnaissent les commenter en face-Ă -face avec des amis ou collĂšgues ! Sur le plan de l’offre, on constate en revanche une redistribution des cartes dans les parts de marchĂ© si en France les trois premiers lieux d’information offline sont TF1 48 %, BFMTV 43 % et France TĂ©lĂ©visions 35 %, les trois premiers lieux d’information online sont 20 Minutes 18 %, Le Monde 13 % et Le Figaro 12 %. 58 Page Facebook, 2013. 59 Cf. Pascal Froissart. Mesure et dĂ©mesure de l’emballement mĂ©diatique. RĂ©flexions sur l’expertise ... 37Le tout-numĂ©rique a permis Ă©galement des analyses de contenu Ă  peu de frais, donnant lieu Ă  la crĂ©ation d’indices Ă©tranges tel l’apparemment indiscutable nombre de pages » sur Google Trends, ou l’UnitĂ© de bruit mĂ©diatique de l’Institut Kantar, ou le poids mĂ©dia » de l’entreprise montrĂ©alaise Influence Communication, qui n’hĂ©site pas Ă  verser dans l’arithmĂ©tique de l’absurde Depuis son dĂ©cĂšs, les journaux du monde entier ont publiĂ© l'Ă©quivalent de 4,7 annĂ©es de contenu sur Nelson Mandela et environ 12 ans de temps d'antenne »58. Les palmarĂšs de mots-diĂšses hashtag, de termes les plus recherchĂ©s sur les moteurs de recherche, ou les plus discutĂ©s » dans tel ou tel organe de presse, deviennent autant d’objets de glose pour les chercheurs comme pour les consommateurs de l’information, au risque de donner corps Ă  des concepts-valises comme le buzz ou la e-reputation qui perdraient leur sens si les logiciels automatiques ne leur fournissaient pas une rhĂ©torique graphique oh ! la belle Ă©quation, comme elle paraĂźt solide. Ah ! la courbe en cloche, comme elle semble rĂ©elle59. Figure 3. La dĂ©mesure de la rĂ©putation sur Twitter tirĂ©e d’une notice explicative sur la mĂ©thode utilisĂ©e pour calculer un indice de popularitĂ© conçu par Jonny Bentwood pour l’entreprise Edelman. Disponible sur 60 JoĂ«l Morio, L’écran dĂ©chaĂźne les tweets », Le Monde, supplĂ©ment tĂ©lĂ©vision du 17 mars 2013. 61 Benjamin Ferran Tweeter a du mal a prouver qu’il aide la tĂ©lĂ© », du 30 aoĂ»t 2013. En ... 38Le mĂ©lange des genres permet enfin une sĂ©rie d’approches originales l’apparition d’un phĂ©nomĂšne de “multi Ă©cran” fait rĂ©apparaĂźtre la problĂ©matique discursive autour de la rĂ©ception des informations mĂ©diatiques ; de nouveau en effet, les chercheurs peuvent avoir Ă  leur disposition un matĂ©riau, une trace qui dit quelque chose de l’expĂ©rience de l’usager face au programme, trace produite, quasiment en temps rĂ©el, ce qui est relativement inĂ©dit. D’aprĂšs l’étude d’un cabinet spĂ©cialisĂ© sur les usages des “nouveaux Ă©crans”, plus d’un quart des Français commentent rĂ©guliĂšrement les programmes sur les rĂ©seaux sociaux et, chez les 18-34 ans, la proportions monte Ă  40 %. »60 Le sport et les dĂ©bats semblent ĂȘtre, parmi les programmes d’information, ceux qui suscitent le plus de commentaires, Ă  tel point que certains programmes polĂ©miques semblent ĂȘtre construits pour susciter des commentaires sur les plateformes spĂ©cialisĂ©es. Ces derniĂšres ont acquis une valeur symbolique, dans la mesure oĂč l’on peut supposer que ces commentaires sont plus ou moins corrĂ©lĂ©s Ă  l’audience. Ce point est toutefois loin d’ĂȘtre prouvĂ©. En 2013 par exemple, une Ă©tude Nielsen sur Twitter montre qu’un grand nombre de commentaires sur des Ă©missions TV favorise les chances d’augmenter l’audience, dans certains cas seulement la corrĂ©lation n’est pas systĂ©matique. Le spĂ©cialiste de la mesure d’audience [Nielsen] reconnaĂźt nĂ©anmoins que le lien de causalitĂ© est loin de s’appliquer Ă  tous les programmes. Surtout, il ne se risque pas Ă  chiffrer les gains d’audience rĂ©alisĂ©s grĂące aux conversations sur Twitter. En clair, si une progression soudaine de 10 % du volume de tweets sur un programme provoquera une hausse de son audience Ă  la tĂ©lĂ©vision de 1 %, ce point devra faire l’objet d’une nouvelle Ă©tude. »61 Ce partenariat entre le rĂ©seau de micro-blogging et Nielsen devrait mener Ă  la crĂ©ation d’une nouvelle mesure d’audience pour Ă©valuer le succĂšs des programmes de tĂ©lĂ©vision basĂ© sur les tweets qu’ils gĂ©nĂšrent
 Pourra-t-on, alors, encore dire que les Ă©tudes d’audience ne disent rien de la maniĂšre dont les spectateurs reçoivent les programmes, dans la mesure oĂč elles seront corrĂ©lĂ©es Ă  un discours produit dans l’instant ? 62 Virginie Spies, Le live-tweet ou le tĂ©lĂ©spectateur devenu acteur, un enjeu pour la tĂ©lĂ©vision », ... 39Les perspectives de la recherche en rĂ©ception sont nombreuses sur ce point. La briĂšvetĂ© des commentaires, la nĂ©cessitĂ© de se conformer, pour l’usager de Twitter, aux prescriptions auto-intĂ©grĂ©es du rĂ©seau social Ă©crire pour ĂȘtre retweetĂ© » n’incite pas Ă  la nuance, par exemple. Virginie Spies, travaillant sur les live-tweets en rĂ©action aux programmes tĂ©lĂ©visĂ©s, souligne par exemple que l’un des enjeux pour les tĂ©lĂ©spectateurs est l’opportunitĂ© de regarder un programme avec sa communautĂ© »62, car le live-tweet permet aussi et surtout d’entrer en interaction avec d’autres spectateurs connectĂ©s, bien davantage qu’avec le mĂ©dia lui-mĂȘme, la majoritĂ© des conversations Ă©chappant aux diffuseurs. 40C’est bien tout le paradoxe de l’appellation tĂ©lĂ©vision sociale » social TV, concept fourre-tout » dont se revendiquent les programmateurs, services de prospective des chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision ou annonceurs publicitaires. La tĂ©lĂ©vision, longtemps perçue comme assenant des contenus de maniĂšre linĂ©aire, apparaĂźt aujourd’hui comme gĂ©nĂ©ratrice de lien social en permettant aux rĂ©cepteurs de devenir Ă©metteurs de contenu via le web, d’avis et de recommandations via les mĂ©dias sociaux. Au-delĂ  des innovations technologiques qui intĂ©ressent les chaĂźnes, on est en droit de se demander en quoi cette tĂ©lĂ©vision est vĂ©ritablement sociale » ? C’est donc Ă  la recherche et pas seulement aux professionnels de l’audience de se saisir Ă  prĂ©sent de ces contenus gĂ©nĂ©rĂ©s en temps rĂ©el pour accroĂźtre et amĂ©liorer la connaissance sur les publics de l’information et pour remettre en perspective les usages rĂ©els de la tĂ©lĂ©vision tels qu’ils se configurent actuellement. Haut de page Bibliographie Allard, Laurence. De la conversation crĂ©ative. Mashup, remix, dĂ©tournement nouveaux usages des images sur les rĂ©seaux sociaux. », 2011. ConfĂ©rence au Mashup Film Festival. Disponible sur Ambroise-Rendu, Anne-Claude. Petits rĂ©cits des dĂ©sordres ordinaires. Les faits divers dans la presse française des dĂ©buts de la TroisiĂšme RĂ©publique Ă  la Grande guerre. Paris Éditions Seli Arslan, 2004, 332 p. Ang, Ien. Watching Dallas Soap Opera and the Melodramatic Imagination. 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Grand-messe faut-il jeter le JT ? ». LibĂ©ration dĂątĂ© du 1er juin. 2 Barrie Gunter. Poor Reception Misunderstanding and Forgetting Broadcast News. Hillsdale, NJ Lawrence Erlbaum Associates, 1987, p. 1. 3 Arcenas, Elvira Medina. “Communication” in the making of academic communication. ThĂšse de doctorat, University of Pennsylvania, 1995, p. 165. 4 Gustave Le Bon, Psychologie des foules. Paris Édition FĂ©lix Alcan, 9e Ă©dition, 1905 1895. 5 Voir CĂ©cile MĂ©adel, Quantifier le public, Histoire des mesures d’audiences de la radio et de la tĂ©lĂ©vision, Paris Economica, 2010. 6 Ivan Chupin, Nicolas HubĂ© et Nicolas Kaciaf, Histoire politique et Ă©conomique des mĂ©dias en France. Paris La DĂ©couverte,‎ 2009, p. 43. 7 VeillĂ©, citĂ© par MĂ©adel, op. cit., pp. 22-23 et 48. 8 À la fin du xixe siĂšcle, les sciences sociales s’emparent de la notion et conceptualisent le public comme entitĂ© sociale. », remarque JĂ©rĂŽme Bourdon en 2004 La triple invention comment faire l'histoire du public ? » Le Temps des mĂ©dias. vol. 2, nÂș 3. 9 LoĂŻc Blondiaux. La fabrique de l’opinion. Une histoire sociale des sondages. Paris Seuil, 1998. 10 Ibid., p. 163. 11 Martin, Marc. Trois siĂšcles de publicitĂ© en France. Paris Odile Jacob, 1992. 12 Natale, citĂ©e par MĂ©adel, op. cit., pp. 49-50. 13 Hugh Malcolm Beville Jr. The ABCD’s of Radio Audiences ». The Public Opinion Quarterly. vol. 4, nÂș 2 juin, pp. 195-206, 1940. Beville est l’un des auteurs d’étude pionniĂšre parue en 1939, Social Stratification of the Radio Audience. 14 Paul F. Lazarsfeld & Rowena Wyant. Magazines in 90 Cities. Who Reads What ? ». The Public Opinion Quarterly. vol. 1, nÂș 4 Oct., 1937, pp. 29-41. 15 Elihu Katz & Paul Lazarsfeld. Influence personnelle. Paris Armand Colin, 1955 2008. 