Colloqueinternational Affinity therapy, Recherches et pratiques contemporaines sur l'Autisme 2015 - 2015 moins d’un an. Rennes Affinity therapy, Nouvelles recherches sur l'autisme , sous la direction de Myriam Perrin, Postface de Jean-Claude Maleval PUR oct. 2015 Voir le profil complet de Julien DĂ©couvrir vos relations en commun Être mis en relation Contacter Julien Doll thĂ©rapie / La thĂ©rapie par poupĂ©es La dĂ©mence se produit sous de nombreuses formes et la maladie d’Alzheimer est l’un des types de dĂ©mence les plus courants de nos jours. Actuellement, il n’y a pas de remĂšde dĂ©finitif contre la dĂ©mence ou la maladie d’Alzheimer, mais les experts ne cessent pas de chercher de nouvelles façons d’amĂ©liorer la vie des patients atteints de dĂ©mence. L’une des mĂ©thodes les plus rĂ©centes que certains foyers de soins ou thĂ©rapeutes utilisent est la doll thĂ©rapie ou la thĂ©rapie par poupĂ©es». La thĂ©rapie par poupĂ©es consiste Ă  offrir des poupĂ©es aux patients atteints de dĂ©mence, afin de les aider Ă  se calmer et Ă  amĂ©liorer leur communication et interaction avec les autres. Les thĂ©rapeutes qui utilisent ce type de thĂ©rapie ont tentĂ© d’adopter la thĂ©orie de l’attachement de Bowlby, selon laquelle un fort attachement Ă©motionnel et physique Ă  une personne joue un rĂŽle important pour son dĂ©veloppement. Avec l’utilisation des poupĂ©es, les thĂ©rapeutes espĂšrent qu’un patient atteint de dĂ©mence formera un lien bĂ©nĂ©fique pour faire face Ă  sa condition. Bien qu’il n’y ait pas beaucoup d’études pouvant prouver que la doll thĂ©rapie est effectivement efficace, certaines recherches ont Ă©tĂ© menĂ©es pour confirmer son efficacitĂ©. Dans une Ă©tude publiĂ©e dans le National Center for Biotechnology Information, les chercheurs ont constatĂ© des changements importants lors de l’utilisation de la thĂ©rapie par poupĂ©es. Ils ont dĂ©clarĂ© ce qui suit Il semble que l’expĂ©rience Ă©motionnelle de la doll therapy favorise l’amĂ©lioration de la capacitĂ© de communication avec le monde environnant qui persiste avec le temps et qui est cliniquement significative ». De plus, de nombreux hospices pratiquent la thĂ©rapie par poupĂ©es, ce qui confirme son efficacitĂ©. En outre, il existe de nombreuses vidĂ©os sur la toile montrant la façon dont diffĂ©rentes personnes atteintes de dĂ©mence rĂ©agissent positivement lorsqu’elles sont attachĂ©es Ă  leurs poupĂ©es. Veronica Mckee est l’une des patientes atteintes de dĂ©mence. Sa petite-fille, Kirsty Ashton, Ă©tait prĂȘte Ă  tout pour que sa grand-mĂšre se sente mieux, c’est ainsi qu’elle a essayĂ© la thĂ©rapie par poupĂ©es pour l’aider. La vidĂ©o Ă©mouvante montrant Ă  quel point l’amour de Veronica pour la poupĂ©e qu’elle pensait ĂȘtre Kirsty vous fera pleurer. [Voir la vidĂ©o ci-dessous.] La thĂ©rapeute holistique Ruth Ablett a soulignĂ© qu’elle utilise cette mĂ©thode pour ses patients depuis plusieurs annĂ©es et qu’elle a Ă©tĂ© tĂ©moin du succĂšs du traitement de la maladie d’Alzheimer et de la dĂ©mence. De plus, elle a dĂ©clarĂ© que la dĂ©pendance des patients aux mĂ©dicaments psychotropes avait Ă©tĂ© rĂ©duite grĂące Ă  la thĂ©rapie. Selon la thĂ©rapie par poupĂ©e dĂ©clenche des sentiments de joie chez les patients car la poupĂ©e leurs rappelle les bons souvenirs de prendre soin d’un bĂ©bĂ©. Certaines familles des patients s’opposent Ă  l’utilisation de la doll therapy chez leurs proches atteints de dĂ©mence, affirmant que cette mĂ©thode est dĂ©valorisante» envers les patients qui sont traitĂ©s comme des enfants. Pour cette raison, la thĂ©rapie par poupĂ©e et la cĂąlinothĂ©rapie ne sont pas utilisĂ©es au niveau de tous les foyers de soins. Bien que l’on puisse comprendre pourquoi de nombreuses personnes mettent en question l’utilisation de poupĂ©es pour aider les personnes atteintes de dĂ©mence en raison du manque de preuves scientifiques solides qui soutiennent son efficacitĂ©, il est Ă©galement Ă©vident que certaines personnes y croient et essaient toutes sortes de thĂ©rapie pour aider leurs proches atteints de la maladie d’Alzheimer ou de dĂ©mence Ă  se sentir heureux mĂȘme pour une courte pĂ©riode de temps, mĂȘme s’ils oublieraient tout demain, Ă  l’instar de Kirsty, qui a tentĂ© sa chance avec sa grand-mĂšre Veronica. Il n’est pas inutile de dĂ©ployer des efforts pour une personne que vous chĂ©rissez, mais vous devez tenir Ă  l’esprit que la thĂ©rapie par poupĂ©e n’est pas efficace pour tout le monde. Il y a certains points que vous devriez prendre en considĂ©ration si vous voulez essayer cette thĂ©rapie avec l’un de vos proches avant tout, vous ne devriez jamais forcer le patient Ă  toucher la poupĂ©e – au contraire laissez-le s’approcher de la poupĂ©e tout seul et observez sa rĂ©action. DeuxiĂšmement, il est dĂ©conseillĂ© d’utiliser une poupĂ©e qui pleure pour ne pas provoquer ou dĂ©stabiliser le patient. TroisiĂšmement, ne vous rĂ©fĂ©rez pas Ă  la poupĂ©e comme une poupĂ©e – notamment lorsque le patient a dĂ©jĂ  Ă©tabli un lien avec elle; cela pourrait nuire Ă  ses sentiments. Depuis que Kirsty a partagĂ© les effets positifs de la thĂ©rapie sur sa grand-mĂšre, de nombreuses personnes ont Ă©tĂ© inspirĂ©es et heureuses d’avoir appris la thĂ©rapie par poupĂ©e. Des dons ont Ă©galement Ă©tĂ© faits au foyer de soins qui s’occupe de Veronica. Si cet article vous a inspirĂ©, n’hĂ©sitez pas Ă  le partager ! Sources et rĂ©fĂ©rences Traduit et adaptĂ© par
lesrécentes recherches développées dans cet ouvrage ouvrent d'une part une perspective majeure quant à la considération de la spécificité
Affinity therapyNouvelles recherches sur l'autismeTout s'est prĂ©cipitĂ© aux États-Unis Ă  partir du printemps 2014. Le cĂ©lĂšbre journaliste politique Ron Suskind publie le 1er avril Life, animated. Il y dĂ©crit sa rencontre » avec son fils autiste Owen grĂące au monde de Disney. Owen est ainsi sorti de son retrait, il s'est mis Ă  parler et a dĂ©veloppĂ© de nombreuses capacitĂ©s. R. Suskind tĂ©moigne prĂ©cisĂ©ment du soutien des inventions d'un autiste par les membres de sa famille. C'est ce qu'il nomme, fort justement, l'Affinity sont les parents qui parient, souvent contre l'avis des experts, sur les capacitĂ©s auto-thĂ©rapeutiques de leur enfant autiste, accueillant leurs affinitĂ©s quelles qu'elles soient. Nombreux sont les autistes qui tĂ©moignent de l'appui fondamental qu'elles constituent, tout comme le soutien d'un de leurs proches. Il s'agit pour le chercheur, le professionnel et le psychanalyste d'apprendre des consĂ©quences de l'Affinity therapy, non seulement d'Ă©couter les autistes, mais aussi le savoir-y-faire des parents, leurs paroles transmettant inventions et trouvailles de chacun pour crĂ©er du lienL'Ă©cho considĂ©rable dans les mĂ©dias amĂ©ricains et britanniques de l'ouvrage de Ron Suskind contraint aujourd'hui les spĂ©cialistes et chercheurs du monde entier Ă  une modification radicale de la considĂ©ration des obsessions ou fixations, des passions ou intĂ©rĂȘts spĂ©cifiques dans le traitement des autismes, majoritairement fustigĂ©s ou considĂ©rĂ©s comme des lubies passagĂšres, Ă  Ă©radiquer. Cet ouvrage interroge ainsi la considĂ©ration des affinitĂ©s dans diverses approches de l'autisme et ouvre le dĂ©bat quant Ă  la question du diagnostic, de l'Ă©tiologie et du dĂ©terminisme de l'autisme, et plus largement les points de butĂ©es que la science rencontre chez l' visĂ©e majeure de cet ouvrage - visĂ©e politico-clinique - est de montrer l'intĂ©rĂȘt de l'Affinity therapy, d'en dĂ©plier la portĂ©e ainsi que ses accointances avec le traitement de l'autisme mis en oeuvre dans la pratique Ă  plusieurs » s'orientant du discours analytique. En France et en Europe, de nombreuses institutions qui accueillent des sujets autistes prennent en compte dans leur pratique au quotidien l'objet dit autistique, l'affinitĂ© aussi discrĂšte soit-elle, non comme un obstacle mais un objet Ă©lu, une affinitĂ© Ă©lective de l'autistic mind. Elles soutiennent ainsi les inventions de chacun des autistes, les complexifient vers une ouverture au monde, au lien social et aux apprentissages. Cet ouvrage dĂ©finit les principes et la logique d'une telle pratique et dĂ©plie comment ces institutions offrent un mix sur mesure » du triptyque mĂ©dical, pĂ©dagogique et activitĂ©s d' cet ouvrage apporte de maniĂšre trĂšs serrĂ©e ce qu'il en est d'un appui sur les affinitĂ©s et inventions subjectives dans le traitement de l'autisme la prise en considĂ©ration du rĂ©el qui s'impose et des dĂ©fenses Ă©laborĂ©es par le sujet pour y faire face.