16 Arcenas, Elvira Medina. Op. cit. 17 Olivier Donnat dir.. Les pratiques culturelles des Français. Paris Documentation française, 2009. FrĂ©quence de lecture presse quotidienne payante » et ThĂšmes des blogs ou sites en ligne consultĂ©s ». 18 Dumartin, Sylvie et CĂ©line Maillard. Le lectorat de la presse d’information gĂ©nĂ©rale », Division Conditions de vie des mĂ©nages », INSÉÉ PremiĂšre, nÂș 753 dĂ©cembre, 2000. 19 Olivier Donnat, 2009. Ibid. 20 Andrew Stern. Étude pour la National Association for Broadcasting 1971 citĂ©e par François de Closets, 1980. Le systĂšme Paris Grasset, chapitre X. 21 W. Russell Neuman. Patterns of recall among television viewers ». Public Opinion Quarterly. vol. 40, pp. 115-123, 1976. 22 John Stauffer & Richard Frost & William Rybolt. The Attention Factor in Recalling Network Television News ». Journal of Communication. Volume 33, nÂș 1, pp. 29-37, 1983. 23 Michel Souchon, Le vieux canon de 75 ». HermĂšs. 1993, nos 11-12, p. 241. 24 Dominique Pasquier, Des audiences aux publics le rĂŽle de la sociabilitĂ© dans les pratiques culturelles », in Olivier Donnat et Paul Tolila dir., Les Publics de la culture, Paris, Presses de Sciences-po, 2003, p. 109-110. 25 Stuart Hall, Codage / dĂ©codage », RĂ©seaux, nÂș 68, p. 29. 26 Gustave Le Bon mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste, de Ivan Pavlov mĂ©decin physiologiste et Serge Tchakhotine biologiste sont trois auteurs dissemblables en qualitĂ© mais rĂ©unis ici parce qu’ils ont Ă©tĂ© essentiels Ă  l’établis­se­ment d’un modĂšle linĂ©aire de la communication, malgrĂ© une vision manichĂ©enne oĂč les sociĂ©tĂ©s sont toujours hiĂ©rarchiques, le sens jamais nĂ©gociĂ©, le libre-arbitre inexistant. 27 Le dualisme Ă©mission / rĂ©ception n’est pas absent du discours journalistique lui-mĂȘme. Ainsi le voit-on apparaĂźtre dans cet extrait d’entretien avec Jean Hatzfeld grand reporter Ă  LibĂ©ration Je parle en tant que journaliste. Le journaliste, il est lĂ  pour rĂ©pondre Ă  des questions. Et quand leurs auditeurs ou leurs lecteurs n’en posent pas, il est dĂ©semparĂ©, le journaliste. C’est un intermĂ©diaire, un go-between, il ne sait plus quoi faire, et
 il passe Ă  autre chose. C’est ça qu’il est important de dire. Parce qu’on parle toujours de l’émission de l’information. On dit elle est de bonne qualitĂ© elle est de mauvaise qualitĂ©, les journalistes font bien leur boulot les journalistes font mal leur boulot, etc. Mais on ne parle peut-ĂȘtre pas assez des rĂ©cepteurs de l’information. Et, souvent, les lecteurs ne font pas leur boulot, si je puis dire, les auditeurs ne font pas leur boulot ! Ils ne veulent pas affronter un Ă©vĂ©nement, ou ils ne veulent pas affronter un Ă©vĂ©nement avant qu’ils puissent en avoir la maĂźtrise, c’est-Ă -dire avant de savoir qu’on va pouvoir le dominer ou rĂ©soudre les problĂšmes qu’il pose, lui trouver des solutions, etc. Jean Hatzfeld, 2013. Hors-champs. Entretien avec Laure Adler. 24 octobre 28 Émission qui prĂ©sentait l’actualitĂ© sur le mode du divertissement diffusĂ©e Ă  la fin des annĂ©es 1970. 29 David Morley, The “Nationwide” Audience Structure and Decoding, London, British Film Institute, 1980. 30 Brigitte Le Grignou & Érik Neveu, Émettre la rĂ©ception prĂ©mĂ©ditations et rĂ©ceptions de la politique tĂ©lĂ©visĂ©e », RĂ©seaux, numĂ©ro hors sĂ©rie Sociologie de la tĂ©lĂ©vision France », p. 65-98. 31 Cf. Ien Ang, Watching Dallas Soap Opera and the Melodramatic Imagination, Londres Methuen, 1985 — ou Elihu Katz & Tamar Liebes, Six interprĂ©tations de Dallas ». HermĂšs, n° 11-12, 1993, p. 125-144. 32 Daniel Dayan & Elihu Katz, La TĂ©lĂ©vision cĂ©rĂ©monielle. Paris PUF, 1996. 33 Daniel Dayan, Les mystĂšres de la rĂ©ception ». Le DĂ©bat. NÂș 71, 1992, p. 145 34 Vincent Goulet rĂ©affirme que la frĂ©quentation des mĂ©dias d’information dĂ©pend directement des formes de capital mobilisables par les individus et surtout, par leur position et trajectoire sociale, celle de leur conjoint et celle qu’ils espĂšrent pour leurs enfants, qui sont au centre des processus de rĂ©ception mĂ©diatique » MĂ©dias et classes populaires. Paris INA Ă©ditions, 2010, p. 18. En 1971 dĂ©jĂ , Patrick Champagne, par ailleurs directeur de thĂšse de V. Goulet, consacrait une enquĂȘte aux conditions sociales de rĂ©ception de la tĂ©lĂ©vision en France Patrick Champagne, La tĂ©lĂ©vision et son langage. L’influence des conditions sociales de rĂ©ception sur le message », Revue française de sociologie. vol. 12, nÂș 3, p. 406-430, 1971. 35 Serge Proulx dir., AccusĂ© de rĂ©ception. Le tĂ©lĂ©spectateur construit par les sciences sociales, Paris L’Harmattan, 1998, p. 10. 36 CĂ©line SĂ©gur, Les recherches sur les tĂ©lĂ©spectateurs, trajectoires acadĂ©miques, Paris HermĂšs Lavoisier, p. 48. 37 Le CÉCMAS Centre d’études de communication de masse devient en 1973 le CÉTSAS Centre d’études transdisciplinaires. Sociologie, anthropologie, sĂ©miologie, puis en 1983 le CÉTSAP Centre d’études transdisciplinaires. Sociologie. Anthropologie. Politique, en 1992 le CÉTSAH l’histoire remplace le politique. En 2008, il devient le Centre Edgar-Morin. 38 Dominique Boulier, Les styles de relation Ă  la tĂ©lĂ©vision », RĂ©seaux, hors sĂ©rie Sociologie de la tĂ©lĂ©vision France, p. 119-142, 1991. 39 Dominique Boulier, La TĂ©lĂ©vision telle qu’on la parle, Paris L’Harmattan, 2004. 40 Voir notamment Michael Harzimont, Le courrier des lecteurs. Entre co-construction du sens de l’évĂ©ne­ment contrĂŽlĂ©e par le mĂ©dia et nĂ©cessaire prise en compte de l’usager du produit mĂ©diatique », Recherches en communication, n° 21, 2004, p. 27-41 ou AurĂ©lie Aubert, La SociĂ©tĂ© civile et ses mĂ©dias, Paris INA & Bord de l’eau, 2009. 41 Guillaume Soulez "Nous sommes le public". Apports de la rhĂ©torique Ă  l’analyse des publics », RĂ©seaux, n° 126, 2005 42 Dominique Cardon et Jean-Philippe Heurtin, La Critique en rĂ©gime d’impuissance, une lecture des indignations des auditeurs de France Inter », in Bastien François et Érik Neveu dir., Espaces publics mosaĂŻques, acteurs, arĂšnes et rhĂ©toriques des dĂ©bats publics contemporains, Rennes Presses universitaires de Rennes, 1999, p. 85-119. 43 Voir notamment Dominique Pasquier, La Culture des sentiments, l’expĂ©rience tĂ©lĂ©visuelle des adolescents, Paris Éditions de la MSH, 1999 ; Sabine Chalvon-Demersay EnquĂȘte sur des publics particuliĂšrement concernĂ©s. La rĂ©ception comparĂ©es des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es L’Instit et Urgences », in Daniel CĂ©faĂŻ et Dominique Pasquier dir., Les Sens du public publics politiques, publics mĂ©diatiques, Paris CURAPP & PUF, 2003, p. 501-521. 44 Sonia Livingstone & Peter Lunt. Talk on Television Audience, Participation and Public Debate, Routledge, 1994. 45 John Fiske. Television culture. Londres Routledge, 1987 2010. 46 Par exemple, Laurence Allard, 2011. De la conversation crĂ©ative. Mashup, remix, dĂ©tournement nouveaux usages des images sur les rĂ©seaux sociaux. » ConfĂ©rence au Mashup Film Festival. Disponible sur 47 AurĂ©lie Aubert, La SociĂ©tĂ© civile et ses mĂ©dias, Paris INA & Bord de l’eau, 2009. 48 Vincent Goulet, Op. cit., p. 15. 49 Anne-Claude Ambroise-Rendu, Petits rĂ©cits des dĂ©sordres ordinaires. Les faits divers dans la presse française des dĂ©buts de la TroisiĂšme RĂ©publique Ă  la Grande guerre. Paris Éditions Seli Arslan, 2004, 332 p. 50 Claire SĂ©cail. Le crime Ă  l'Ă©cran. Le fait divers criminel Ă  la tĂ©lĂ©vision française 1950-2010. Paris Nouveau monde & INA, 2010, 592 p. 51 Roland Barthes, 1962 1964. Structure du fait divers ». In Essais critiques. Paris Seuil, coll. Tel quel ». 52 Jamil Dakhlia. Politique people. Rosny-sous-Bois BrĂ©al, 2008. 53 Jamil Dakhlia. Du populaire au populisme ? IdĂ©ologie et nĂ©gociation des valeurs dans la presse people française ». Communication, nÂș 27/1, 2009. 54 Dubied, Annik. Les dits et les scĂšnes du fait divers. GenĂšve et Paris Librairie Droz, 2004. 55 AurĂ©lie Aubert, Le participatif perçu par les professionnels du journalisme Ă©tat des lieux ». Les Cahiers du journalisme. Nos 22-23 automne, 2011. 56 Par exemple La fin du politique », in Patrice Flichy, 2001. L’imaginaire d’Internet. Paris La DĂ©couverte, 2001. Ou Philippe Breton, L’utopie de la communication. Le mythe du village planĂ©taire. Paris La DĂ©couverte, 1992 2004. 57 Reuters Institute for the Study of Journalism. Digital News Report 2013. Essential data on the future of news. 20 juin 2013. 58 Page Facebook, 2013. 59 Cf. Pascal Froissart. Mesure et dĂ©mesure de l’emballement mĂ©diatique. RĂ©flexions sur l’expertise en milieu journalistique ». MEI. MĂ©diation et information. NÂș 35, pp. 143-159, 2012. 60 JoĂ«l Morio, L’écran dĂ©chaĂźne les tweets », Le Monde, supplĂ©ment tĂ©lĂ©vision du 17 mars 2013. 61 Benjamin Ferran Tweeter a du mal a prouver qu’il aide la tĂ©lĂ© », du 30 aoĂ»t 2013. En ligne 62 Virginie Spies, Le live-tweet ou le tĂ©lĂ©spectateur devenu acteur, un enjeu pour la tĂ©lĂ©vision », billet de blog du 28 octobre 2011. de page Pour citer cet article RĂ©fĂ©rence Ă©lectronique AurĂ©lie Aubert et Pascal Froissart, Les publics de l’information », Revue française des sciences de l’information et de la communication [En ligne], 5 2014, mis en ligne le 21 juillet 2014, consultĂ© le 18 aoĂ»t 2022. URL ; DOI de page Auteurs AurĂ©lie AubertAurĂ©lie Aubert est maĂźtre de confĂ©rences en Sciences de l’information et de la communication Ă  l’UniversitĂ© de Paris VIII, membre du Centre d’études sur les mĂ©dias, les technologies et l’internationalisation CÉMTI, ÉA 3388 et membre associĂ© du Laboratoire Communication et politique » CNRS. Adresse FroissartPascal Froissart est maĂźtre de confĂ©rences en Sciences de l’information et de la communication Ă  l’UniversitĂ© de Paris VIII, membre du Centre d’études sur les mĂ©dias, les technologies et l’internationalisation CÉMTI, ÉA 3388 et membre associĂ© du Laboratoire Communication et politique » CNRS. Adresse de page

Uneaudience TV ou radio, ou plus largement, l’audience d’un mĂ©dia, regroupe l’ensemble des personnes qui ont Ă©tĂ© exposĂ©es Ă  ce mĂ©dia. L’audience se constitue par exemple de

BFM TV et NextRadio TV dĂ©boutĂ©s de leur recours contre LCI Nouveau revers judiciaire pour NextRadioTV devenu Altice Media dans son combat contre le passage en clair de sa rivale LCI en 2016. Le Conseil d'Etat a rejetĂ© le 30 dĂ©cembre la requĂȘte de la sociĂ©tĂ© exigeant l'annulation du renouvellement de la convention de LCI par le CSA. [...] ChaĂźnes de tĂ©lĂ©vision contre producteurs bataille de lobbying au Parlement Diffuseurs et producteurs se dĂ©chirent sur le projet de loi audiovisuel actuellement examinĂ© Ă  l'AssemblĂ©e nationale. M6, Canal + et France tĂ©lĂ©visions d'une part, les lobbyistes de la production d'autre part, affutent leurs arguments auprĂšs des parlementaires. [...] Territoire aprĂšs territoire, comment BFM TV veut conquĂ©rir l'Hexagone LancĂ© Ă  l'assaut des rĂ©gions françaises, BFM TV mĂšne une stratĂ©gie trĂšs ciblĂ©e basĂ©e sur le potentiel commercial de ses zones de diffusion. Son objectif n'est pas de mailler tout le pays, mais d'en conquĂ©rir d'abord les territoires les plus prometteurs. [...] Arc Publishing, machine de guerre de LibĂ©ration et du Parisien pour basculer sur le numĂ©rique Contraint de rĂ©ussir sa mutation numĂ©rique aprĂšs ĂȘtre sorti du giron d'Altice, le quotidien LibĂ©ration vient d'intĂ©grer en un temps record le logiciel Arc Publishing créé par le Washington Post. L'outil dĂ©veloppĂ© par les Ă©quipes de Jeff Bezos, patron d'Amazon, a Ă©tĂ© dĂ©ployĂ© en collaboration avec Le Parisien et La Libre Belgique. [...] Arthur Dreyfuss, directeur gĂ©nĂ©ral d'Altice mĂ©dias France. © Thomas Padilla/MaxPPP Les rĂ©seaux d'Arthur Dreyfuss, le "monsieur mĂ©dias" de Patrick Drahi FidĂšle en amitiĂ© comme dans sa vie professionnelle, le directeur gĂ©nĂ©ral d'Altice Media France soigne ses relations. A seulement 35 ans, les entrĂ©es de ce proche collaborateur de Patrick Drahi sont dĂ©jĂ  multiples. [...] LibĂ©ration une "indĂ©pendance" toujours sous l'Ă©troit contrĂŽle d'Altice Gratuit MalgrĂ© le transfert l'Ă©tĂ© dernier de LibĂ©ration Ă  un fonds de dotation, Altice, la maison-mĂšre de SFR, conserve une forte influence sur le quotidien. Les cadres d'Altice sont prĂ©sents, avec Denis Olivennes, Ă  tous les Ă©tages du montage juridique qui permet de le contrĂŽler. [...] Toulon, ballon d'essai de BFM TV dans le Sud-Est Pour complĂ©ter sa stratĂ©gie de conquĂȘte des rĂ©gions Provence-Alpes-CĂŽtes d'Azur et Occitanie, BFM RĂ©gions s'apprĂȘte Ă  lancer une expĂ©rimentation Ă  Toulon, terre de rugby. En attendant de s'attaquer Ă  nouveau Ă  Toulouse et Montpellier. [...] Le plan de dĂ©parts de NextRadioTV, une aubaine pour les RH d'Altice Si les transfuges de SFR sont de plus en plus nombreux Ă  rejoindre NextRadioTV, la rĂ©ciproque se rĂ©vĂšle vraie Ă  travers le plan de dĂ©parts volontaires du groupe audiovisuel. [...] Altice France renforce son emprise sur NextRadioTV NextRadioTV s'attelle Ă  rĂ©organiser le volet radio de RMC. Repris en main par son actionnaire qui a nommĂ© un cadre de SFR Ă  la tĂȘte de la rĂ©gie publicitaire du rĂ©seau rĂ©gional de BFMTV en dĂ©cembre, le groupe doit rationaliser son organigramme. [...] La feuille de route de Philippe Benayoun, nouveau directeur de BFM RĂ©gions Le directeur gĂ©nĂ©ral d'Altice mĂ©dias France, Arthur Dreyfuss, a confiĂ© Ă  Philippe Benayoun - un cadre de SFR - la mission de relancer le rĂ©seau d'antennes rĂ©gionales affaibli par la crise publicitaire. [...] Altice mĂ©dias France change de directeur technique numĂ©rique SĂ©bastien AngĂšle, directeur des opĂ©rations CCO et directeur technique du [...] La une de LibĂ©ration des 28 et 29 novembre 2020. © Capture d'Ă©cran/ LibĂ©ration devra-t-il s'en remettre Ă  un mĂ©cĂšne providentiel ? Le placement de LibĂ©ration dans un fonds censĂ© garantir son indĂ©pendance se heurte Ă  une Ă©quation financiĂšre plus pĂ©rilleuse. Avec seulement 15 millions d'euros de dotation, le quotidien de gauche est condamnĂ© Ă  rĂ©ussir sa transition digitale pour se maintenir. [...] BFMTV accueille des transfuges de SFR aux services gĂ©nĂ©raux Alors que NextRadioTV BFMTV, RMC cherche Ă  rĂ©duire ses coĂ»ts via un plan de dĂ©parts volontaires, la filiale audiovisuelle renforce les synergies avec sa maison mĂšre Altice. Des managers de SFR Ă©largissent leur pĂ©rimĂštre aux mĂ©dias du groupe. [...] Chez Altice France, l'esprit de solidaritĂ© ne passe pas par les trĂšs hauts revenus A l'Ă©vocation des salaires des dirigeants dans Bourdin Direct face Ă  Geoffroy Roux de BĂ©zieux, prĂ©sident du Medef, Jean-Jacques Bourdin a rappelĂ© que le patrimoine de son PDG Patrick Drahi a cru de 19 % l'an dernier selon Challenges. [...] Alain Weill met sur les rails Studio L'Express Onze mois aprĂšs sa prise de contrĂŽle de L'Express, Alain Weill finalise la rĂ©organisation du newsmagazine. La nouvelle filiale Studio L'Express, qui rĂ©unit les fonctions support du titre, sera opĂ©rationnelle Ă  compter du dĂ©mĂ©nagement dans le 16e arrondissement parisien, prĂ©vu en juillet. [...] Arthur Dreyfuss, DG d'Altice MĂ©dias France, doit avoir bouclĂ© en septembre le placement de LibĂ©ration dans un fonds de dotation. © Rea LibĂ©ration le calendrier trĂšs serrĂ© d'Arthur Dreyfuss AprĂšs l'effet de surprise, les journalistes s'interrogent sur la rapiditĂ© et la viabilitĂ© du placement du quotidien LibĂ©ration dans un fonds de dotation. L'opĂ©ration menĂ©e par Arthur Dreyfuss, nouveau directeur gĂ©nĂ©ral d'Altice MĂ©dias France, doit ĂȘtre bouclĂ©e dĂšs septembre. [...] Alain Weill Ă  la recherche d'Ă©conomies Ă  L'Express AprĂšs un plan social engagĂ© Ă  l'automne, Alain Weill projette le dĂ©mĂ©nagement du newsmagazine en septembre pour rĂ©duire encore ses coĂ»ts. A plus court terme, il peut aussi compter sur la mesure de chĂŽmage partiel indemnisĂ© par l'Etat pour faire face aux consĂ©quences de la crise sanitaire. [...] BFM TV rĂ©clame prĂšs de 7 millions d'euros Ă  Free BFM TV, RMC DĂ©couverte et RMC Story ont portĂ© plainte [...] LibĂ©ration rĂ©sultats modestes pour le "plan senior" Le dispositif de dĂ©part anticipĂ© proposĂ© depuis cet Ă©tĂ© par la direction de LibĂ©ration aux journalistes ĂągĂ©s au minimum de 58 ans n'a pas convaincu la majoritĂ© des 28 salariĂ©s Ă©ligibles. [...] L'Express Alain Weill persiste et signe malgrĂ© une nouvelle saignĂ©e Ă  la rĂ©daction 13 journalistes ont quittĂ© le newsmagazine grĂące Ă  la rĂ©ouverture d'une pĂ©riode de bonification de la clause de cession, mi-novembre. Ils portent Ă  71 le nombre de dĂ©parts Ă  la rĂ©daction Ă  la suite du rachat du titre par Alain Weill en juillet. [...] La justice ordonne Ă  BFM TV de ne plus parler du conflit avec Free Saisi en rĂ©fĂ©rĂ©, le tribunal de commerce de Paris vient d'ordonner aux diffĂ©rentes chaĂźnes de SFR de ne plus aborder sur leurs antennes le litige commercial en cours avec Free. [...] LibĂ©ration veut faire partir ses seniors Le quotidien appartenant Ă  SFR propose un gĂ©nĂ©reux chĂšque de dĂ©part Ă  ses salariĂ©s ĂągĂ©s de plus de 58 ans. Jusqu'Ă  25 personnes pourraient bĂ©nĂ©ficier du dispositif. [...]