Nouvellesrecherches sur l’autisme. Collectif. Sous la direction de Myriam Perrin ChĂ©rel. Postface de Jean-Claude Maleval. DisponibilitĂ© : 3 en stock. 18.01 € Plus que 3 en stock. QuantitĂ© : Ajouter au panier. UGS : 9782753542983 CatĂ©gorie : Presses univ. de Rennes Étiquettes : Autisme, Lien social & modernitĂ©, Politique, Psychanalyse appliquĂ©e, Science & croyances. Access through your institutionPsychologie cliniqueLes ateliers thĂ©rapeutiques variations ludiques sur le thĂšme de l’objet de mĂ©diationThe therapeutic workshops Gamming variations on the theme of the object of mediationRĂ©sumĂ©Dans cet article, les auteurs proposent de revisiter les ateliers Ă  mĂ©diations thĂ©rapeutiques, oĂč les objets sont proposĂ©s par l’environnement institutionnel et/ou le thĂ©rapeute, Ă  partir de la rĂ©cente affinity therapy », pratique prenant appui sur l’intĂ©rĂȘt et l’investissement d’objets spĂ©cifiques choisis par les enfants autistes. À la croisĂ©e de ces deux pratiques qui semblent, a priori, le nĂ©gatif l’une de l’autre, les auteurs proposent de penser un dispositif Ă  mĂ©diation oĂč les objets varient en fonction des besoins » de l’enfant. Deux situations cliniques seront exposĂ©es, permettant d’isoler les enjeux mĂ©tapsychologiques et cliniques d’un atelier Ă  variation » sur le thĂšme de l’objet. Un dĂ©licat nouage entre dĂ©sir de l’intervenant et intĂ©rĂȘt de l’enfant, le tout sur fond de this article, the authors suggest revisiting workshops with therapeutic mediations, where objects are proposed by the institutional environment and\or the therapist, from recent “affinity therapy”, practice taking support on the interest and the investment of specific objects chosen by the autistic children. Between these two practices, which seem, at first glance, the negative one of the other one, the authors suggest thinking a device with mediation where objects vary according to the child's “needs”. Two clinical situations will be exposed, allowing to isolate the metapsychological and clinical stakes of a workshop “in variation” on the theme of the object. A delicate knotting between wish of the intervener and interest of the child, the whole on the background of clĂ©sAtelier thĂ©rapeutiqueMĂ©diationAffinity therapyDĂ©sirInstitutionKeywordsTherapeutic workshopsMediationAffinity therapyWishInstitutionCited by 0View full text© 2016 SociĂ©tĂ© Française de Psychologie. Published by Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
InterventionsĂ©ducatives, pĂ©dagogiques et thĂ©rapeutiques proposĂ©es dans l’autisme : une revue de la littĂ©rature 6/319 II.2.4 - Approches focalisĂ©es sur la communication et la conversation
Vingt-huit structures expĂ©rimentales ont Ă©tĂ© créées en France en prenant appui sur une circulaire du 5 janvier 2010 de la Direction GĂ©nĂ©rale de l’Action Sociale afin de mettre en Ɠuvre la mesure 29 du plan Autisme 2008-2010 Promouvoir une expĂ©rimentation encadrĂ©e et Ă©valuĂ©e de nouveaux modĂšles d’accompagnement ». Les 28 institutions ont disposĂ© pendant plusieurs annĂ©es de moyens financiers et humains considĂ©rables dans le but d’établir pour l’essentiel la pertinence d’un seul nouveau modĂšle d’accompagnement des autistes la mĂ©thode ABA. Un tel privilĂšge donnĂ© Ă  cette approche devrait surprendre elle est certes recommandĂ©e en 2012 par le plan Autisme, mais non validĂ©e scientifiquement, et sujette Ă  de nombreuses critiques, notamment sur le plan Ă©thique. Deux autres mĂ©thodes sont aussi recommandĂ©es TEACCH et Denver, lesquelles, certes, ne son pas plus validĂ©es, mais dont chacun s’accorde Ă  considĂ©rer qu’elles sont moins intrusives pour l’enfant autiste. On sait qu’Autisme France, soutenu par un groupe parlementaire influent, a fait de la promotion de la mĂ©thode ABA un cheval de bataille de sa croisade contre la psychanalyse. La crĂ©ation de 28 structures toutes consacrĂ©es Ă  l’expĂ©rimentation de l’ABA donne la mesure de l’écho de leur lobbying auprĂšs des pouvoirs publics. Les rĂ©sultats d’une expĂ©rimentation de cette mĂ©thode faite dans les meilleures conditions pendant une pĂ©riode d’environ cinq ans et dans 28 Ă©tablissements, portant sur 578 enfants autistes, prennent dans ce contexte une particuliĂšre importance. Vont-ils confirmer l’étonnante statistique obtenue lors de la premiĂšre expĂ©rimentation de la mĂ©thode ABA par Lovaas et son Ă©quipe, Ă  savoir le chiffre sans cesse avancĂ© de 47 % des enfants qui ont atteint un dĂ©veloppement intellectuel normal et un fonctionnement Ă©ducatif normal, avec un QI normal et une frĂ©quentation normale des Ă©coles primaires publiques »[1]. Les Ă©tudes postĂ©rieures furent nombreuses Ă  mettre en doute la validitĂ© de ce rĂ©sultat. Une recherche fouillĂ©e sur cette question, publiĂ©e en 2004, aux Etats-Unis, par V. Shea, conclut Il est temps pour les partisans de la mĂ©thode et les professionnels d’arrĂȘter de citer le chiffre de 47%, ainsi que les concepts tels que dĂ©veloppement normal », enfants impossibles Ă  distinguer des enfants de leur Ăąge au dĂ©veloppement normal, et le fait d’avoir Ă©tĂ© guĂ©ris » de l’autisme. Les rĂ©sultats rapportĂ©s de la recherche initiale ne sont pas en accord avec de telles interprĂ©tations de plus, d’autres Ă©tudes, effectuĂ©es au cours des trois dĂ©cennies qui se sont Ă©coulĂ©es depuis le dĂ©but de cette recherche, mettent systĂ©matiquement en Ă©vidence des taux de rĂ©ussite selon les critĂšres de l’étude d’origine qui sont significativement infĂ©rieurs Ă  47% »[2]. Une recherche plus rĂ©cente, effectuĂ©e par V. Cruveiller, en 2012, confirme que les rĂ©serves Ă©mises par V. Shea 2004 demeurent valides. Les donnĂ©es actuellement disponibles restent insuffisantes pour confirmer scientifiquement l’indication d’une prise en charge comportementale intensive chez les enfants avec autisme »[3]. La Haute AutoritĂ© de SantĂ© elle-mĂȘme en 2012 considĂšre qu’il n’existe qu’une prĂ©somption » scientifique d’efficacitĂ© concernant la mĂ©thode ABA. En fĂ©vrier 2015, la Caisse Nationale de SolidaritĂ© pour l’Autonomie CNSA rend publique une Evaluation nationale des structures expĂ©rimentales Autisme ». Elle a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par des organismes indĂ©pendants les cabinets CekoĂŻa conseil et PlanĂšte Publique. Le rapport final constate que les 28 structures expĂ©rimentales se caractĂ©risent par l’application de techniques psycho-Ă©ducatives de type comportementaliste ABA. Ces techniques impliquent des taux d’encadrement et une intensitĂ© d’accompagnement Ă©levĂ©s qui eux-mĂȘmes impliquent des coĂ»ts globalement plus Ă©levĂ©s que pour des structures traditionnelles du secteur mĂ©dico-social. Un des objectifs de ces expĂ©rimentations est d’identifier si un accompagnement intensif tant au niveau du nombre d’heures que du taux d’encadrement peut permettre de rĂ©aliser des progrĂšs plus rapidement que dans une structure classique. Ces progrĂšs doivent permettre une sortie plus rapide du secteur mĂ©dico-social vers le milieu ordinaire et a minima une amĂ©lioration des capacitĂ©s des enfants, qui est logiquement favorable Ă  un accompagnement futur allĂ©gĂ© ». Une des principales questions auxquelles il est demandĂ© aux Ă©valuateurs de rĂ©pondre est celle-ci le surcoĂ»t du fonctionnement des structures expĂ©rimentales » permet-il l’obtention de meilleurs rĂ©sultats pour le devenir des enfants autistes ?[4] Afin de respecter le taux d’encadrement, un professionnel pour un enfant, nĂ©cessaire Ă  une bonne application de la mĂ©thode ABA, le surcoĂ»t s’avĂšre en effet important 64 000 € /an la place en moyenne contre 14000€ pour les SESSAD tous types de SESSAD confondus, 32000 € pour les IME autisme sans places d’internat et 47000€ pour les IME autisme avec ou sans places d’internat »[5]. GrĂące Ă  ce financement gĂ©nĂ©reux le taux d’encadrement par structure expĂ©rimentale, Ă©crivent les rapporteurs, varie de 0,28 ETP pour 1 enfant Ă  2,36 ETP pour 1 enfant. En moyenne, le taux d’encadrement global toutes catĂ©gories de personnel confondues est de 1,29 ETP pour 1 enfant. A titre d’information, en 2012, au niveau national, pour les structures du secteur mĂ©dico-social non expĂ©rimentales, le taux d’encadrement moyen Ă©tait de 0,27 ETP pour 1 enfant au sein des SESSAD et de 0,76 ETP pour 1 enfant au sein des IME autismes »[6]. Une des conditions majeures du fonctionnement de la mĂ©thode ABA est respectĂ©e puisque le taux d’encadrement par du personnel en situation directe d’accompagnement toutes structures expĂ©rimentales confondues est de 1,03 ETP[7] par enfant[8]. L’autiste dans de telles structures n’est jamais seul il est en permanence pris en charge par un professionnel. Le nombre d’heures d’accompagnement hebdomadaire moyen par enfant est de 26 heures. Les conditions de travail sont apparemment trĂšs favorables un petit groupe d’autistes 16 en moyenne, des enfants jeunes Ăąge moyen 8,5 ans, des profils variĂ©s, une co-construction du projet avec des parents impliquĂ©s, et des Ă©quipes composĂ©es de professionnels et de parents soudĂ©es par un mĂȘme militantisme en faveur de la mĂ©thode ABA. Un certain nombre d’associations gestionnaires et de structures, constate le rapport, affichent l’objectif de diffuser et de faire reconnaĂźtre les mĂ©thodes comportementales comme faisant partie de leurs prioritĂ©s – voire l’ont inscrit dans leur projet d’établissement ou dans leur activitĂ© »[9]. Il prĂ©cise que les professionnels psychologues et Ă©ducateurs maitrisent essentiellement la mĂ©thode ABA, et les Ă©ducateurs sont parfois invitĂ©s Ă  dĂ©sapprendre » les autres approches d’accompagnement de l’autisme Ă  leur arrivĂ©e dans la structure en particulier les approches liĂ©es Ă  la mĂ©thode psychanalytique »[10]. Dans certaines institutions pilotes ce militantisme a engendrĂ© quelques difficultĂ©s pour recruter un psychiatre ou un pĂ©dopsychiatre qui accepte de rĂ©aliser des vacations au sein d’une structure qui applique des mĂ©thodes comportementales »[11]. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale les mĂ©decins y sont peu prĂ©sents. Ce qui n’apparaĂźt pas susciter beaucoup de soucis. En revanche une prĂ©occupation Ă©tonnante s’impose eu Ă©gard Ă  la bonne qualitĂ© apparente des conditions de travail des problĂšmes de turn-over, Ă  tous les niveaux hiĂ©rarchiques et particuliĂšrement au niveau du personnel Ă©ducatif »[12]. Pour ces derniers, observent les rapporteurs, le caractĂšre exigeant de leur fonction peut s’expliquer par plusieurs facteurs, au premier rang desquels ils mettent, sans doute avec pertinence, les mĂ©thodes d’accompagnement intensives » et les tĂąches rĂ©pĂ©titives liĂ©es Ă  la mise en Ɠuvre des protocoles ABA »[13]. Plusieurs structures ont dĂšs lors fait le choix de ne pas recruter d’éducateurs spĂ©cialisĂ©s pour les tĂąches d’exĂ©cution » mais des profils moins diplĂŽmĂ©s. Rappelons le constat de M. Dawson, une autiste canadienne de haut niveau les terribles souffrances des premiĂšres semaines d’ABA ne sont pas dues Ă  l’extraction hors de nos supposĂ©s mondes privĂ©s. Il est plus plausible que les pleurs, les cris perçants, et les fuites soient ceux du soulĂšvement d’un enfant qui est forcĂ© de maniĂšre rĂ©pĂ©titive Ă  abandonner ses points forts »[14]. Il est trĂšs probable que le turn-over des Ă©ducateurs rĂ©sulte de la confrontation rĂ©pĂ©tĂ©e aux souffrances de l’enfant suscitĂ©es par la rigiditĂ© des protocoles. La mĂ©thode ABA faisant l’impasse sur la vie psychique, pour ne vouloir connaĂźtre que les comportements, ne fait pas bon mĂ©nage avec des professionnels qualifiĂ©s elle se satisfait de peu de mĂ©decins, de peu de pĂ©dopsychiatres, de peu d’éducateurs spĂ©cialisĂ©s, et de psychologues ne connaissant qu’une seule mĂ©thode. Les auteurs du rapport ne sauraient ĂȘtre suspectĂ©s d’avoir une approche critique Ă  l’égard des 28 structures expĂ©rimentales. Bien au contraire, ils adhĂšrent parfois trop aisĂ©ment au discours qui s’y trouve tenu. Pour plusieurs structures, Ă©crivent-ils, les relations avec les Ă©quipes hospitaliĂšres et notamment la pĂ©dopsychiatrie sont compliquĂ©es du fait d’une mĂ©connaissance, voire parfois d’un rejet, de la part de ce secteur et notamment des pĂ©dopsychiatres, des mĂ©thodes comportementales utilisĂ©es dans les structures »[15]. Ce n’est certainement pas par mĂ©connaissance » que la plupart des associations reprĂ©sentatives de la psychiatrie française se sont Ă©levĂ©es contre les recommandations du 3Ăšme plan autisme favorisant abusivement la mĂ©thode ABA.[16] Beaucoup de pĂ©dopsychiatres ont eu connaissance du travail de V. Shea, citĂ© plus haut, voire de ceux de Dawson, et de bien d’autres, en revanche les militants d’Autisme France, souvent Ă  l’origine des structures expĂ©rimentales, ne souhaitent guĂšre s’informer, rĂ©pĂ©tant sans cesse Ă  tort qu’ABA serait validĂ© scientifiquement. D’autre part, les Ă©valuateurs se contentent de peu quand il s’agit de mettre en Ă©vidence quelques rĂ©sultats favorables. Les 28 structures expĂ©rimentales, affirment-ils, ont, dans leur grande majoritĂ©, des rĂ©sultats positifs en termes d’intĂ©gration dans le milieu ordinaire, d’implication des familles et d’évolution des enfants et des jeunes sur des aspects qui n’étaient pas acquis auparavant propretĂ©, communication, diminution des comportements-problĂšmes
. » Comment le savons-nous ? Il s’agit d’un constat partagĂ© par les professionnels et les familles »[17]. Toutes les structures, rĂ©pĂštent-ils, semblent avoir de bons rĂ©sultats en termes d’évolution des enfants et des jeunes accompagnĂ©s », ils ont cependant l’honnĂȘtetĂ© de prĂ©ciser mĂȘme si l’évaluation ne se fonde que sur le point de vue des familles, tout autant satisfaites d’avoir obtenu une place pour leur enfant que de pouvoir bĂ©nĂ©ficier de ces mĂ©thodes, et non sur des travaux de recherches spĂ©cifiques »[18]. Que l’auto-Ă©valuation faite par des militants de la mĂ©thode ABA soit positive est bien le moins qui soit attendu. Nul doute qu’une prise en charge intensive d’enfants jeunes effectuĂ©e pendant plusieurs annĂ©es parvienne Ă  produire une amĂ©lioration des comportements. Cependant les quelques donnĂ©es objectives livrĂ©es parcimonieusement par le rapport incitent Ă  en rabattre beaucoup sur la satisfaction des militants ABA. Sans vouloir s’y attarder, les Ă©valuateurs eux-mĂȘmes aboutissent Ă  un constat d’échec malgrĂ© les progrĂšs individuels constatĂ©s pour une grande majoritĂ© d’enfants et de jeunes, le nombre de sorties est restĂ© trĂšs limitĂ© sur la pĂ©riode, alors mĂȘme que ce modĂšle d’intervention ne peut ĂȘtre tenable financiĂšrement que si l’accompagnement intensif pour un mĂȘme enfant est limitĂ© dans le temps logique de parcours. »[19] DĂšs lors leur conclusion est nette cette solution est certes intĂ©ressante en termes de niveau individuel de prestation, mais n’est tout simplement pas tenable financiĂšrement »[20]. La production de sorties des enfants de la prise en charge institutionnelle n’est pas suffisante pour que le modĂšle gĂ©nĂšre un ratio coĂ»t-rĂ©sultat qui soit positif. En considĂ©rant les donnĂ©es dont les Ă©valuateurs disposent, affirmer que cette solution est intĂ©ressante » apparaĂźt mĂȘme abusif une telle apprĂ©ciation ne saurait valoir qu’à se satisfaire de l’auto-Ă©valuation militante. Rappelons que le critĂšre qui a permis Ă  Lovaas dobjectiver 47% de rĂ©sultats positifs est celui d’une frĂ©quentation normale des Ă©coles primaires publiques » par des enfants impossibles Ă  distinguer des enfants de leur Ăąge au dĂ©veloppement normal ». Parmi les dix-neuf enfants, l’un des neuf ayant le mieux Ă©voluĂ© » a finalement intĂ©grĂ© une filiĂšre d’éducation spĂ©cialisĂ©e, rapporte McEachin[21] en 1993 dans une Ă©tude du devenir de ceux-ci, de sorte qu’il ne pouvait plus ĂȘtre considĂ©rĂ© comme se dĂ©veloppant normalement ». Or combien des 578 jeunes enfants autistes soumis Ă  la mĂ©thode ABA dans les institutions pilotes françaises sont-ils parvenus Ă  une frĂ©quentation normale des Ă©coles primaires publiques »? Bien que la circulaire de la DGAS qui a prĂ©sidĂ© Ă  l’expĂ©rience ait fait Ă©tat d’une attente d’évaluation du nouveau modĂšle d’accompagnement, les donnĂ©es prĂ©cises, indĂ©pendantes de la subjectivitĂ© des participants, restent parcimonieuses. NĂ©anmoins, il semble qu’entre l’expĂ©rimentation de Lovaas et celle des structures françaises se rĂ©vĂšle quant aux rĂ©sultats un gouffre abyssal, puisque sur les 578 enfants on constate avec surprise qu’un nombre infime aurait Ă©voluĂ© jusqu’à une sortie permettant d’intĂ©grer un circuit scolaire ordinaire. Seuls 19 enfants sont sortis vers le milieu ordinaire », mais encore faut-il parmi eux retrancher ceux qui sont allĂ©s en CLIS et ceux qui ont continuĂ© Ă  bĂ©nĂ©ficier d’une AVS – dont le nombre n’est pas prĂ©cisĂ©. Les 47% de Lovaas apprĂ©ciĂ©s sur un Ă©chantillon beaucoup plus reprĂ©sentatif avoisinent en France les 3% ! Bien qu’avares de donnĂ©es chiffrĂ©es, les Ă©valuateurs ne manquent pas de constater que le nombre de sorties [
] est relativement faible ». Le taux de rotation parmi les effectifs nombre de sorties/nombre d’enfants accueillis s’avĂšre mĂ©diocre en moyenne 18%[22]. Encore faut-il souligner que les sorties ne sont pas toutes des tĂ©moignages d’accompagnements rĂ©ussis. Il est prĂ©cisĂ© que parmi les 96 enfants qui ont quittĂ© les structures expĂ©rimentales depuis leur mise en place 19 soit prĂšs de 20% sont sortis vers le milieu ordinaire y compris CLIS et AVS, 18 vers une structure mĂ©dico-sociale et 5 sont au domicile sans solution. L’orientation Ă  la sortie n’est pas connue non renseignĂ©e dans les grilles de recueil de donnĂ©es des structures pour 54 enfants »[23]. Il est fort peu probable que des fiches non renseignĂ©es par des professionnels militants cachent des rĂ©ussites Ă©clatantes. DĂšs lors les sorties vĂ©ritablement positives aprĂšs cinq annĂ©es d’application de la mĂ©thode ABA dans des conditions particuliĂšrement favorables s’avĂšrent infĂ©rieures Ă  19 sur 578 [24]. La pauvretĂ© de ces rĂ©sultats rend peut-ĂȘtre compte d’un paradoxe notĂ© par les Ă©valuateurs l’adhĂ©sion sans rĂ©serve des parents et des professionnels Ă  la mĂ©thode ABA s’accompagne souvent de bien peu d’espoirs en ses pouvoirs. Dans la plupart des institutions pilotes la sortie des enfants n’est guĂšre envisagĂ©e. Environ Ÿ des structures, observent-ils, ont une rĂ©flexion limitĂ©e ou n’ont pas du tout engagĂ© de rĂ©flexion sur les modalitĂ©s de sortie des enfants. Ce constat est particuliĂšrement problĂ©matique car il implique que la sortie des enfants et leur orientation vers un autre dispositif en aval de la structure ne sont encore pas suffisamment anticipĂ©es et pensĂ©es de maniĂšre globale. Or, de fait, l’avancĂ©e en Ăąge des enfants implique que la question de la sortie de la structure va se poser de plus en plus »[25]. Les diverses structures expĂ©rimentales prĂ©sentent des disparitĂ©s importantes quant Ă  leur fonctionnement, or les services rendus apparaissent comparables, constat qui a beaucoup questionnĂ© les Ă©valuateurs, les professionnels et les parents eux-mĂȘmes[26]. Le rapport en conclut que les rĂ©sultats interrogent le rapport coĂ»t-efficacitĂ© de certaines approches bĂ©nĂ©ficiant de moyens en termes de taux d’encadrement, de nombres d’heures d’accompagnement et d’investissement des parents notamment bien supĂ©rieurs aux autres, sans pour autant obtenir des rĂ©sultats significativement supĂ©rieurs en termes de sortie et notamment d’intĂ©gration dans le milieu ordinaire »[27]. Quand la mĂ©thode ABA est appliquĂ©e dans toute sa rigueur, ce qui Ă©tait plus affirmĂ© dans certaines structures expĂ©rimentales, le coĂ»t est plus Ă©levĂ©, mais les rĂ©sultats ne sont pas meilleurs. Plusieurs Ă©tudes antĂ©rieures, rapportĂ©es par V. Cruveiller, mettaient dĂ©jĂ  en Ă©vidence ce phĂ©nomĂšne. Elles constate, en prenant appui sur celles-ci, que le nombre d’heures d’intervention pourrait ĂȘtre moins important que le type d’intervention » et que l’efficacitĂ© de l’intervention semble dĂ©pendre plus de ses caractĂ©ristiques et avant tout de celles de l’enfant que du caractĂšre intensif de la prise en charge ». Il s’agirait donc d’aller selon les donnĂ©es les plus rĂ©centes dans le sens d’interventions thĂ©rapeutiques moins intensives mais plus homogĂšnes et spĂ©cifiques, adaptĂ©es aux besoins propres Ă  chaque enfant »[28]. Le rapport constate que prendre un appui exclusif sur la mĂ©thode ABA pour l’accompagnement des autistes est une hypothĂšse qui n’est tout simplement pas tenable financiĂšrement ». Il prĂ©conise cependant d’utiliser les structures expĂ©rimentales comme un accompagnement expert » devant servir auprĂšs des professionnels Ă  la diffusion et au dĂ©veloppement des mĂ©thodes Ă©ducatives, comportementales et dĂ©veloppementales[29]. Toutefois il insiste sur la nĂ©cessitĂ© d’une meilleure prise en compte des structures de suite ». En possession des donnĂ©es de ce rapport, fonciĂšrement accablant pour la mĂ©thode ABA, bien que restant modĂ©rĂ© dans ses conclusions, que faire ? Il est d’abord urgent de reconduire pour cinq ans la plupart des structures expĂ©rimentales. Il convient ensuite d’Ɠuvrer Ă  ce qu’elles deviennent des centres experts » pour assurer une meilleure diffusion des mĂ©thodes comportementales. Et surtout il faut continuer Ă  ostraciser les approches psychodynamiques de l’autisme et l’Affinity therapy[30]. Telles sont toujours les orientations actuelles de la politique française de management de l’autisme.[1] Lovaas Behavioral tretment and normal educational and intellectual functioning in young autistic children., Journal of Consulting and Clinical Psychology. 1987, 55, 1, pp. 3-9.[2] Shea V. A perspective on the research literature related to early intensive behavioral intervention Lovaas for young children with autism, in Autism 2004 SAGE Publications and the National Autistic SociĂ©ty, vol 8 4, 349-367. Traduction française Shea V. Revue commentĂ©e des articles consacrĂ©s Ă  la mĂ©thode ABA EIBI Early Intensive Behavioral Intervention de Lovaas, appliquĂ©e aux jeunes enfants avec autisme, in Psychiatrie de l’enfant, LII, I, 2009, p. 296.[3] Cruveiller V. Les interventions comportementales intensives et prĂ©coces auprĂšs des enfants avec autisme une revue critique de la littĂ©rature rĂ©cente. Cahiers de PrĂ©aut. 2012, 1, p. 107.[4] CekoĂŻa Conseil. PlanĂšte publique. Evaluation nationale des structures expĂ©rimentales Autisme. CNSA. Rapport final. FĂ©vrier 2015, Ibid., p. 78.[6] Ibid., p. 28.[7] ETP Equivalent Temps Plein.[8] Ibid., p. 29.[9] Ibid., p. 45.[10] Ibid., p. 78.[11] Ibid., p. 13.[12] Ibid., p. 17.[13] Ibid., p. 59.[14] Dawson M. The misbehavior of behaviorists. Ethical challenges to the autism-ABA industry. [2004] En ligne sur No Autistics Allowed.[15] CekoĂŻa Conseil. PlanĂšte publique. Evaluation nationale des structures expĂ©rimentales Autisme, p. 63.[16] Cf Laurent E. La bataille de l’autisme. De la clinique Ă  la politique. Navarin. Champ freudien. 2012, pp. 141-153.[17] CekoĂŻa Conseil. PlanĂšte publique. Evaluation nationale des structures expĂ©rimentales Autisme, p. 82.[18] Ibid., p. 85.[19] Ibid., p. 82.[20] Ibid., p. 86.[21] McEachin Smith T., Lovaas Long term outcome for children with autism who received early intensive behavioral treatment. American Journal of Mental Retardation, 1993, 97, p. 368.[22] CekoĂŻa Conseil. PlanĂšte publique. Evaluation nationale des structures expĂ©rimentales Autisme, p. 34.[23] Ibid., p. 34.[24] 482 enfants accueillis au 31 DĂ©cembre 2013 plus 96 enfants sortis des structures.[25] Ibid., p. 66.[26] Ibid., p. 88.[27] Ibid., p. 84.[28] Cruveiller V. Les interventions comportementales intensives et prĂ©coces auprĂšs des enfants avec autisme une revue critique de la littĂ©rature rĂ©cente, p. 104.[29] Ibid., p. 86.[30] Perrin M. sous la direction de Affinity therapy. Nouvelles recherches sur l’autisme. Presses Universitaires de Rennes. 2015.
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Sommaire PrĂ©sentationApplications thĂ©rapeutiquesEn pratiqueFormationLivres, d’intĂ©rĂȘtPrĂ©sentationLa mĂ©thode Tomatis est une mĂ©thode basĂ©e sur la rééducation de l’écoute ». Elle s’adresse aux personnes enfants et adultes aux prises avec divers problĂšmes de voix, d'Ă©coute, d'apprentissage ou de communication. Parmi les troubles les plus souvent traitĂ©s, on retrouve le dĂ©ficit de l'attention, les retards d'apprentissage, l’autisme, la dyslexie, les problĂšmes de motricitĂ© et de langage et les difficultĂ©s d’apprentissage de langues A. Tomatis, oto-rhino-laryngologiste, fut le premier Ă  observer, vers 1950, que nous chantons grĂące Ă  nos oreilles ». Il avait remarquĂ© que les travailleurs d'usine ayant une perte d'audition avaient frĂ©quemment aussi des distorsions dans la voix. Il avait aussi notĂ© que les chanteurs d'opĂ©ra ayant des troubles de la voix pouvaient subsĂ©quemment souffrir d’une perte auditive. Ce phĂ©nomĂšne fut ensuite vĂ©rifiĂ© scientifiquement et nommĂ© effet Tomatis ».Ce fut le point de dĂ©part d'une longue sĂ©rie d'observations cliniques qui amenĂšrent Tomatis Ă  redĂ©finir notre comprĂ©hension de l'oreille. La qualitĂ© de l’audition aurait une influence dĂ©terminante sur la voix, sur la capacitĂ© d'attention ainsi que sur le dĂ©veloppement du langage et de diverses facultĂ©s d' recherches ont menĂ© Ă  la mise au point de techniques destinĂ©es Ă  transformer la façon dont nous percevons les sons. À l'aide d'un appareil appelĂ© oreille Ă©lectronique », elles permettent de modifier les facultĂ©s auditives. Cela s’effectue, entre autres, grĂące Ă  la restructuration des mĂ©canismes de rĂ©troaction qui rĂ©gissent le systĂšme audio-vocal. Tomatis a ainsi dĂ©montrĂ© qu’en modifiant les capacitĂ©s d’écoute d’une personne, il Ă©tait possible d'obtenir une transformation du langage et de diverses facultĂ©s psychologiques et traitement dĂ©bute par une Ă©valuation permettant de dĂ©terminer le profil d'Ă©coute de la personne ainsi que les objectifs et la durĂ©e approximative du programme de mise en forme de l'Ă©coute. Un programme typique comporte deux sĂ©ances intensives de 30 heures. Chaque sĂ©ance dure 15 jours, Ă  raison de deux heures par jour. Une pause d’un mois sĂ©pare