Ellerassemble l’ensemble des mĂ©dias catholiques français, presse Ă©crite bien sĂ»r, mais aussi tĂ©lĂ©visions (KTO-Tv et le Jour du Seigneur) et radios (RCF et Radio Notre-Dame). Quatre associations apportent leurs spĂ©cificitĂ©s : Presse nationale catholique. FondĂ© en 1952, la FFPC (ex-CNPC) regroupe aujourd’hui 24 titres publiĂ©s par Trois sociĂ©tĂ©s assurent la mission radiophonique de service public Radio France, France TĂ©lĂ©visions avec les services de radio d’Outre-mer 1Ăšre et France MĂ©dias Monde avec Radio France internationale RFI. En tant qu’organismes publics, leurs objectifs sont dĂ©finis avec l' zones de desserte gĂ©ographique sont complĂ©mentaires, afin de diffuser du plus proche au plus lointain la culture française. Radio France couvre la France mĂ©tropolitaine, les radios d’Outre-mer 1Ăšre desservent les territoires ultramarins et RFI est chargĂ©e de l'action radiophonique services de radio de Radio FranceRadio France regroupe ● 5 stations Ă  diffusion nationale France Inter, France Musique, France Culture, Franceinfo et France Bleu France Bleu est diffusĂ©e en complĂ©ment des programmes locaux spĂ©cifiques Ă  chacune des stations dĂ©centralisĂ©es de Radio France.● Des stations qui diffusent localement les stations dĂ©centralisĂ©es de France Bleu actuellement, 44 stations proposent un programme rĂ©gional ou local, le programme FIP diffusĂ© depuis Paris, Bordeaux, Montpellier, Nantes, Strasbourg, Arcachon, Marseille, Saint-Nazaire, Rennes et Toulouse et Mouv', un programme Ă  destination des jeunes prĂ©sent dans une trentaine de grandes villes.● La banque de programmes Sophia, qui propose des informations et chroniques pour les radios de catĂ©gorie A et B soit les radios de type associatif ou les radios locales et indĂ©pendantes.Les services de radio d’Outre-mer 1ĂšreOutre-mer 1Ăšre est le rĂ©seau audiovisuel de l’Outre-mer avec, dans chacun des 9 DROM-COM, une chaĂźne de tĂ©lĂ©vision, une station de radio et une offre numĂ©rique sites, sites mobile et applications.Le nom de chaque territoire est prĂ©sent dans la dĂ©nomination des stations Guadeloupe la 1Ăšre, Guyane la 1Ăšre, Martinique la 1Ăšre, Mayotte la 1Ăšre, Nouvelle-CalĂ©donie la 1Ăšre, PolynĂ©sie la 1Ăšre, RĂ©union la 1Ăšre, Saint-Pierre-et-Miquelon la 1Ăšre et Wallis-et-Futuna la services de radio du rĂ©seau Outre-mer 1Ăšre se caractĂ©risent par leur offre Ă  la fois gĂ©nĂ©raliste et de proximitĂ©, au plus proche des spĂ©cificitĂ©s socioculturelles locales des dĂ©partements et collectivitĂ©s services de radio de France MĂ©dias Monde, Radio France internationale RFIRFI, filiale de France MĂ©dias Monde, a pour mission de promouvoir Ă  l'Ă©tranger la langue et la culture françaises, et de diffuser des Ă©missions Ă  l'intention des Français de l'Ă©tranger. Ses programmes doivent ĂȘtre le reflet de la vie politique, Ă©conomique, scientifique et culturelle de la France. De nombreuses Ă©missions et chroniques permettent d’atteindre cet objectifLa sociĂ©tĂ© dessert le continent africainune partie de l'Europe de l'Estune partie de l'AmĂ©rique du Nordles CaraĂŻbesune partie de l'Asie du Sud-Estle programmes sont diffusĂ©s essentiellement en français mais aussi dans treize langues Ă©trangĂšres anglais, espagnol, brĂ©silien, portugais, russe, chinois, vietnamien, cambodgien, persan, roumain, swahili, haoussa, mandingue.RFI diffuse Ă©galement un programme en langue française Ă  Paris. Suivez toutes les infos de TV Magazine sur Facebook et Ces gens sont Ă  Ă©carter des mĂ©dias ,ils sont en effet nuisible Ă  la propagation de la culture. asperge12. le 07/09/2021 Ă  06:55 L'interview de François Fillon au 20H00 de France 2 a permis au JT de la chaĂźne de rĂ©aliser sa meilleure audience de la saison avec 7,8 millions de tĂ©lĂ©spectateurs, le 5 mars Ă  Paris / AFP Des chaĂźnes d'infos aux JT en passant par les sites des journaux, la couverture de la campagne prĂ©sidentielle et de ses rebondissements dope les audiences des la longue interview de François Fillon au 20H00 de France 2 a permis au JT de la chaĂźne de rĂ©aliser sa meilleure audience de la saison et de devancer TF1 en attirant 7,8 millions de tĂ©lĂ©spectateurs, soit 30,1 % de part d' le meilleur score du JT de la Deux en nombre de tĂ©lĂ©spectateurs depuis novembre 2015. Plus tĂŽt dans l'aprĂšs-midi, la retransmission en direct du discours du candidat LR au TrocadĂ©ro a profitĂ© Ă  BFMTV qui s'est hissĂ©e Ă  la troisiĂšme place des chaĂźnes les plus regardĂ©es dans l'aprĂšs-midi, rĂ©unissant 9,7% des tĂ©lĂ©spectateurs en moyenne."Les tĂ©lĂ©spectateurs se passionnent pour cette Ă©lection. L'actualitĂ© est tout Ă  fait exceptionnelle, les audiences aussi. Nous sommes d'autant plus Ă©tonnĂ©s qu'il y a cinq ans nous Ă©tions deux chaĂźnes d'info gratuites contre quatre aujourd'hui", se fĂ©licite Alain Weill, directeur gĂ©nĂ©ral de SFR MĂ©dia propriĂ©taire de BFMTV.Sur LCI, le discours a Ă©tĂ© suivi par tĂ©lĂ©spectateurs, soit 2% de part d'audience, beaucoup plus que la moyenne habituelle 0,8% de part d'audience sur la journĂ©e. CNews ex-iTELE a attirĂ© de son cĂŽtĂ© tĂ©lĂ©spectateurs en moyenne, soit 1,7% de pda, avec un pic Ă  tĂ©lĂ©spectateurs Ă  16h20 lors de son Ă©dition spĂ©ciale."Le genre politique semble intĂ©resser particuliĂšrement les Français", relevait l'institut dans son bilan annuel, indiquant que la consommation d'Ă©missions politiques avait augmentĂ© de 26% en 2016 par rapport Ă  2015, pour une offre en hausse de 5%.Retransmissions de meetings, Ă©missions politiques, formats dĂ©calĂ©s interviews par des enfants sur C8, chroniques du youtubeur HugoTravers sur LCI..., presque chaque chaĂźne tente de tirer parti de cet journĂ©e de dimanche a Ă©galement Ă©tĂ© faste pour les sites d' de records-Le Journal du Dimanche JDD, qui publiait une interview exclusive de PĂ©nĂ©loppe Fillon, a vu l'audience de son site "quasiment doubler par rapport Ă  un dimanche classique", a indiquĂ© la direction Ă  l' Fillon et son Ă©pouse Penelope, le 5 mars au Trocadero Ă  Paris / AFP La semaine derniĂšre, le site du JDD avait dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ© l'une de ses cinq meilleures audiences hebdomadaires, dopĂ© par la publication de la lettre de dĂ©mission du directeur de campagne de François Fillon Patrick Stefanini et par l'annonce de la convocation du candidat LR par les juges d'instruction. Le site du Figaro a enregistrĂ© plus de 6 millions de visites, soit 40% de plus qu'un dimanche classique, et l'application a rĂ©alisĂ© une journĂ©e record, indique le titre. 20 Minutes revendique de son cĂŽtĂ© plus de 4 millions de visites mobile, site et application, soit une hausse de 70% sur mobile et de 30% sur le web par rapport au dimanche d'avant. Les premiĂšres rĂ©vĂ©lations sur l'affaire Fillon avaient dĂ©jĂ  permis au Canard EnchaĂźnĂ© de rĂ©aliser l'une des meilleures ventes de son histoire et le numĂ©ro d'EnvoyĂ© SpĂ©cial consacrĂ© Ă  l'affaire dĂ©but fĂ©vrier avait enregistrĂ© un score exceptionnel 5,4 millions de tĂ©lĂ©spectateurs, 21,5% de part d'audience.Au-delĂ  des rebondissements liĂ©s Ă  l'affaire Fillon, la campagne Ă©lectorale suscite cette annĂ©e un intĂ©rĂȘt quotidien Les Echos a ainsi vu ses ventes en kiosque exploser de 117% pour son Ă©dition du vendredi 24 fĂ©vrier, dans laquelle Ă©tait prĂ©sentĂ© en exclusivitĂ© le programme Ă©conomique d'Emmanuel septembre et dĂ©cembre 2016, 47,4 millions de tĂ©lĂ©spectateurs ont regardĂ© une Ă©mission ayant trait aux Ă©lections prĂ©sidentielles, contre 39,6 millions pendant la pĂ©riode de 2011, lors de la prĂ©cĂ©dente campagne, selon MĂ©diamĂ©trie. "On a beaucoup plus de moyens aujourd'hui pour faire vivre aux tĂ©lĂ©spectateurs cette campagne au plus prĂšs, mais nous sommes Ă©galement devenus un outil pour les hommes politiques eux-mĂȘmes", a estimĂ© Alain Weill.

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RĂ©sumĂ© Index Plan Texte Bibliographie Notes Citation Auteur RĂ©sumĂ©s À quoi correspond l’étude des publics de tĂ©lĂ©vision en sciences de l’information et de la communication ? Dans ce domaine disciplinaire, les terminologies audience », rĂ©ception », influence », publics » voire tĂ©lĂ©spectateurs » sont utilisĂ©es pour qualifier les recherches sur ceux qui regardent la tĂ©lĂ©vision ». Elles correspondent Ă  des approches voisines, complĂ©mentaires, mais toujours diffĂ©renciĂ©es. À l’heure actuelle, l’usage de la terminologie publics » tend Ă  dĂ©finir les contours d’une mĂ©thode d’approche relativement prĂ©cise, celle qui s’intĂ©resse Ă  des collectifs identifiĂ©s, actifs, plus ou moins circonscrits. Nous nous intĂ©ressons dans cet article Ă  la maniĂšre dont cette acception est devenue consensuelle en SIC, et Ă  ses Ă©volutions possibles. Il s’agit de se demander comment la prise en charge de l’objet par une discipline, en l’occurrence les SIC, influence le concept mĂȘme de public ». Autrement dit, le positionnement acadĂ©mique et scientifique d’un objet de recherche est analysĂ©. What mean television audience researches for communication studies ? Communication and reception studies researchers can use the words audience », reception », influence », publics », even tv viewers » to designate studies about those who watch television ». That is to say close, complementary but different approaches. Today, when one speaks about publics », it denotes quite precisely known, actives, more or less defined groups. We are interested here in how this definition became common in communication studies and its possible evolutions. It means questionning the effects of an academic disciplin appropriation on a publics » concept. We analyse the academic and scientific positioning of that research de page EntrĂ©es d’index Haut de page Texte intĂ©gral 1 Dans la lignĂ©e des cinĂ©-clubs », les tĂ©lĂ©s-clubs dĂ©signent une pratique de rĂ©ception collective d ... 1En France, c’est Ă  partir des annĂ©es 1950 que les milieux intellectuels et politiques s’accordent pour enquĂȘter sur les publics de tĂ©lĂ©vision. En 1954, l’UNESCO, le gouvernement et la RTF mettent en Ɠuvre un projet commun consistant en la rĂ©alisation d’une sĂ©rie expĂ©rimentale d’émissions d’éducation populaire État d’urgence » et de leurs effets sur le public. Dans ce cadre, il est demandĂ© Ă  Joffre Dumazedier, alors attachĂ© de recherches et prĂ©sident du mouvement d’éducation populaire Peuple et culture », de conduire une grande enquĂȘte sociologique sur le phĂ©nomĂšne des tĂ©lĂ©s-clubs1 et sur les rĂ©actions des gens face Ă  la tĂ©lĂ©vision naissante et particuliĂšrement au programme État d’urgence » Dumazedier, 1955. Il est intĂ©ressant de noter que les interrogations sur la composition sociologique des publics, sur l’influence des images, sur les attentes des tĂ©lĂ©spectateurs se posent alors mĂȘme que le mĂ©dia commence Ă  peine Ă  s’installer dans les pratiques. Puis, dans les annĂ©es 60, les universitaires prennent en charge l’objet. Ainsi plusieurs chapitres du manuel de la collection Que sais-je » Sociologie de la radio-tĂ©lĂ©vision, rĂ©digĂ© par le sociologue Jean Cazeneuve 1962, sont dĂ©jĂ  consacrĂ©s au public chapitre IV et Ă  la question de l’influence chapitres V Effets d’ordre intellectuel » et VI Effets moraux sociaux ». Au mĂȘme moment, sous l’impulsion de Georges Friedmann et Edgar Morin, le Centre d’étude des communications de masse Cecmas et la revue Communications reprĂ©sentent le cadre original du dĂ©veloppement des recherches en communication et sur les mĂ©dias. Ils favorisent, pour un temps au moins, les interrogations sur les publics avec notamment la publication d’articles La tĂ©lĂ©vision vĂ©cue » Friedmann, 1964, Communications, 3, Les effets des scĂšnes de violence au cinĂ©ma et Ă  la tĂ©lĂ©vision » Glucksmann, 1966, Communications, 7, TĂ©lĂ©vision et dĂ©mocratie culturelle » Friedmann, 1967, Communications, 10 ; L’attente du public l’exemple de la tĂ©lĂ©vision israĂ©lienne » Gurevitch, 1969, Communications, 14 ; Publics et culture en tĂ©lĂ©vision » WangermĂ©e, 1969, Communications, 14. AprĂšs quelques annĂ©es d’ ajournement acadĂ©mique » SĂ©gur, 2010 50, le dĂ©veloppement des sciences de l’information et de la communication a fortement contribuĂ© Ă  favoriser la mise en Ɠuvre de recherches sur les publics de tĂ©lĂ©vision ainsi que la diffusion des savoirs français et Ă©trangers sur le sujet. 2 D’emblĂ©e, il est Ă  noter que la notion d’usagers n’est pas mobilisĂ©e par les SIC lorsqu’il s’agit d ... 2Aujourd’hui, Ă  quoi correspond l’étude des publics de tĂ©lĂ©vision en SIC ? Dans ce domaine disciplinaire, les terminologies audience », rĂ©ception », influence », publics » voire tĂ©lĂ©spectateurs » sont corrĂ©lĂ©es pour qualifier les recherches sur ceux qui regardent la tĂ©lĂ©vision »2. Elles correspondent Ă  des approches voisines, complĂ©mentaires, mais diffĂ©renciĂ©es. L’étude de l’audience porte principalement sur les pratiques du mĂ©dia et sur les reprĂ©sentations quantitatives des tĂ©lĂ©spectateurs produites par les dispositifs de mesure de l’audience cf. Bourdon, Meadel, 2014. Les facteurs d’influence contenus dans les messages mĂ©diatiques ainsi que les conditions psychosociales de leur rĂ©ception sont les objets privilĂ©giĂ©s d’un autre axe de recherche cf. Courbet, Fourquet-Courbet, 2003. À l’heure actuelle, l’usage de la terminologie publics » tend Ă  dĂ©finir les contours d’une approche prĂ©cise, celle qui s’intĂ©resse Ă  des collectifs identifiĂ©s, actifs, et circonscrits. Nous nous intĂ©ressons ici Ă  la maniĂšre dont cette dĂ©finition est devenue consensuelle en Sciences de l’information et de la communication et Ă  ses Ă©volutions. Il s’agit de se demander comment la prise en charge de l’objet par une discipline en l’occurrence les SIC, a contribuĂ© Ă  construire le concept mĂȘme de public » par cette discipline. Autrement dit, le positionnement acadĂ©mique et scientifique d’un objet de recherche est ici analysĂ© dans sa dimension historique et Ă©pistĂ©mologique. Si les racines du concept de public comme objet scientifique peuvent ĂȘtre situĂ©es dans des Ă©crits datĂ©s du xxe siĂšcle Dewey, 1927 ; Tarde, 1901, nous situons notre propos dans une prĂ©sentation actualisĂ©e de cette thĂ©matique de recherche. La montĂ©e en lĂ©gitimitĂ© des tĂ©lĂ©spectateurs comme objet de recherche acadĂ©mique 3 En tant que directeur du programme de recherche Communication CNRS, du LCP et de la revue HermĂšs, D ... 4 Dans l’article Les mystĂšres de la rĂ©ception, D. Dayan 1992 159-161 propose explicitement ce dĂ©p ... 3Dans les annĂ©es 1980, l’institutionnalisation des Sciences de l’information et de la communication participe Ă©galement d’un mouvement de rĂ©habilitation de la tĂ©lĂ©vision et de ses tĂ©lĂ©spectateurs comme objet d’étude scientifique. En effet, un engouement gĂ©nĂ©ral pour la problĂ©matique de la communication – Claude Baltz 1985 Ă©voque la nĂ©buleuse inforcom » – a favorisĂ© le dĂ©veloppement d’enquĂȘtes et la diffusion des connaissances. Entre 1985 et 1997, le CNRS met en place un programme Communication » dirigĂ© par Dominique Wolton. Ce dernier vient alors de publier, avec Jean-Louis Missika alors conseiller du PrĂ©sident-directeur-gĂ©nĂ©ral d’Antenne 2 l’ouvrage La folle du logis. La tĂ©lĂ©vision dans les sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques 1983 ils y affirmaient le rĂŽle dĂ©mocratique et socio-Ă©ducatif de la tĂ©lĂ©vision. Dominique Wolton poursuit cette dĂ©marche en publiant en 1990 un Éloge du grand public, un plaidoyer explicite en faveur des tĂ©lĂ©spectateurs il explique que son objectif est de montrer l’importance » de la tĂ©lĂ©vision, d’un point de vue dĂ©mocratique », en raison du quasi dĂ©sert de rĂ©flexion dont il [le mĂ©dia] est l’objet » ibid. 3. Il dĂ©nonce les lieux communs sur son pouvoir, son influence, la bĂȘtise du public, la passivitĂ© du spectateur, l’aliĂ©nation de l’image » id. 11. Le ton est donnĂ© ; l’étude de la rĂ©ception mĂ©diatique est un thĂšme rĂ©current des appels d’offres alors lancĂ©s par le CNRS dans le cadre de ce programme de recherche sur la communication ». Ainsi, les Recherches mĂ©thodologiques sur les conditions de rĂ©ception et d’appropriation de l’image dans diffĂ©rents contextes culturels » et l’ethnographie des publics des Ă©missions de fiction et des Ă©missions d’information constitution du sens par les publics » sont deux axes d’un appel sur le traitement de l’image fixe et animĂ©e proposĂ© en 1986 ; celui de communication politique 1988 comporte un volet PluralitĂ© des publics et diffĂ©renciation du langage politique ». Dans ce cadre, Dominique Wolton crĂ©e le laboratoire Communication et Politique LCP, CNRS ainsi que la revue HermĂšs en 1988. Parmi les premiĂšres problĂ©matiques traitĂ©es et diffusĂ©es, figure celle des publics en 1989, les membres du LCP ont organisĂ© un colloque intitulĂ© Public et rĂ©ception » au centre Georges Pompidou Ă  Paris, premiĂšre manifestation scientifique d’envergure sur cet objet en France. L’objet du colloque est de faire le point et faire connaĂźtre l’état des savoirs disponibles sur les publics mĂ©diatiques en France, mais aussi Ă  l’étranger. Il rĂ©unit notamment des sociologues de l’EHESS et chargĂ©s de recherche CNRS JĂ©rome Bourdon, Daniel Dayan, Dominique Pasquier
, ainsi que des chercheurs Ă©trangers plutĂŽt reconnus comme spĂ©cialiste de la question de la rĂ©ception mĂ©diatique Ien Ang, John Corner, James Curran, Elihu Katz, Sonia Livingstone, David Morley