les deux sĂ©ances. Des heures supplĂ©mentaires de stimulation sont souvent requises dans l'annĂ©e ou les mois qui suivent pour consolider les exercices effectuĂ©s pendant les sĂ©ances s'adressent spĂ©cifiquement Ă  la rĂ©ception auditive, Ă  l'expression verbale et au traitement de l'information par le cerveau. Les sons entendus dans des Ă©couteurs musique ou voix sont modifiĂ©s Ă©lectroniquement, constamment remodulĂ©s et graduellement filtrĂ©s. Ils amĂšnent la personne Ă  dĂ©velopper une meilleure perspective auditive et une meilleure thĂ©rapeutiquesLa mĂ©thode Tomatis est utilisĂ©e traditionnellement par des gens faisant une utilisation intensive de leur voix dans un contexte professionnel chanteurs, acteurs, enseignants, thĂ©rapeutes afin de dĂ©velopper et d’approfondir leur voix sans fatiguer. Cependant, cette mĂ©thode est surtout utilisĂ©e auprĂšs d'enfants ayant des difficultĂ©s de communication et d'apprentissage dyslexie, trouble de dĂ©ficit de l'attention, troubles Ă©vasifs du dĂ©veloppement, autisme, dĂ©sordre de l'intĂ©gration sensorielle, syndrome de Down et autres handicaps de retard psychomoteur. Le but est d’actualiser leur dĂ©sir d’écouter et, ainsi, d’optimiser leurs capacitĂ©s de que quelques Ă©tudes ont Ă©tĂ© effectuĂ©es sur les effets de la mĂ©thode Tomatis dans les annĂ©es 1970 Ă  1980, les effets bĂ©nĂ©fiques observĂ©s reposent majoritairement sur des observations cliniques et des expĂ©riences La seule Ă©tude scientifique comparative publiĂ©e au sujet de la mĂ©thode Tomatis concerne l’autisme1. Elle a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e en 2008 auprĂšs de 11 enfants. Les rĂ©sultats obtenus n’ont montrĂ© aucun effet bĂ©nĂ©fique de la mĂ©thode dans l’amĂ©lioration du langage chez ces enfants. Jusqu’à maintenant, il n’y a donc aucune preuve irrĂ©futable dĂ©montrant l’efficacitĂ© de la mĂ©thode Tomatis comme thĂ©rapie contre les troubles de communication et d’apprentissage. D’autres Ă©tudes comparatives seront donc nĂ©cessaires avant de recommander la mĂ©thode si on ne retrouve que trĂšs peu d’études cliniques sur l’efficacitĂ© de la mĂ©thode Tomatis dans le traitement de l’autisme2, la FĂ©dĂ©ration quĂ©bĂ©coise de l’autisme et des autres troubles envahissants du dĂ©veloppement considĂšre que la mĂ©thode peut complĂ©ter les thĂ©rapies classiques3. La FĂ©dĂ©ration souligne que cette mĂ©thode ne constitue pas un remĂšde en soi, mais qu'elle permettrait Ă  certains enfants d'accĂ©der Ă  une vĂ©ritable interaction sociale et d’amĂ©liorer leur degrĂ© d'attention, leur comprĂ©hension et leur Ă©locution, et de diminuer leurs comportements agressifs. Selon la FĂ©dĂ©ration, ces amĂ©liorations chez des enfants autistes reprĂ©sentent souvent de petits miracles » pour les Tomatis - En pratiqueLes exercices effectuĂ©s lors de rencontres individuelles comportent gĂ©nĂ©ralement une phase passive et une phase active. Pendant la phase passive, on utilise des sons filtrĂ©s, gĂ©nĂ©ralement de la musique classique, pour ouvrir l’oreille » et amĂ©liorer les habiletĂ©s d’écoute. Écouteurs sur les oreilles, les enfants jouent, dessinent ou peignent. Les adultes en profitent gĂ©nĂ©ralement pour la phase active, tout en Ă©coutant, les personnes fredonnent, chantent ou lisent dans un micro. Leur voix est transformĂ©e de maniĂšre Ă©lectronique et leur revient dans les existe de nombreux praticiens certifiĂ©s de la mĂ©thode Tomatis Ă  travers le monde. Plusieurs approches dĂ©rivĂ©es des travaux de Tomatis ont aussi fait leur apparition4. Au QuĂ©bec, par exemple, on ne retrouve pas de praticiens certifiĂ©s par Tomatis Developpement qui est, depuis 2001, propriĂ©taire de la mĂ©thode Tomatis. Par contre, diffĂ©rents intervenants, certains formĂ©s par le Dr Tomatis lui-mĂȘme, continuent de pratiquer. Voir Sites d’intĂ©rĂȘt.MĂ©thode Tomatis - FormationLa formation professionnelle Ă  la mĂ©thode Tomatis, donnĂ©e par les centres de Tomatis Developpement, se dĂ©roule en plusieurs sĂ©ances intensives totalisant environ 25 journĂ©es rĂ©parties sur un an. Elle est offerte en Europe France, Allemagne, SuĂšde ainsi qu’au Mexique, aux États-Unis, en Australie et au autre formation professionnelle, de plus courte durĂ©e, s'inspirant des principes et des techniques du Dr Tomatis est offerte au Canada, sous l'appellation Listening Fitness5. Elle est offerte aux professionnels oeuvrant dans le domaine de la relation d' Tomatis - Livres, Dr Tomatis a publiĂ© plusieurs livres. En voici et la vie nouvelle Ă©dition, Robert Laffont, France, 1999. Éducation et dyslexie, Éditions Esf, France, 1994. L'oreille et le langage, Seuil, France, Paul, When Listening Comes Alive, Moulin Publishing, Canada, Tomatis - Sites d’intĂ©rĂȘtTomatis Tomatis Developpement Le site officiel de la mĂ©thode Tomatis, qui contrĂŽle la formation et accorde les licences d'utilisation. Profusion d’informations thĂ©oriques et pratiques. Liste des praticiens. MĂ©thode Tomatis Ce site, indĂ©pendant du site officiel Tomatis, propose un tour d'horizon de la mĂ©thode et de ses diverses applications thĂ©rapeutiques. Adresses des centres Ă  travers le monde. Des lecteurs ont trouvĂ© cet article utile Et vous ?Cet article vous-a-t-il Ă©tĂ© utile ?À lire aussi Lesateliers thĂ©rapeutiques : variations ludiques sur le thĂšme de l'objet de mĂ©diation. The therapeutic workshops : gamming variations on the theme of the object of mediation Article acceptĂ© par la revue : Pratiques psychologiques Isabelle

Accueil ebook > Savoirs > Sciences humaines > Psychologie TĂ©lĂ©chargement ebook sans DRM Lecture en ligne streaming Prix livre papier 19,00 € Économisez 9,51€ -50% Gagnez 0,95 € en recommandant ce livre avec Les rĂ©centes recherches dĂ©veloppĂ©es dans cet ouvrage ouvrent d'une part une perspective majeure quant Ă  la considĂ©ration de la spĂ©cificitĂ© du fonctionnement autistique et, d'autre part dĂ©finissent et dĂ©veloppent les principes et la logique de "l'affinitĂ© Ă©lective de l'autistic mind", dans la perspective d'avancĂ©es quant aux prises en charge institutionnelles des autistes. Les auteurs - parents, autistes, professionnels et chercheurs - proposent de maniĂšre trĂšs serrĂ©e ce qu'il en est d'un appui sur les intĂ©rĂȘts spĂ©cifiques, les passions, les obsessions. Guide des formats Les livres numĂ©riques peuvent ĂȘtre tĂ©lĂ©chargĂ©s depuis l'ebookstore Numilog ou directement depuis une tablette ou smartphone. PDF format reprenant la maquette originale du livre ; lecture recommandĂ©e sur ordinateur et tablette EPUB format de texte repositionnable ; lecture sur tous supports ordinateur, tablette, smartphone, liseuse Votre support de lecture Format Protection Application Ordinateur -EPUB -PDF DRM Adobe LCP Lecture en ligne streaming Adobe Digital EditionsDRM Adobe Thorium Reader LCP Tablette et smartphone iOS / Android EPUB PDF LCP DRM Adobe Appli Lisa IOS / Androidne lit pas les fichiers protĂ©gĂ©s par Adobe DRM Appli Lea Reader IOS/ Androidne lit pas les fichiers protĂ©gĂ©s par Adobe DRM Adobe Digital Edition IOS/AndroidLit uniquement la DRM Adobe Liseuse EPUB DRM Adobe Module de lecture de la liseuse Liseuse Diva EPUB LCPDRM Adobe Module de lecture de la liseuse Diva Consultez l’aide pour en savoir plus. Solution LCP DRM Ce livre est protĂ©gĂ© contre la rediffusion Ă  la demande de l'Ă©diteur DRM. La solution LCP apporte un accĂšs simplifiĂ© au livre une clĂ© d'activation associĂ©e Ă  votre compte client permet d'ouvrir immĂ©diatement votre livre numĂ©rique. Les livres numĂ©riques distribuĂ©s avec la solution LCP peuvent ĂȘtre lus sur Le logiciel Thorium Reader pour PC/Mac/Linux Les applications compatibles LCP Lis-a pour iOS et Android, Lea Reader pour Android , Aldiko Next pour IOS et Android La liseuse Bookeen DIVA et Vivlio Solution Adobe DRM Ce livre est protĂ©gĂ© contre la rediffusion Ă  la demande de l'Ă©diteur DRM. La solution Adobe consiste Ă  associer un fichier Ă  un identifiant personnel Adobe ID. Une fois votre appareil de lecture activĂ© avec cet identifiant, vous pouvez ouvrir le livre avec une application compatible. Les livres numĂ©riques distribuĂ©s avec la solution Adobe peuvent ĂȘtre lus sur Le logiciel Adobe Digital Editions pour PC/Mac Les applications Adobe Digital Editions pour iOS et Android et PocketBook pour iOS et Android Les liseuses Bookeen, Kobo, Vivlio, Sony, PocketBook