. Cette manifestation sera suivie de la publication d’un dossier pluridisciplinaire À la recherche du public » dirigĂ© par Daniel Dayan dans la revue HermĂšs, considĂ©rĂ© depuis lors comme une rĂ©fĂ©rence dans ce domaine de recherche3. Ces deux Ă©lĂ©ments marquent le dĂ©but d’une approche sociologique » des publics qui devient alors dominante dans ce champ d’étude. Celle-ci est notamment incarnĂ©e par Daniel Dayan et son article Les mystĂšres de la rĂ©ception » – considĂ©rĂ© comme une rĂ©fĂ©rence dans ce domaine4. Elle consiste Ă  ne plus solliciter l’expression des tĂ©lĂ©spectateurs, mais Ă  l’observer lĂ  oĂč elle se manifeste spontanĂ©ment. Ce qui conduit Ă  s’intĂ©resser aux processus de constitution d’un public. Chez Daniel Dayan, cela se traduit par l’étude des performances de tĂ©lĂ©spectateurs. 4Quelques annĂ©es plus tĂŽt, toujours dans le cadre du Programme de recherche en communication » du CNRS, et en partenariat avec le Centre national d’étude des tĂ©lĂ©communications, l’appel d’offres La tĂ©lĂ©vision dans l’espace public tĂ©lĂ© cultures et tĂ©lĂ©-Ă©vĂ©nements » inscrit l’écoute de la tĂ©lĂ©vision en tant que pratique culturelle et sociale. Il est remportĂ© par Dominique Boullier, alors docteur en anthropologie familiarisĂ© aux travaux nord-amĂ©ricains sur la rĂ©ception sociale des messages mĂ©diatiques cf. Katz, 1956, ainsi qu’à une perspective ethnomĂ©thodologique. Le projet d’enquĂȘte portait sur les conversations tĂ©lĂ© », c’est-Ă -dire les discussions sur ce mĂ©dia tenues spontanĂ©ment sur le lieu du travail. Il s’agissait de considĂ©rer la rĂ©ception de la tĂ©lĂ©vision comme une activitĂ© interprĂ©tative partagĂ©e ; pour Dominique Boullier, les publics de tĂ©lĂ©vision se constituent au cours d’interactions sociales quotidiennes, en dehors du moment strict de rĂ©ception voir Boullier, 1987, 2003 Ce n’est donc plus la situation de prĂ©sence devant la tĂ©lĂ©vision ou la lecture effective du journal qui permettent de comprendre la rĂ©ception. [
] La tĂ©lĂ©vision se parle au cours d’autres activitĂ©s ou mĂȘme comme activitĂ© centrale de conversation. [
 Les individus] manifestent aux autres membres de la sociĂ©tĂ© ce qu’ils font de la tĂ©lĂ©vision. [
] Ce sont ces discours qu’il faut prendre au sĂ©rieux, non pour ce qu’ils nous disent ce qui s’est passĂ© dans la tĂȘte des gens durant leur exposition au message en question, mais pour ce qu’ils sont, c’est-Ă -dire des activitĂ©s de comptes rendus en tant que telles, qui sont la rĂ©ception elle-mĂȘme ». 5Ainsi, deux idĂ©es principales soit une dĂ©finition performative des publics et la pratique de la tĂ©lĂ©vision comme expĂ©rience sociale, constituent un programme de recherche qui devient dominant dans les annĂ©es 1990-2000 dans le champ acadĂ©mique. Cette perspective est surtout appropriĂ©e par des sociologues des mĂ©dias, mais elle influence la conduite de travaux en sciences de l’information et de la communication. Vers une dĂ©finition consensuelle les publics performants » 5 Comme cela n’est pas le propos principal de cet article, nous ne proposons que quelques illustratio ... 6 Pour Ă©tudier la rĂ©ception d’une sitcom populaire Ă  succĂšs HĂ©lĂšne et les garçons, la sociologue des ... 7 Quelques exemples I. Ang Culture et communication. Pour une critique ethnographique de la conso ... 8 Quelques exemples P. Chambat, A. Ehrenberg TĂ©lĂ©vision, terminal moral », 1993, RĂ©seaux, hors sĂ© ... 6Nous avions pu observer comment l’étude des publics performants s’est principalement dĂ©veloppĂ©e de maniĂšre rĂ©ticulaire autour de chercheurs comme JĂ©rĂŽme Bourdon, Sabine Chalvon, Daniel Dayan, Dominique Pasquier, etc. et de foyers de production et de diffusion des savoirs l’EHESS, le CNRS, le Centre d’étude des mouvements sociaux, l’universitĂ© Paris 3, les revues Les dossiers de l’audiovisuel, HermĂšs, MĂ©diaspouvoirs, RĂ©seaux. La conduite d’enquĂȘtes, de sĂ©minaires ainsi que leur publicisation ont favorisĂ© le dĂ©veloppement de cette approche. L’on peut citer5 l’étude importante menĂ©e par Dominique Pasquier sur la rĂ©ception des adolescents de la sitcom HĂ©lĂšne et les garçons6 ; le rĂŽle important jouĂ© par les revues dans la traduction d’auteurs anglo-saxons considĂ©rĂ©s comme importants pour cette perspective de recherche7 ; ainsi que la publication de textes qui privilĂ©gient l’étude de la rĂ©ception d’une tĂ©lĂ©vision comme objet social et culturel, domestique et quotidien, oĂč l’on s’intĂ©resse aux modes d’appropriations socioculturelle et socioaffective du mĂ©dia par les publics8. Se dĂ©veloppe une approche qui s’intĂ©resse aux modes de constitution des publics, qui s’interroge sur la nature des publics et sur le sentiment d’appartenance ou non Ă  un collectif, et qui s’attache, enfin, Ă  observer les manifestations de la rĂ©ception lĂ  oĂč celle-ci se donne Ă  voir. 9 Notons que P. Sorlin a une bonne connaissance des rĂ©flexions proposĂ©es par D. Dayan, puisqu’il avai ... 10 H. Romeyer, L’autoreflexivitĂ© tĂ©lĂ©visuelle en France, entre communication mĂ©diatique et espace pu ... 11 G. Le Saulnier G., La police nationale dans une sociĂ©tĂ© mĂ©diatisĂ©e. Des stratĂ©gies mĂ©diatiques de l ... 12 G. GoasdouĂ© G., La construction des pratiques informationnelles par les publics des mĂ©dias », ... 13 P. BialĂšs P., Les mĂ©canismes de reconnaissance et la mobilisation de publics dans la mĂ©diatisatio ... 7En SIC, le dĂ©veloppement de cette approche se fait depuis lors Ă  diffĂ©rents niveaux. Par la conduite de doctorats notamment. En 1996, StĂ©phane Calbo, doctorant en SIC Ă  l’universitĂ© Paris 3, soutient une thĂšse intitulĂ©e Six rituels de la consommation tĂ©lĂ©visuelle une approche ethnographique de la rĂ©ception en tant que processus affectif conditionnĂ© par l’appartenance sociale, la logique sĂ©rielle de l’institution tĂ©lĂ©visuelle et le monde du programme » publiĂ©e en 1998. DirigĂ© par Pierre Sorlin9, ce travail a consistĂ© Ă  Ă©tudier les rituels affectifs reproduction d’habitudes, mises en scĂšne de la pratique d’un public actif qui se plie au jeu collectif de la rĂ©ception via l’adoption de certaines conduites spectatorielles. Selon StĂ©phane Calbo, c’est dans le moment de la rĂ©ception, me semble-t-il, qu’un public “prend corps” effectivement et qu’il acquiĂšre une expĂ©rience en tant que telle » Calbo, 2000 214. Cette dĂ©finition fait Ă©cho Ă  celle proposĂ©e de maniĂšre plus dĂ©taillĂ©e quelques annĂ©es plus tard par Dominique Pasquier et Daniel CefaĂŻ 2003 14 en introduction de l’ouvrage collectif Les sens du public Le public n’est pas un donnĂ© en soi, en antĂ©cĂ©dence ou en extĂ©rioritĂ© aux performances qui le visent ; il “se publicise” Ă  travers la ”publicisation” d’un problĂšme social ou d’une mesure politique, d’une Ɠuvre théùtrale ou d’un programme tĂ©lĂ©visuel ». Plus rĂ©cemment, l’on peut citer plusieurs autres travaux, qui traduisent l’installation en Sic de questionnements lĂ©gitimes sur les modes de constitution des publics et leurs manifestations. HĂ©lĂšne Romeyer10 a ainsi Ă©tudiĂ© comment le mĂ©canisme d’autorĂ©flexivitĂ© propre Ă  un certain type de programmes tĂ©lĂ©visuels amĂšne des tĂ©lĂ©spectateurs Ă  se constituer en un public capable de prise de parole. Guillaume Le Saulnier11 a enquĂȘtĂ© sur des modes d’appropriation des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es policiĂšres par des policiers c’est-Ă -dire des publics particuliĂšrement concernĂ©s » pour reprendre la dĂ©marche initiĂ©e par la sociologue des mĂ©dias Sabine Chalvon Demersay, 2003 et sur la maniĂšre dont celles-ci influencent la constitution de leurs identitĂ©s professionnelles. Il y a aussi la thĂšse de Guillaume GoasdouĂ©12 sur les pratiques informationnelles, ainsi que celle de Pierre BialĂšs13 sur les mĂ©canismes de reconnaissance et la mobilisation de publics dans la mĂ©diatisation du don humanitaire. 14 Dans ce dossier, l’audience n’est pas tant envisagĂ©e du point de vue des techniques de mesure des a ... 8En 2004, la notion de public devient centrale, en tĂ©moigne la publication simultanĂ©e de trois dossiers de revues scientifiques consacrĂ©s Ă  cet objet L’audience. Presse, radio, tĂ©lĂ©vision et internet » HermĂšs, 37, publiĂ© en 200314 ; Figures du public » RĂ©seaux, 126 ; Public, cher inconnu » Le temps des mĂ©dias, 3. C’est Ă  un laboratoire de recherche en sciences de l’information et de la communication, le Centre d’analyse et de recherche interdisciplinaire sur les mĂ©dias Carism de l’Institut français de presse IFP que l’on doit l’initiative de l’organisation d’une JournĂ©e d’étude Questionnements croisĂ©s sur le public et l’audience » autour de ces publications. Avec pour projet de mettre Ă  l’honneur le public, devenu point nodal des interrogations ». Ainsi le 1er avril 2005 ont Ă©tĂ© rĂ©unis Ă  l’universitĂ© Paris 2 des chercheurs de plusieurs disciplines Sic et sociologie principalement pour aborder les problĂ©matiques Parler du public », Parler au public » et Le public parle ». Ainsi observe-t-on qu’une forme de consensus caractĂ©rise la dĂ©finition performative de la notion de public de tĂ©lĂ©vision » dans les annĂ©es 2000 un public qui n’existe pas en soi, mais se constitue de la rencontre avec un dispositif mĂ©diatique. 9En parallĂšle, une autre perspective s’impose peu Ă  peu les enquĂȘtes sur des types spĂ©cifiques de public et sur des phĂ©nomĂšnes dĂ© dĂ©signation, de rĂ©ception, de constitution, d’appropriation ou encore de manifestation de soi. Ainsi en 2002, Philippe Le Guern dirige une publication collective consacrĂ©e aux cultes mĂ©diatiques. S’il parle des publics du culte » dĂšs les premiĂšres lignes de son propos introductif, il prĂ©cise ensuite que, dans le domaine des mĂ©dias – notamment du cinĂ©ma et de la tĂ©lĂ©vision –, des individus se constituent en publics d’Ɠuvres dites cultes par des phĂ©nomĂšnes de rĂ©ception et d’appropriation L’Ɠuvre culte peut ĂȘtre le prĂ©texte autour duquel se construisent des communautĂ©s spectatorielles, avec leurs valeurs, leurs usages, leurs rituels, etc. » Le Guern, 2002 17. Mais, l’auteur explique aussi que cette notion de culte est Ă©galement utilisĂ©e par les chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision, Ă  des fins performatives, dans le cadre de stratĂ©gies publicitaires il s’agit de s’adresser Ă  un public spĂ©cifique au sens d’audience ici, c’est-Ă -dire un public qui a intĂ©riorisĂ© la signification culturelle et sociale » de ce label culte ». DĂšs lors ĂȘtre de ceux qui regardent le programme culte » en question peut devenir valorisant voire un signe de distinction. La troisiĂšme partie de l’ouvrage est particuliĂšrement consacrĂ©e Ă  la tĂ©lĂ©vision avec le cas des publics de sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es cultes » l’on y retrouve un chapitre rĂ©digĂ© par Dominique Pasquier voir infra et d’autres proposĂ©s par des chercheurs en information-communication tels Éric Maigret et Jean-Pierre Esquenazi. Un intĂ©rĂȘt particulier portĂ© aux publics de fans est Ă©galement manifestĂ© par MĂ©lanie Bourdaa 2012, qui a créé en 2014 un groupe de recherche et d’étude sur les fans GREF, extension de travaux menĂ©s au sein de l’unitĂ© SIC MICA universitĂ© Bordeaux Montaigne, ou encore sur les publics festivaliers » [voir l’article consacrĂ© Ă  cet objet dans ce mĂȘme numĂ©ro de la RFSIC], Ă  partir des travaux menĂ©s au sein de l’équipe SIC Culture & Communication du Centre Norbert Elias UMR CNRS-EHESS-UniversitĂ© d’Avignon. Notons que la perspective de recherche sur des types spĂ©cifiques de publics s’enrichit au fur et Ă  mesure, avec l’organisation de manifestations scientifiques tel le colloque À la recherche des publics populaires » organisĂ© Ă  l’UniversitĂ© de Lorraine en 2011 et 2012, oĂč l’on retrouve ce principe de la performance » puisque les thĂ©matiques principales du colloque sont Faire peuple » et Être peuple ». Dans le mĂȘme temps, des appropriations se manifestent, lorsque des chercheurs en Sic prolongent et augmentent cette dĂ©finition en mobilisant des propositions thĂ©oriques et mĂ©thodologiques alternatives. Le public vu par les pratiques socioculturelles 15 Signalons que G. Soulez a une bonne connaissance des travaux de D. Dayan, les deux chercheurs se so ... 