Plongezvous dans le livre Affinity therapy - Nouvelles recherches sur l'autisme de Myriam Perrin au format . Ajoutez-le Ă  votre liste de souhaits ou abonnez-vous Ă  l'auteur Myriam Perrin - Voici un message que nous relayons Ă  l'occasion de la sortie de cet ouvrage en librairie. Nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie en librairie de l’ouvrage Affinity therapy, Nouvelles recherches sur l’autisme », Ă  paraĂźtre le 16 novembre prochain. Dans la suite du Colloque Affinity therapy des 5 et 6 mars dernier, cet ouvrage apporte du nouveau dans le traitement de l’autisme les rĂ©centes recherches dĂ©veloppĂ©es ici d’une part ouvrent une perspective majeure quant Ă  la considĂ©ration de la spĂ©cificitĂ© du fonctionnement autistique et, d’autre part dĂ©finissent et dĂ©veloppent les principes et la logique de l’affinitĂ© Ă©lective de l’autistic mind », dans la perspective d’avancĂ©es majeures quant aux prises en charge institutionnelles des autistes. Les auteurs – parents, autistes, professionnels et chercheurs – proposent de maniĂšre trĂšs serrĂ©e, ce qu’il en est d’un appui sur les intĂ©rĂȘts spĂ©cifiques, les passions, les obsessions. En effet, la prise en considĂ©ration du rĂ©el qui s’impose et des dĂ©fenses Ă©laborĂ©es par le sujet pour y faire face, offre une ouverture oĂč le savoir-y-faire de chacun montre combien crĂ©er du lien devient possible. La visĂ©e majeure de cet ouvrage – visĂ©e politico-clinique – est de montrer l’intĂ©rĂȘt de l’Affinity therapy, d’en dĂ©plier la portĂ©e ainsi que ses accointances avec le traitement de l’autisme mis en Ɠuvre dans la pratique Ă  plusieurs », s’appuyant sur le discours analytique. En espĂ©rant que cet ouvrage reçoive, comme il en fut pour le colloque, votre soutien. Vous trouverez ci-joint le bon de commande l’ouvrage ou vous pouvez suivre le lien suivant Un Ă©vĂ©nement, dĂ©diĂ© Ă  la sortie de l’ouvrage est en prĂ©paration
 Nous ne manquerons pas de vous tenir informĂ©s, par notre site, ainsi que notre page facebook Notreprojet repose sur un ensemble d’expĂ©riences auxquelles participent des personnes avec autisme et, Ă  partir de ces expĂ©riences, nous souhaitons rendre compte d’une nouvelle maniĂšre d’accompagner ces personnes. L’affinitĂ© se voit ainsi devenir le levier de l’accompagnement de l’autisme selon la façon singuliĂšre dont elle est mise en fonction par Resonnances du Colloque International "Afinity therapy". Recherches et pratiques contemporaines sur l'autisme. Le Colloque International "Affinity therapy. Recherches et pratiques contemporaines sur l'autisme" a eu lieu Ă  Rennes les 5 et 6 mars. Ce colloque a Ă©tĂ© centrĂ© sur les recherches internationales en en particulier sur "l'Affinity therapy" dĂ©veloppĂ©e par Ron Suskind, journaliste politique amĂ©ricain et pĂšre d'un enfant autiste et par le psychologue clinicien Dan Griffin. Notre collegue Sylvia Tendlarz partage avec nous un rĂ©cit de cet Ă©vĂ©nement et nous propose des entretiens avec Éric Laurent, Jean Claude Maleval, Sergio Laia, IvĂĄn RuĂ­z, Dan Griffin, Myriam Perrin et Ron Suskind. Nous remercions Silvia Tendlarz pur ce grand travail ainsi qu'Ă  tous les intervenants. Épisode 1 Partie 1 Par Silvia Tendlarz play mute Mise Ă  jour est nĂ©cessaire Pour ecouter le podcast, vous devez mettre Ă  jour votre navigateur pour une version rĂ©cente ou mettre Ă  jour votre plugin de Flash . 520 minutes Audio en Espagnol EnregistrĂ© le Épisode 2 754 minutes Audio en Français EnregistrĂ© le Épisode 3 510 minutes Audio en Français EnregistrĂ© le Épisode 4 343 minutes Audio en Espagnol EnregistrĂ© le Épisode 5 303 minutes Audio en Espagnol EnregistrĂ© le Épisode 6 513 minutes Audio en Anglais EnregistrĂ© le Épisode 7 642 minutes Audio en Français EnregistrĂ© le Épisode 8 217 minutes Audio en Anglais EnregistrĂ© le
L«affinity therapy», une approche des autistes fondĂ©e sur leurs passions. Des parents ont eu l'idĂ©e de s'appuyer sur l'intĂ©rĂȘt de leur enfant pour les dessins animĂ©s pour le soigner. Le premier colloque international sur cette voie nouvelle s'est tenu Ă  l'universitĂ© de Rennes 2. 2; 206
Qu’est-ce que le traitement de l’autiste par le bord, me demande Jean Vinçot[1], et comment l’expliquer sans termes techniques ? Comment synthĂ©tiser et rendre accessible une abondante littĂ©rature psychanalytique en termes simples et sans ĂȘtre trop rĂ©ducteur ? La tĂąche est difficile. Tentons de nous y atteler. Le traitement de l’autiste par le bord, cela peut se dire simplement c’est s’appuyer sur ses passions. Mottron prĂ©fĂšre dire interventions fondĂ©e sur les forces »[2]. Il existe une nuance entre ces deux thĂšses qui s’imbriquent partiellement les forces rĂ©fĂšrent ici aux capacitĂ©s cognitives ; les passions mobilisent ces derniĂšres et les dĂ©passent. Quelles sont les passions de l’autiste ? D’abord son objet autistique, mais aussi son double, et son intĂ©rĂȘt spĂ©cifique. Ces Ă©lĂ©ments constituent les trois incarnations du bord autistique. Que possĂšdent-ils en commun ? Ils sont l’objet d’un exceptionnel intĂ©rĂȘt ils condensent ce qui compte le plus pour l’enfant autiste, ce sont ses trĂ©sors. Certes, leur investissement est initialement excessif, il convient souvent de le tempĂ©rer, mais la plupart des autistes de haut niveau s’accordent Ă  considĂ©rer que les supprimer est inappropriĂ©. Pourquoi les nommer bord ? Parce que l’enfant autiste les situe comme des intermĂ©diaires rassurants entre lui et le monde extĂ©rieur. Il les utilise spontanĂ©ment, quand il n’en est pas empĂȘchĂ©, pour se protĂ©ger des Ă©changes, pour rĂ©guler sa vie Ă©motionnelle, et pour entrer en contact avec son entourage par leur entremise. C’est une armure construite par un enfant en cure avec F. Tustin qui a conduit E. Laurent Ă  introduire le concept de bord en 1992. Il peut s’incarner en des objets, concrets ou fictifs, mais aussi en des animaux ou en des personnes. Les compagnons imaginaires de D. Williams et la trappe Ă  serrer de T. Grandin sont les deux incarnations les plus connues du bord autistique. On sait quel profit elles en ont tirĂ©. D. Williams souligne combien leur protection fut importante pour elle ces deux crĂ©atures nĂ©es de mon imagination [
] m’ont aidĂ©e Ă  vivre indĂ©pendante et m’ont Ă©vitĂ© de finir dans une institution psychiatrique. Elles m’ont aussi conduites dans un voyage au cours duquel, bribe par bribe, j’ai finalement rĂ©ussi Ă  exister en tant qu’ĂȘtre douĂ© de sentiments et d’émotions dans le monde », le monde rĂ©el »[3]. T. Grandin affirme que la trappe Ă  serrer, non seulement la rassurait, mais lui a permis de canaliser sa vie Ă©motionnelle et lui a servi de motivation »[4]. Le bord le plus simple, celui qui s’incarne dans une ficelle, ou dans un chiffon, voire pour Williams dans des peluches, possĂšde selon elle une valeur dĂ©fensive et protectrice », et constitue dĂ©jĂ  un pont avec le monde extĂ©rieur »[5]. Les tĂ©moignages de la fonction stimulante du bord incarnĂ© par un animal se multiplient Un chat sauve un enfant de l’autisme »[6] ; Le chien et l’enfant qui ne savait pas aimer »[7], La petite fille qui s’ouvrit au monde grĂące Ă  un chat »[8], La belle histoire d’amour entre un chien et un enfant autiste »[9], GrĂące Ă  l’amour d’un chat »[10], etc. Les Ă©lĂ©ments du bord sont souvent imbriquĂ©s les uns dans les autres. La machine de Joey, censĂ©e lui fournir l’électricitĂ© qui l’animait, Ă©tait Ă  la fois un objet autistique, dont il ne pouvait se sĂ©parer, un double, lui-mĂȘme s’éprouvant comme une machine, et la source de son intĂ©rĂȘt spĂ©cifique, puisqu’il devint Ă©lectricien[11]. Le point commun majeur rĂ©side dans l’exceptionnel investissement libidinal dĂ©volu Ă  chacun des Ă©lĂ©ments. Tous sont l’objet d’une intense passion. Je ne peux parler que pour moi, Ă©crit Luke Jackson, un autiste Asperger, mais quand j’ai quelque chose en tĂȘte, alors le reste du monde cesse d’exister. Je suppose que l’on peut taxer ça d’égoĂŻsme et je m’efforce rĂ©ellement de penser un peu plus aux autres ; mais parfois c’est vraiment trĂšs difficile. Qu’il s’agisse de dinosaures ça, c’était quand j’étais plus petit, je m’empresse de le prĂ©ciser, des PokĂ©mon, des Playstation ou d’ordinateurs – ces derniers ont toujours prĂ©sentĂ© une fascination rĂ©currente pour moi – je sens une telle vague d’excitation monter en moi que je ne peux mĂȘme pas la dĂ©crire. Je dois absolument discuter du sujet. Etre stoppĂ© net me met dans un tel Ă©tat que je peux facilement rentrer dans une rage folle. En Ă©crivant tout cela, je rĂ©alise Ă  quel point tout cela peut paraĂźtre fou, mais je ne fais que dĂ©crire la rĂ©alitĂ© ».[12] Les autistes de haut niveau sont quasi unanimes pour affirmer qu’il faut favoriser leurs passions. Je pense, Ă©crit Schovanec, que les intĂ©rĂȘts spĂ©cifiques ne sont pas un ennemi, loin de lĂ , et qu’une interdiction, une opposition frontale n’est pas une bonne solution [
] Ce ne sont pas que des lubies complĂštement arbitraires. Ils contribuent Ă  l’élaboration de la personnalitĂ©, de ce que l’on est en tant qu’ĂȘtre humain. Au bout de quelques annĂ©es, ils peuvent dĂ©boucher sur un mĂ©tier. Si un jeune avec autisme se passionne pour l’informatique, il pourra peut-ĂȘtre devenir informaticien »[13]. Une autre autiste insiste si un intĂ©rĂȘt sert un objectif lĂ©gitime, par exemple maĂźtriser une peur, ou mieux accepter sa diffĂ©rence, il devrait ĂȘtre tolĂ©rĂ©, mĂȘme s’il est Ă©trange ou contraire au bon goĂ»t »[14]. Des dĂ©monstrations probantes de l’utilisation spontanĂ©e du bord pour se protĂ©ger, se construire et se socialiser sont souvent relatĂ©es par des parents, rĂ©voltĂ©s par les mĂ©thodes que les spĂ©cialistes leur prĂ©conisaient, qui tĂ©moignent s’ĂȘtre appuyĂ©s sur les passions de leur enfant. Que cela puisse conduire Ă  des rĂ©ussites Ă©clatantes, ils en ont fait le constat et ils en ont apportĂ© la preuve. L’étincelle » de K. Barnett, Nos mondes entremĂȘlĂ©s »[15]de V. Gay-Corajoud, Une vie animĂ©e »[16]de R. Suskind, voire Ecouter l’autisme »[17]de A. Idoux-Thivet sont parmi les plus connus et les plus probants de ces tĂ©moignages. Ils rĂ©vĂšlent combien des dessins animĂ©s, des jouets et des objets divers peuvent ĂȘtre prĂ©cieux pour la construction de sujets autistes quand ils les ont investi et qu’on les laisse Ă  leur disposition. La plupart de ces parents ont dĂ» prendre la mĂȘme dĂ©cision difficile que celle de K. Barnett aller Ă  l’encontre de l’opinion des spĂ©cialistes, en laissant Ă  son enfant son objet autistique, et en alimentant ses passions. Ne pas se concentrer sur les points faibles, note-t-elle, comme le font les thĂ©rapies classiques, mais commencer par ce que l’enfant a envie de faire[18]. C’est aussi ce que prĂ©conise une autiste de haut niveau telle que Michelle Dawson quand elle rĂ©clame un accĂšs Ă©ducatif au savoir qui respecte le sujet autiste et lui laisse dĂ©velopper lui-mĂȘme ses compĂ©tences »[19]. Il est des tenants de la mĂ©thode ABA pour prĂ©tendre qu’ils pratiquent de longue date l’insertion des passions de l’autiste dans sa prise en charge. En fait, ils les utilisent parfois comme rĂ©compenses. Leur donner une place d’adjuvant au traitement n’est en rien comparable Ă  les situer en moteur de la cure. Le bord est beaucoup plus qu’une carotte qui vient aprĂšs le bĂąton. Non seulement il protĂšge, rassure, stimule, mais il permet aussi de rĂ©guler le trop d’excitation. La trappe de contention de Grandin, dĂ©contractante, la soulageait de ses crises de nerfs[20]. Les compagnons imaginaires de Williams avaient une fonction de protection anesthĂ©siante » permettant Ă  la vĂ©ritable Donna de se cacher derriĂšre eux et de ne pas engager ses Ă©motions. La mini-ville de Louange inventĂ©e dans sa cure lui rendait possible de traiter un trop d’excitation par l’entremise de figurines le reprĂ©sentant[21]. L’angoisse de devoir se rendre Ă  l’hĂŽpital Ă©tait maĂźtrisĂ©e par Bouissac en logeant son double en plastique dans un hĂŽpital playmobil[22], etc. Quand un bord est Ă©lu, l’autiste entretient une relation fusionnelle avec lui. Il devient souvent un double censĂ© percevoir et penser de maniĂšre trĂšs similaire au sujet. Ce phĂ©nomĂšne s’actualise volontiers dans la cure psychanalytique. Meltzer et ses collaborateurs avaient observĂ© que dans celle-ci l’enfant autiste manifeste un degrĂ© inhabituel de dĂ©pendance » vis-Ă -vis du thĂ©rapeute. Ce dernier devait fonctionner non seulement comme un serviteur, ou un remplaçant, mais comme un instigateur dans la situation ; il devait non seulement mener Ă  bien l’action mais aussi dĂ©cider quelle action devait ĂȘtre entreprise et par consĂ©quent en porter la responsabilitĂ© »[23]. La dĂ©pendance peut aller si loin que le sujet autiste laisse parfois au double-thĂ©rapeute la charge de localiser ses sensations corporelles – mĂȘme quand elles sont douloureuses. Jusque dans la souffrance, relate Rothenberg, Peter refusait toute responsabilitĂ©. Il criait, pleurait et il fallait ĂȘtre un fin dĂ©tective pour arriver Ă  dĂ©celer oĂč il avait mal. Jamais il ne le disait ». L’essentiel de ses affects Ă©tait dans la dĂ©pendance de son thĂ©rapeute il devait passer par elle pour les identifier et pour dĂ©cider[24]. La plupart des spĂ©cialistes font en des termes diffĂ©rents un constat concordant concernant l’importance de l’insertion d’un double dans le monde de l’autiste pour lui permettre de se construire. Les uns font Ă©tat de la quĂȘte d’un moi auxiliaire », d’autres Ă©voquent la nĂ©cessitĂ© d’une structure de soutien », d’autres encore celle d’un contenant », d’un aidant » ou d’un mentor ». Certains se rĂ©fĂšrent Ă  un maternage symboligĂšne ». Toutes ces intuitions convergent. Etre un spĂ©cialiste de l’autisme n’est pas nĂ©cessaire pour faire ce constat, il y suffit d’ĂȘtre une mĂšre attentive le chemin vers l’autonomie, constate A. Idoux-Thivet avec son enfant, doit nĂ©cessairement passe par une Ă©tape fusionnelle entre nous »[25]. Beaucoup de parents, le plus souvent des mĂšres, acceptent d’incarner la fonction du bord en prenant une place de double. De celle-ci, il leur est beaucoup plus aisĂ© de se faire entendre par leur enfant. Au cours d’une cure de sept annĂ©es, Alan Ripaud m’a beaucoup appris. Quand je lui ai demandĂ©, en 2015, dans un Colloque, aprĂšs la fin de notre travail, ce qu’il en avait retenu, sa rĂ©ponse a Ă©tĂ© simple elle m’a aidĂ© Ă  dĂ©velopper mes passions »[26]. D’une thĂ©rapie cognitive, poursuivie en parallĂšle, il estimait qu’elle lui avait permis de mieux comprendre les interactions sociales[27]. Il est aujourd’hui fleuriste et vend en particulier l’objet de son intĂ©rĂȘt spĂ©cifique majeur les plantes carnivores. Notons que la mĂšre d’Alan considĂšre qu’il a eu la chance d’avoir bĂ©nĂ©ficiĂ© Ă  la fois d’une approche psychanalytique et d’une approche cognitivo-comportementale. La complĂ©mentaritĂ© des deux approches, dĂ©clara-t-elle, a Ă©tĂ© vraiment quelque chose d’exceptionnel ». Quelques rares institutions la rendent possible. Elle exige deux conditions rarement rĂ©unies une tolĂ©rance rĂ©ciproque et une rupture avec les rigiditĂ©s de l’ABA. Cependant tous les autistes ne possĂšdent pas un bord. Certains se prĂ©sentent, selon l’expression de Williams, comme des maĂźtres du nĂ©ant », fuyant dĂ©libĂ©rĂ©ment toute interaction, parfois mĂȘme avec des objets, ne parlant pas, tout au plus prĂ©occupĂ©s de sensations corporelles. Avec ceux-lĂ , les approches cognitivo-comportementales se heurtent Ă  un refus actif et sont le plus souvent radicalement mises en Ă©chec. C’est paradoxalement en prĂ©sence de ces enfants qui ne parlent pas que les repĂšres psychanalytiques sont les plus prĂ©cieux. La psychanalyse prend en compte ce qui est totalement ignorĂ© par les autres approches, Ă  savoir la maniĂšre de traiter l’angoisse. Celle-ci est sans objet et sans cause discernables. Elle est irrationnelle, mais s’impose pourtant avec force comme venant d’ailleurs. Pour prĂ©tendre que l’autisme immunise de l’angoisse, il faut nier les tĂ©moignages contraires, et mĂȘme l’humanitĂ© des autistes. C’est elle qui conduit dans les formes les plus sĂ©vĂšres Ă  retenir la voix, le regard, les selles, Ă  Ă©viter radicalement l’échange, Ă  s’accrocher Ă  des conduites d’immuabilitĂ©, etc. Il s’agit alors de composer avec ces protections, de les contourner par des interventions indirectes, recourant parfois Ă  un doux forçage, afin de favoriser l’immixtion d’un bord protecteur dans le monde de l’enfant. Le bord ne s’apprend pas, pourtant presque tous les autistes le mettent en place par l’entremise de l’objet autistique. Un savoir inconscient sur la maniĂšre de se protĂ©ger de l’angoisse dĂ©termine Ă  leur insu cette initiative. Personne ne leur enseigne la fonction de l’objet autistique, mais la plupart en Ă©lisent un. De mĂȘme l’intĂ©rĂȘt spĂ©cifique ne leur est pas suggĂ©rĂ© c’est un choix de leur part, dĂ©libĂ©rĂ© dans son incarnation, mais qui les dĂ©passe dans sa nature mĂȘme. Le mode de fonctionnement autistique induit un recours Ă  l’intĂ©rĂȘt spĂ©cifique, seule son originalitĂ© rĂ©sulte d’un choix individuel. L'enseignement majeur du traitement par le bord consiste Ă  s'appuyer sur les passions du sujet, fussent-elles rĂ©duites Ă  un bout de chiffon; mais il en est un autre, tout aussi important, conforme Ă  une indication capitale de D. Williams "tout doit ĂȘtre indirect"[28]. L'introduction du bord met en place les conditions d'une approche indirecte, par exemple en s'adressant directement Ă  l'objet qui l'incarne, maniĂšre de mieux se faire entendre par l'autiste. Tout doit ĂȘtre indirect, non seulement les apprentissages, mais aussi la rĂ©gulation des affects, tandis que l'insertion sociale doit ĂȘtre mĂ©diatisĂ©e. S'appuyer sur le bord est conforme aux attentes spontanĂ©es des autistes qui craignent avant tout l'Ă©change direct. Il arrive que l’on se demande en quoi le traitement par le bord rĂ©fĂšre encore Ă  la psychanalyse