10À l’heure actuelle, trois perspectives, au moins, peuvent caractĂ©riser l’appropriation, par les SIC, de la problĂ©matique des publics mĂ©diatiques. Une premiĂšre se caractĂ©riserait par la rencontre de cette approche performative et consensuelle du public avec des dĂ©marches hĂ©ritĂ©es de la sĂ©miologie, du pragmatisme, de l’analyse de contenus ou encore de la rhĂ©torique. C’est le cas de cette enquĂȘte de 2004, de Guillaume Soulez, “Nous sommes le public” Apports de la rhĂ©torique Ă  l’analyse des publics » RĂ©seaux, 126. Le projet consistait Ă  observer des tĂ©lĂ©spectateurs qui manifestent leur activitĂ© de rĂ©ception, en l’occurrence par la rĂ©daction de courriers adressĂ©s Ă  un hebdomadaire culturel spĂ©cialisĂ© notamment dans la tĂ©lĂ©vision et le cinĂ©ma TĂ©lĂ©rama. On y retrouve deux Ă©lĂ©ments principaux de l’approche sociologique des publics type Dayan »15 l’idĂ©e de publicisation, c’est-Ă -dire un public constituĂ© en rĂ©ponse Ă  » Nous proposons d’étudier un niveau intermĂ©diaire [
] l’auditoire, que nous pouvons dĂ©finir en une premiĂšre approximation comme un collectif ponctuel construit par les tĂ©lĂ©spectateurs en rĂ©ponse Ă  un collectif visĂ© par un programme donnĂ© » ibid. 116 ; celle de la performance des publics L’hypothĂšse de l’auditoire est de partir de rĂ©actions attestĂ©es [
] formulĂ©es par les tĂ©lĂ©spectateurs eux-mĂȘmes, pour observer quelles sont les voies habituelles par lesquelles ils construisent le collectif qui donne sens pour eux au programme » id.. L’apport de la rhĂ©torique, selon l’auteur, permet de saisir une des Ă©tapes » de la rĂ©ception, c’est-Ă -dire une forme d’action qui se situe entre la rĂ©action et l’appropriation, nommĂ©e rĂ©activitĂ© » face au programme de tĂ©lĂ©vision. Une des conclusions de l’étude, au sujet de la nature des publics consiste Ă  dĂ©finir l’acte de regarder la tĂ©lĂ©vision comme Une activitĂ© par laquelle on s’expose au moment mĂȘme oĂč l’on veut faire partie d’un ensemble » id. 140. En effet, Guillaume Soulez propose d’utiliser la notion de rĂ©pertoire pour qualifier le registre de rĂ©activitĂ© auquel a recours le tĂ©lĂ©spectateur dans son acte performatif ; elle permet de prendre en compte une conscience du collectif qui caractĂ©rise la rĂ©ception tĂ©lĂ©visuelle Ă©tudiĂ©e sous l’angle des publics. 11En 1994, Jean-Pierre Esquenazi organisait un colloque intitulĂ© La tĂ©lĂ©vision et ses tĂ©lĂ©spectateurs » Ă  l’universitĂ© de Metz. Par la suite, dans la publication Les cultes mĂ©diatiques citĂ© prĂ©cĂ©demment, il prĂ©sentait les rĂ©sultats d’une enquĂȘte menĂ©e sur le public d’une sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e considĂ©rĂ©e comme culte Friends il Ă©voquait dĂšs les premiĂšres lignes la sĂ©rie et son » public. Ici, le public de la sĂ©rie Ă©tudiĂ© est celui qui se manifeste comme tel Ă  travers les rĂ©ponses donnĂ©es par de jeunes individus Ă  un questionnaire lycĂ©ens et Ă©tudiants. L’analyse du chercheur repose sur la notion de communautĂ© interprĂ©tative, soit un public, qui, Ă  un moment donnĂ©, se reconnaĂźt et adopte le langage de ce produit » Esquenazi, 2002a 233. La mĂȘme annĂ©e, Jean-Pierre Esquenazi publie l’article Les non-publics de la tĂ©lĂ©vision » dans la revue RĂ©seaux. Il y propose une rĂ©flexion Ă©pistĂ©mologique autour des notions employĂ©es pour qualifier les spectateurs audience, rĂ©ception et public. Ce qui l’amĂšne Ă  rappeler qu’un public est d’abord un rassemblement de personnes qui ont quelque chose en commun » Esquenazi, 2002b 318, ainsi qu’à oser une dĂ©finition des non-publics de tĂ©lĂ©vision ce sont les communautĂ©s dont les pratiques et les goĂ»ts ne sont pas conformes aux pratiques et aux goĂ»ts lĂ©gitimes » ibid. 322. Ceux qui savent inscrire leurs choix ou leurs jugements Ă  l’intĂ©rieur d’une norme sociale du bon goĂ»t parviennent Ă  faire partie d’un public ; mais ceux qui n’ont que des goĂ»ts jugĂ©s “vagues” ou “mĂ©diocres” sont rapidement inclus, qu’ils le veuillent ou non, Ă  l’intĂ©rieur d’une foule, d’une masse ou d’une audience » id. 323. S’inscrivant dans la continuitĂ© de la proposition thĂ©orique de Daniel Dayan, il prĂ©cise en effet que pour ĂȘtre remarquĂ©, un public doit en effet se manifester concrĂštement dans l’espace public » ; cependant, la rĂ©ception domestique des programmes tĂ©lĂ©visuels ne facilite pas de telles rĂ©actions collectives. DĂšs lors, selon le chercheur, les classes dominantes qui manifestent leur dĂ©sapprobation des contenus tĂ©lĂ©visuels sont un premier emblĂšme de constitution d’un public de
 tĂ©lĂ©vision » id. 331. Ce faisant, Jean-Pierre Esquenazi appelait Ă  un dĂ©veloppement des recherches sur la formation des non-publics ; appel qui peut aujourd’hui ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un Ă©lĂ©ment de rĂ©fĂ©rence dans le domaine de l’étude des publics, Ă  la faveur notamment de cette enquĂȘte, de la rĂ©flexion sur les non-publics » qui l’accompagne, et de la publication, en 2003, du manuel Sociologie des publics collection RepĂšres » des Ă©ditions La DĂ©couverte. Notons Ă©galement que Jean-Pierre Esquenazi est l’auteur de la contribution Les mĂ©dias et leurs publics », publiĂ©e dans le chapitre consacrĂ© aux Objets » dans le manuel Sciences de l’information et de la communication. Objets, savoirs, discipline, dirigĂ© par StĂ©phane Olivesi 2006. À ce sujet, il est intĂ©ressant de relever l’évolution de la perception et de la dĂ©finition de la notion de public dans le champ de la communication lorsque Lucien Sfez coordonne en 1993 le Dictionnaire critique de la communication, il fait appel Ă  Michel Souchon, sociologue de formation et praticien de la mesure d’audience il fut successivement directeur des Ă©tudes de TF1, puis d’Antenne 2 et enfin de la PrĂ©sidence de France TĂ©lĂ©visions, pour la rĂ©daction de la notice Public/publics de tĂ©lĂ©vision ». Il s’agit alors de dĂ©crire la diversitĂ© des comportements tĂ©lĂ©spectatoriels Ă  l’aune des donnĂ©es quantitatives proposĂ©es par les mesures d’audience Il est possible, en se basant sur les banques de donnĂ©es construites par les instituts qui mesurent l’audience, de dresser une sorte de cartographie des comportements des tĂ©lĂ©spectateurs » Souchon, 1993 1045. Mais Michel Souchon y rĂ©habilite surtout le grand public » en expliquant que, contrairement aux idĂ©es reçues, ceux qui regardent beaucoup la tĂ©lĂ©vision sont aussi ceux qui regardent une plus grande variĂ©tĂ© de genres de programmes notamment les informations et les documentaires tandis que les petits spectateurs » ne sont pas si sĂ©lectifs et exigeants qu’on l’imagine. Une vingtaine d’annĂ©es plus tard, lorsque Jean-Pierre Esquenazi 2006 fait le point sur Les mĂ©dias et leurs publics », on comprend l’évolution des problĂ©matiques la connaissance des publics doit se faire Ă  partir des publics eux-mĂȘmes et de leurs capacitĂ©s d’interprĂ©tation et d’appropriation, de restructuration, etc. 16 Citons, pour exemple, la publication collective Les publics de la culture, coordonnĂ©e par O. Donnat ... 12La promotion tardive – pour ne pas dire la rĂ©habilitation – en France des Cultural Studies par le chercheur en information-communication Éric Maigret a Ă©galement eu pour effet de placer l’étude des publics au premier plan. Et de mettre en avant la variĂ©tĂ© des compĂ©tences que les publics mettent en Ɠuvre dans l’activitĂ© de rĂ©ception de messages tĂ©lĂ©visĂ©s L’analyse des publics des mĂ©dias et de la façon dont ils recevaient leurs messages a tout de suite montrĂ© que les individus n’étaient pas des ĂȘtres passifs soumis au pouvoir des mĂ©dias. Ils manifestent au contraire des facultĂ©s diffĂ©rentes d’attention, de comprĂ©hension, d’interprĂ©tation, d’acceptation ou de refus dans lesquelles leur situation personnelle et sociale joue un grand rĂŽle » Maigret, 2003 50. L’importation de ce renversement d’approche des Cultural Studies s’accompagne d’une volontĂ© de dĂ©passement du modĂšle sociologique de la domination et de la thĂ©orie critique classique qui, non seulement, hiĂ©rarchisent les pratiques culturelles, mais excluent de celles-ci la tĂ©lĂ©vision, mĂ©dia de l’aliĂ©nation par excellence, des masses, et de l’illĂ©gitime distraction facile16. Les chercheurs en SIC qui travaillent sur les Ă©tudes culturelles mobilisent les enquĂȘtes sur la culture de masse, sur les milieux populaires, les contre-cultures », les publics marginalisĂ©s, ainsi que les Ă©tudes sur les capacitĂ©s d’interprĂ©tation des publics et sur les pratiques quotidiennes. Les thĂ©ories sur la lĂ©gitimitĂ© culturelle envisagent le rapport au mĂ©dia sur les modes de la manipulation et de la domination. Éric Maigret et Éric MacĂ© proposent de penser de maniĂšre combinĂ©e mĂ©dias et culture, et de ne pas considĂ©rer les pratiques mĂ©diatiques comme des actes indĂ©pendants, isolĂ©s, mais comme des Ă©lĂ©ments constitutifs des rapports sociaux. Éric MacĂ© explique que les mĂ©dias et les reprĂ©sentations mĂ©diatiques sont indissociables de la sphĂšre publique notion qu’il prĂ©fĂšre ici Ă  celle d’espace public, dont ils peuvent ĂȘtre des scĂšnes des lieux d’exposition et/ou des acteurs. DĂšs lors, les publics ne sont plus des objets de recherche sur lesquels se focaliser en tant que tels les membres des publics sont des individus qui peuvent manifester leur sensibilitĂ© Ă  une cause, un Ă©vĂ©nement, etc. qui se mĂ©diatise Ă  un moment donnĂ©. Le public est une manifestation des rapports sociaux, il est un Ă©lĂ©ment de construction de la rĂ©alitĂ© Qu’on s’intĂ©resse aux controverses publiques, aux reprĂ©sentations mĂ©diatiques ou Ă  l’expĂ©rience des ”publics”, c’est au fond la mĂȘme chose qu’on Ă©tudie la maniĂšre dont les mouvements culturels qu’ils soient conservateurs, rĂ©actionnaires ou transgressifs construisent conflictuellement la rĂ©alitĂ© Ă  travers cette forme spĂ©cifique de mĂ©diation qu’est la mĂ©diation mĂ©diatique » MacĂ©, 2005 42. Ainsi, Penser les mĂ©diacultures Maigret, MacĂ©, 2005 consiste Ă  ne plus considĂ©rer les mĂ©dias comme objet central dans les activitĂ©s de rĂ©ception des individus. DĂšs lors, il s’agit de s’intĂ©resser aux expĂ©riences publiques plutĂŽt qu’aux publics Une sociologie des publics est condamnĂ©e Ă  disparaĂźtre pour rĂ©ussir pleinement et se transforme alors en sociologie de l’espace public et de l’expĂ©rience, qui ne considĂšre pas les spectateurs ou les auditeurs comme isolĂ©s dans leur acte de rĂ©ception, mĂȘme s’ils sont vus comme psychologiquement capables et socialisĂ©s, mais comme actifs au sein d’un espace de prises de position oĂč il s’agit de se faire entendre » Maigret, 2003 53. Conclusion 13Les SIC ont accompagnĂ© un mouvement de rĂ©habilitation des publics de tĂ©lĂ©vision sur la scĂšne acadĂ©mique. Puis, elles ont participĂ© du mouvement de stabilisation de la dĂ©finition des publics collectifs ne prĂ©existant pas au produit mĂ©diatique. Le mouvement le plus rĂ©cent est celui de l’appropriation qui se caractĂ©rise par la proposition de dĂ©finitions, non pas alternatives, mais prolongĂ©es, augmentĂ©es, qui devraient permettre de saisir davantage la complexitĂ© de l’activitĂ© de rĂ©ception mĂ©diatique comme Ă©lĂ©ment constitutif des rapports des individus au monde qui les entoure. 14L’on pourrait penser que les recherches sur les publics en sciences de l’information et de la communication relĂšvent d’un rendez-vous pas totalement rĂ©ussi » Boure, 2007 258, car elles ne sont pas si nombreuses et restent encore dĂ©connectĂ©es de recherches connexes en sociologie des publics de la culture musĂ©es, festivals, en sociologie de la consommation culturelle sociologie du loisir et des pratiques de sortie, notamment, en marketing ou en psychologie des publics, soit d’un ensemble de champs et terrains dont les apports croisĂ©s pourraient ĂȘtre beaucoup plus frĂ©quents. Les manifestations scientifiques consacrĂ©es Ă  cet objet restent encore assez rares dans le champ disciplinaire des SIC, ainsi que les interventions sur l’objet lors des congrĂšs comme ceux de la SFSIC, par exemple. Pour autant, l’on peut affirmer que les publics sont un objet aujourd’hui totalement lĂ©gitime en sciences humaines et sociales, et en SIC en particulier, ce dont tĂ©moigne la publication de ce numĂ©ro thĂ©matique de la Revue Française des sciences de l’information et de la communication. Haut de page Bibliographie Baltz Claude, La nĂ©buleuse Inforcom », RĂ©seaux, 1985, 13, p. 7-13. Bourdon JĂ©rĂŽme, Meadel CĂ©cile, dirs, Television audiences aroud the world, Palgrave MacMillan, 2014 Boullier Dominique, La conversation tĂ©lĂ©, Rennes, Lares, 1987. Boullier Dominique, La tĂ©lĂ©vision telle qu’on la parle, Paris, Éd. L’Harmattan, 2003. Bourdaa MĂ©lanie, Keep calm and join the fandom. 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Wolton a favorisĂ© le traitement de la problĂ©matique des publics ; en ce qui concerne particuliĂšrement le colloque Public et rĂ©ception » et le dossier À la recherche des publics », il est important de souligner le rĂŽle de passeur et de thĂ©oricien alors jouĂ© par D. Dayan, considĂ©rĂ© comme l’introducteur de la problĂ©matique de la rĂ©ception en France cf. l’article maintes fois citĂ© Les mystĂšres de la rĂ©ception », 1992 pour une analyse plus dĂ©taillĂ©e de ce rĂŽle, voir SĂ©gur, 2010. 4 Dans l’article Les mystĂšres de la rĂ©ception, D. Dayan 1992 159-161 propose explicitement ce dĂ©placement L’un des objectifs des Ă©tudes de rĂ©ception est alors de passer Ă  l’étude de cette quatriĂšme fiction de proposer une ethnographie des modes d’autoreconnaissance des publics. [
] Il leur Ă©choit de savoir comment se constituent les publics [
] et de rĂ©flĂ©chir sur les consĂ©quences d’une telle constitution ». Ce programme est unanimement considĂ©rĂ© comme un tournant pour les recherches sur les tĂ©lĂ©spectateurs Un important travail de dĂ©construction de la notion de “public” » Breton, Proulx, 2002 245 ; Ce renversement de point de vue s’accompagne d’un “tournant” mĂ©thodologique visant Ă  repenser les outils et les modes de saisie des donnĂ©es, et aboutit, le plus souvent dans une perspective ethnographique, Ă  des observations, entretiens, voire des sĂ©jours au sein de ce groupe exotique et mystĂ©rieux que constitue dĂ©sormais le public de tĂ©lĂ©vision » Le Grignou, 2003 3. 5 Comme cela n’est pas le propos principal de cet article, nous ne proposons que quelques illustrations du dĂ©veloppement de cette approche ; nous nous permettons de renvoyer le lecteur vers une autre publication pour une Ă©tude plus dĂ©taillĂ©e de la constitution rĂ©ticulaire de cette perspective de recherche SĂ©gur, 2010. 6 Pour Ă©tudier la rĂ©ception d’une sitcom populaire Ă  succĂšs HĂ©lĂšne et les garçons, la sociologue des mĂ©dias D. Pasquier 1999 a dĂ©veloppĂ© trois dispositifs qui ont consistĂ© Ă  envisager l’acte de rĂ©ception comme un acte du quotidien et comme un processus d’interprĂ©tation et d’utilisation des images dans sa comprĂ©hension de la rĂ©alitĂ© l’observation des comportements de jeunes tĂ©lĂ©spectatrices Ă  domicile au moment de la diffusion du programme, la distribution d’un questionnaire Ă  700 collĂ©giens et lycĂ©ens sur les goĂ»ts en terme de sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es, ainsi que l’analyse du courrier adressĂ© aux acteurs, reçu Ă  la sociĂ©tĂ© de production, dans lequel les tĂ©lĂ©spectateurs manifestent leur appartenance au public des fans de la sĂ©rie. D. Pasquier a ainsi mis Ă  jour le rĂŽle de cette sĂ©rie comme ressource identitaire, parmi d’autres, pour ces publics. Cette enquĂȘte a donnĂ© lieu Ă  la publication d’un ouvrage, mais aussi de nombreux articles et chapitres d’ouvrages collectifs plusieurs annĂ©es aprĂšs sa rĂ©alisation. 7 Quelques exemples I. Ang Culture et communication. Pour une critique ethnographique de la consommation des mĂ©dias », 1993, HermĂšs, 11-12 ; T. Liebes À propos de la participation des tĂ©lĂ©spectateurs », 1997, RĂ©seaux, hors sĂ©rie Sociologie de la communication » ; S. Livingstone Du rapport entre audiences et publics », 2004, RĂ©seaux, 126. 8 Quelques exemples P. Chambat, A. Ehrenberg TĂ©lĂ©vision, terminal moral », 1993, RĂ©seaux, hors sĂ©rie Sociologie de la tĂ©lĂ©vision » ; S. Proulx, Laberge Vie quotidienne, culture tĂ©lĂ©visuelle et construction de l’identitĂ© familiale », 1995, RĂ©seaux, 70 ; S. Calbo Les manifestations de l’affectivitĂ© en situation de rĂ©ception tĂ©lĂ©visuelle », 1998, RĂ©seaux, 90. 9 Notons que P. Sorlin a une bonne connaissance des rĂ©flexions proposĂ©es par D. Dayan, puisqu’il avait Ă©tĂ© membre de son jury de thĂšse dans les annĂ©es 80 et a notamment contribuĂ© – par la rĂ©daction d’un compte rendu de lecture – Ă  faire connaĂźtre en France l’ouvrage Media Events 1992, coĂ©crit par Daniel Dayan et Elihu Katz enquĂȘte sur les publics des cĂ©rĂ©monies tĂ©lĂ©visĂ©es. 10 H. Romeyer, L’autoreflexivitĂ© tĂ©lĂ©visuelle en France, entre communication mĂ©diatique et espace public de dĂ©bat les cas ArrĂȘts sur images et L’hebdo du mĂ©diateur », ThĂšse de doctorat en sciences de l’information et de la communication, UniversitĂ© Stendhal, Grenoble 3, 2004. 11 G. Le Saulnier G., La police nationale dans une sociĂ©tĂ© mĂ©diatisĂ©e. Des stratĂ©gies mĂ©diatiques de l’organisation aux usages et rĂ©ceptions des mĂ©dias par la profession, ThĂšse de doctorat en sciences de l’information et de la communication, UniversitĂ© PanthĂ©on Assas, Paris, 2010. 12 G. GoasdouĂ© G., La construction des pratiques informationnelles par les publics des mĂ©dias », ThĂšse de doctorat en sciences de l’information et de la communication, UniversitĂ© PanthĂ©on Assas, Paris, 2012. 13 P. BialĂšs P., Les mĂ©canismes de reconnaissance et la mobilisation de publics dans la mĂ©diatisation du don humanitaire », ThĂšse de doctorat en sciences de l’information et de la communication, UniversitĂ© PanthĂ©on Assas, Paris, 2013. 14 Dans ce dossier, l’audience n’est pas tant envisagĂ©e du point de vue des techniques de mesure des auditoires et lectorats, mais elle est plutĂŽt mise en perspective par l’entremise de la question de la connaissance des publics. 15 Signalons que G. Soulez a une bonne connaissance des travaux de D. Dayan, les deux chercheurs se sont cĂŽtoyĂ©s lors de manifestations scientifiques et se citent mutuellement cf. Dayan, 2002. 16 Citons, pour exemple, la publication collective Les publics de la culture, coordonnĂ©e par O. Donnat et P. Tolila en 2003, au sein de laquelle les papiers sur les publics des mĂ©dias peinent Ă  trouver leur place, et se limitent » Ă  deux textes sur une cinquantaine au total signĂ©s H. Glevarec et D. Pasquier dans un chapitre Culture jeune et publics juvĂ©niles ».Haut de page Pour citer cet article RĂ©fĂ©rence Ă©lectronique CĂ©line SĂ©gur, L’étude des publics de tĂ©lĂ©vision en SIC. Quelle Ă©volution conceptuelle ? », Revue française des sciences de l’information et de la communication [En ligne], 7 2015, mis en ligne le 30 septembre 2015, consultĂ© le 18 aoĂ»t 2022. URL ; DOI de page Auteur CĂ©line SĂ©gurCĂ©line SĂ©gur est maĂźtre de confĂ©rences en Sciences de l’information et de la communication et chercheuse au Centre de recherche sur les mĂ©diations UniversitĂ© de Lorraine. Ses travaux portent sur les figures de publics construites par les discours scientifiques, institutionnels et mĂ©diatiques ainsi que leurs enjeux sur les pratiques effectives. Elle a publiĂ© en 2010 l’ouvrage Les recherches sur les tĂ©lĂ©spectateurs. Trajectoires acadĂ©miques aux Ă©ditions HermĂšs/ de page

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