puisqu’il n’est ni orientĂ© vers une remĂ©moration de l’histoire, ni guidĂ© par des interprĂ©tations de l’inconscient. En tant qu’il se fonde sur les inventions et les passions de l’enfant, et non sur le savoir de l’éducateur, rien n’objecte Ă  l’inscrire globalement dans les mĂ©thodes psychodynamiques. Cependant, il doit beaucoup Ă  la dĂ©couverte freudienne. Rappelons que c’est une psychanalyste, Frances Tustin, qui a introduit la notion d’objet autistique. Le domaine d’étude de la psychanalyse commence quand le sujet constate qu’il fait des actes qui le dĂ©passent. Parfois mĂȘme il les dĂ©sapprouve, c’est plus fort que moi », mais ne peut s’empĂȘcher de les rĂ©pĂ©ter. Le choix rĂ©gulier d’objets autistiques, de doubles et d’intĂ©rĂȘts spĂ©cifiques sont commandĂ©s par le fonctionnement autistique ils excĂšdent les choix individuels, mĂȘme si chacun les incarne Ă  sa façon. De mĂȘme la plupart des autistes ont des comportements d’immuabilitĂ©, ce sont des efforts pour crĂ©er des cohĂ©rences locales, qui sont des prĂ©curseurs des intĂ©rĂȘts spĂ©cifiques. Ils rĂ©pondent au mĂȘme but que ces derniers. Tous ces phĂ©nomĂšnes relĂšvent d’un fonctionnement inconscient propre aux sujets autistes nul ne les leur a appris, pourtant presque tous les mettent en Ɠuvre. Ils se les approprient Ă  leur maniĂšre, mais la dynamique vient d’une source qu’ils ne maĂźtrisent pas. Un savoir insu d'eux-mĂȘmes les dĂ©termine beaucoup plus qu’ils ne le supposent. La maniĂšre complexe de traiter le bord pour se protĂ©ger, se construire et se socialiser s’impose spontanĂ©ment Ă  l'autiste- quand on ne l’entrave pas dans ses efforts. Le fonctionnement autistique ouvre sur un domaine encore peu explorĂ© de la dĂ©couverte freudienne de l’inconscient. Il existe certes beaucoup de sortes d’inconscients, un inconscient cognitif a mĂȘme Ă©tĂ© expĂ©rimentalement mis en Ă©vidence, cependant la spĂ©cificitĂ© de l’inconscient freudien rĂ©side en ce qu’il est porteur de la dynamique du sujet, il n’est pas douteux que c’est celui-ci qui crĂ©e le argumentation qui s’appuie sur les propos des autistes donne Ă  certains l’impression que je me contente de les instrumentaliser en dĂ©fense de la psychanalyse ». Ils omettent que la psychanalyse trouve sa source dans la parole du sujet. Si je la mĂ©connaissais, ils seraient les premiers Ă  dĂ©noncer le freudo-lacanisme comme une idĂ©ologie sans support plaquĂ©e sur l’autisme. Mieux vaudrait s’interroger sur des recommandations qui prĂŽnent certaines pratiques contraires Ă  l’opinion de la majoritĂ© des autistes. Il est commun aux approches dites scientifiques de dĂ©valoriser la parole de sujet, l’homme neuronal ne serait transparent qu’aux instruments de mesure, il ne saurait rien de lui-mĂȘme ; c’est pourquoi Ecouter les autistes » prĂŽnĂ© par la psychanalyse possĂšde une portĂ©e dĂ©rangeante pour l’approche moderne de l’humain. Quand la connaissance ne connaĂźt que le chiffre, le scanner, l’IRM et la gĂ©nĂ©tique, la parole devient une scorie Ă  Ă©liminer. Dans ce contexte on ne peut que saluer l’émergence en France d’un collectif d’autistes pour la libertĂ© d’expression mĂȘme s’il renĂącle Ă  l’accorder aux psychanalystes[29]. La cure psychanalytique n’est pas le traitement privilĂ©giĂ© du mal-ĂȘtre de l’autiste ; beaucoup d’autres mĂ©thodes psychodynamiques, parfois spontanĂ©ment inventĂ©es par le sujet lui-mĂȘme, parviennent Ă  des rĂ©sultats significatifs. Aucune rĂ©serve Ă  faire par exemple Ă  la thĂ©rapie rogĂ©rienne par le jeu conduite par V. Axline avec Dibs[30]. L’Affinity Therapy ou le SCERTS[31]ouvrent de mĂȘme des voies nouvelles intĂ©ressantes qui prennent en compte le savoir et les passions de l’enfant. Cependant, seule la psychanalyse fournit un cadre thĂ©orique pour aborder les angoisses et la spĂ©cificitĂ© du fonctionnement affectif de l’autiste. En cela elle reste indispensable. Sa remarquable persistance tient Ă  sa capacitĂ© heuristique incomparable pour comprendre les phĂ©nomĂšnes humains qui dĂ©passent la volontĂ© - ceux qui tĂ©moignent d’un savoir agissant Ă  notre insu. Cette persistance est d’autant plus digne d’ĂȘtre soulignĂ©e que la psychanalyse se heurte aujourd’hui Ă  des reprĂ©sentations collectives contraires qui exaltent l’individualisme et qui font de la propriĂ©tĂ© de soi une valeur essentielle. Elle rappelle l’ĂȘtre humain Ă  sa limite, note Ehrenberg, tandis que les neurosciences cognitives invitent Ă  les dĂ©passer[32]. De surcroĂźt elle est en bute depuis sa naissance Ă  des critiques multiples qui reviennent en vagues incessantes. Pire encore Freud a soulignĂ© qu’aprĂšs Copernic, destituant la terre d’une place centrale dans l’univers, et aprĂšs Darwin, montrant l’enracinement de l’homme dans le rĂšgne animal, la psychanalyse a infligĂ© au narcissisme humain une nouvelle blessure majeure, en mettant en Ă©vidence que le moi n’est pas mĂȘme maĂźtre dans sa propre maison. De lĂ  la rĂ©volte gĂ©nĂ©rale contre notre science, le manquement Ă  tous les Ă©gards que commande la civilitĂ© universitaire, et une opposition qui s’est affranchie de toutes les entraves d’une logique impartiale »[33]. Freud constatait cela en 1916. Plus rĂ©cemment les controverses autour de l’autisme ont fourni un riche terreau pour dĂ©velopper le rejet que la psychanalyse suscite spontanĂ©ment. Il demande un difficile effort pour ĂȘtre surmontĂ©. M. Vinçot suppose que le lecteur de Mediapart possĂšde une sagesse suffisante pour qu’il soit aujourd’hui possible d’ouvrir aux commentaires un blog traitant de la psychanalyse sans que cela suscite un flot de boue et de haine. Je viens d’indiquer pourquoi j’en doute. Tentons cependant cette fois l’expĂ©rience.[1]Association Asperansa. Blog sur Mediapart.[2]Mottron L. L’intervention prĂ©coce pour enfants autistes. Mardaga. 2016, p. 219. [3]Williams D. Si on me touche, je n’existe plus. R. p. 289.[4]Grandin T. Ma vie d’autiste. [1986] O. Jacob. 1994, p. 112.[5]Williams D. Quelqu’un, quelque part. R. Laffont. Paris. 1996, p. 100.[6]Romp J. Mon ami Ben. J-C Gawsewitch. Paris. 2011.[7]Gardner N. Le chien et l’enfant qui ne savait pas aimer. City. [2007] 2016.[8]Carter-Johnson A. Iris Grace. La petite fille qui s’ouvrit au monde grĂące Ă  un chat. [2016] Presses de la CitĂ©. 2017.[9]Turner V. Sox, l’ami qui m’a sauvĂ© la vie. La belle histoire d’amour entre un chien et un enfant autiste. [2016] City. Paris. 2017.[10]Booth L. GrĂące Ă  l’amour d’un chat. City. 2014.[11]Bettelheim B. La forteresse vide. Gallimard [1967]. Paris. 1969, pp. 301-418.[12]Jackson L. Excentriques, PhĂ©nomĂšnes et Syndrome d’Asperger. AFD Editions. Mouans Sartoux. 2007, p. 41.[13]Schovanec J. Je suis Ă  l’Est ! Plon. 2012, p. 129.[14]Myers J. M., citĂ©e par Attwood T. Le syndrome d’Asperger. De Boeck. Bruxelles. 2009, p. 218.[15]Gay-Corajoud V. Nos mondes entremĂȘlĂ©s. L’autisme au cƓur de la famille. Imprim’vert. Montpellier. 2018.[16]Suskind R. Une vie animĂ©e. Le destin inouĂŻ d’un enfant autiste. Saint-Simon. 2017.[17]Idoux-Thivet A. Ecouter l’Autisme, Editions Autrement, coll. Mutations n°252, Paris. 2009.[18]Barnett K. L’étincelle. Fleuve noir. Paris. 2013, p. 98.[19]Laurent E. La bataille de l’autisme. Navarin/Le champ freudien. 2012, p. 159.[20]Grandin T. Ma vie d’autiste, p. 108.[21]Bouyssou-Gaucher C. Louange, l’enfant du placard. PsychothĂ©rapie analytique d’un enfantautiste. PentaEditions. 2019.[22]Bouissac J. Qui j’aurai Ă©té  Editions d’Alsace. Colmar. 2002, p. 7.[23]Meltzer D. Bremmer J. Hoxter S. Wedell D. Wittenberg I. [1975] Explorations dans le monde de l’autisme. Payot. Paris. 1980, p. 41.[24]Rothenberg M. Des enfants au regard de pierre [1977]. Seuil. 1979, p. 277-279.[25]Idoux-Thivet A. Ecouter l’Autisme, p. 37.[26]Ripaud A. Mon affinitĂ© les plantes carnivores, in Affinity Therapy. Nouvelles recherches sur l’autisme sous la direction de M. Perrin. Presses Universitaires de Rennes. 2015, p. 70.[27]Ibid., p. 71.[28]Williams D. Si on me touche, je n’existe plus, p. 305.[29]Maleval J-C. La libertĂ© d’expression en matiĂšre d’autisme. Blog de Mediapart. 26 mai 2019.[30]Axline V. Dibs. DĂ©veloppement de la personnalitĂ© grĂące Ă  la thĂ©rapie par le jeu [1964]. Flammarion. 1967.[31]Social Communication Emotional Regulation Transactional Support. Prizant B ; Wetherby ; Rubin E. ; Laurent The SCERTS Model. A transactional, Family-Centered Approch to Enhancing Communication and Socioemotionnal Abilities of Children with Autism Specrtum disorder. Infants and Young Children. 2003, 16, 4, pp. 296-316.[32]Ehrenberg A. La mĂ©canique des passions. O. Jacob. Paris. 2018, p. 14.[33]Freud S. Introduction Ă  la psychanalyse [1916], ƒuvres complĂštes XIV. PUF. Paris. 2000, p. 295. CniAvyM.
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